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de l'air de dignité et de noblesse naturelles chez les grands de vieille souche, Ce fut là, aussi, et grâce à l'influence que possédait Mr Clarck sur l'honorable Baby, que M" Casgrain eut le bonheur d'obtenir de lui le plus précieux souvenir qu’elle en ait gardé, je veux dire son portrait. Klle le lui avait demandé plusieurs fois auparavant ; maïs il avait toujours négligé d'accéder à son désir. Il le lui fit parvenir quelques mois après : c’est le portrait à l'huile peint par Stephens, qui est suspendu au salon du manoir de la Rivière-Ouelle. Il en existe deux autres, l’un chez notre frère William Casgerain, qu'il a obtenu de son oncle William Baby; l'autre, dans les galeries du parlement à Ottawa, parmi les portraits des Présidents du Conseil et du Sénat.
De Niagara, les voyageurs traversèrent à Buffalo, où l'honorable Baby embrassa pour la dernière fois sa fille, sans même soupconner qu'il ne devait plus la revoir.
Notre mère n’a jamais eu l'âme voyageuse ; aussi prit-elle un médiocre plaisir à visiter les Etats-Unis. Notre père ne fut pas long à s’en apercevoir. Arrivé à Schenectady, il lui laiss: le choix, soit de reprendre la route de Montréal, soit de continuer jusqu'à New-York,
Elle n’hésita pas un instant, d'autant plus
qu'elle avait laissé, derrière elle, notre frère Charles, alors âgé d'un an.
En se mariant, Mu Casgrain, comme Je lai déjà dit, n'avait pas la moindre idée des soins du ménage, n'ayant eu aucune occasion d'apprendre cette connaissance si nécessaire à une maitresse de maison. Dès qu'elle fut mariée, elle en comprit l'importance et elle y mit son attention. Que de fois nous l'avons entendue dire: “Iln'y a pas de mauvaise humeur d'un mari qui résiste À un bon diner ”. Et encore ceci: “ La première cuisinière d'une maison est la maîtresse du logis”. Elle alla Jusqu'au point de coniposer et de réciter, chaque jour, une prière pour obtenir le goût des soins domestiques, On peut juger par 1à de l'esprit de foi qui dominait toutes ses actions, puisqu'elle l'appelait À son secours pour l'acquisition de cette qualité qui, après tout, n'est que secondaire. Ses enfants savent jusqu'où elle parvint à l'acquérir, sans toutefois nuire en rien à son goût pour la lecture ; aussi, fut-elle toute préparée à accepter le nouveau genre de vie que son Mari lui proposa, lorsqu'en 1827, forcé par
la faiblesse de sn santé d'abandonner la pratique de sa profession, il résolut d'aller vivre à la campagne. Elle n'y éprouva jamais le moindre ennui: au contraire, elle en aima la solitude et la tranquillité : “ I] semble, nous a-t-elle
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souvent répété, qu'on y vive plus près de Dieu, f et qu'on y apprenne mieux à mourir”
M. Casgrain n'avait rien négligé pour préparer M" Casgrain à cette transition, et il lui écrivait, le 20 décembre 1S26, de la Rivière- Ouelle, où il s'était rendu pour faire exécuter
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les réparations nécessaires au manoir que nous
\' devions habiter, * Nous avons soupé chez notre curé, M. Viau, dimanche soir, Je crois que tu
seras bien aise, lorsque tu deme‘reras à la Rivière-Ouelle, de fréquenter sa société. C’est un parfait gentilhomme qui joint toutes les
manières et les usages de la bonne compa-
enie aux vertus de son état. Ilest vraiment
aimable ”.
Le passage suivant que je lis dans la vie de
APTE tt M. Letellier, et dont je transcris la substance, | CITES “applique parfaitement à M" Casgrain, “ Son Ant arrivée à la Rivière-Ouelle apporta un agré- 14 é DT nl Tara et è Ten HA ment de plus à la société limitée, mais choisie, Hi} qu'on y rencontrait, et dont un écrivain cana- ; AT | dien, M. Derome, a donné une peinture assez LUE {. . ° }| ‘FE exacte. Outre quelques familles anciennes, sa “FT1 . . ReRT: , LE À et celle du seigneur du lieu, la présence d’un Lg curé distingué, qui fréquentait assez souvent À Hi les réunions de la haute société, donnait à cet
H endroit un caractère d'animation peu ordinaire à la campagne, Notons en passant, que la société qu'on rencontre généralement de nos jours, ne