FAMILLE
donne qu'une idée imparfaite de celle d'autrefois, parce qu'elle a perdu quelque chose de la vieille urbanité française, de son entrain, de sa
grâce, en adoptant plus où moins les habitudes étrangères ”,
Comme cette notice s'adresse à tous les membres de La famille, dont plusieurs, vivant au loin, n'ont jamais vu et ne verront peut-être Jamais le manoir de la Rivière-Ouelle, où
A \ / / notre père et notre mère ont élevé leurs enfants, je crois utile d'en donner une description. L'aspect qu'il présente, avec son encadrement d'arbres, est vraiment joli, [la un air d'ancienneté que l’on rencontre assez rarement dans les constructions de ce pays. Un des artistes du Æurpers Magazine de New-York, étant de passage à la Rivière-Ouelle, en a
MOT A te | LE fai crayonné un dessin d'après lequel a été faite Ta gravure publiée duns le numéro de février ISS4 de cette revue.
Il est situé sur le bord de Lx Rivière-Ouelle, \ . , ‘
à une trentaine d’'arpents du fleuve qu'on aperçoit dans le lointain. L'horizon est fermé du côté du nord par les montagnes bleuâtres des Laurentides, au sud et à l'est, par les Alléghanys. L'église, le couvent, le pont qui traverse la rivière et quelques maisons éparses animent le voisinage.
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En face du manoir et formant une partie de ses dépendances, un quai, entouré d'une palis-
sade, sert d'avant-scène et de lieu de promenade, La facade principale est tournée vers l'orient et se détache d'un massif d'ormes, d'érables, de peupliers, de marronniers et d'arbres fruitiers, L'édifice se compose d'un long corps de logis
ne mesurant pas moins de quatre-vingts pieds, , , . . \ ON et surmonté d'une toiture raide à la manière des anciennes maisons canadiennes, La porte d'entrée, placée au centre, est ornée d'un portique supporté par quatre colonnes, De chaque côté sont entretenus deux petits parterres
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[ (D entourés d'une palissade. La partie centrale du HA ja manoir est très ancienne et date de peu d'anfé L {! nées après la conquête, La famille Perrault, qui, ll El vers [760, avait acquis la propriété de la sei- 1 fi uneurie de M, de Boishébert, descendant du pre- L | mier seigneur de la Rivière-Ouelle, fit allonger
le manoir par les deux extrémités, en 1800, et lui donna les proportions qu'il a aujourd'hui. Vers la même époque furent construits, en arrière du portique, et appuyé sur le toit, une
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espèce de balcon entouré de vitrage qu'on dési-
gnaitsous le nom significatif de vide-bouteille, et A , 5/ A 9 / ,
de chaque côté de l'édifice, mais séparée de quel-
ques pieds, une tourelle hexagonale, dont l’une
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servait de bibliothèque et l’autre de boudoir. Ces ornements donnaient au manoir une phy-
ionomie tout à [uit seigneuriale, [re ont
. , ‘ , \ ‘, subsisté pendant plusieurs années après létablissement de notre funille à Ja Rivière-Ouelle : mais leur entretien étant devenu trop dispendieux, on à fini par les démolir, Les vues photographiques que nous possédons, et la gravure publiée par le Æurpers Magazine, représentent le manoir tel qu'il existe aujourd'hui. En soUvenir de l'endroit de France d'où est venu le
À A premier ancètre de la famille ( asgrain, le manoir a reçu le nom d'Airvault,
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La vie de famille. — Dévouement à sor mari.-- La bénédiction paternelle, — Départ pour Montréal, — Mort de M. Casgrain.
Pendant les vingt premières années que notre mère séjourna à la Rivière-Ouelle, on peut résumer sa vie en quelques mots: elle s'est écoulée entre ses devoirs d'épouse et l'éducation de sa nombreuse famille, Elle Sy appliqua tout entière, ne sortant guère de la maison que pour se rendre à l’église, ou faire de rares visites dans le voisinage, la plupart du temps dans un but de charité. Formée, dès le commencement de son ménage, aux habitudes d'ordre et d'économie dont son mari était, pour ainsi dire, la personnification, elle y avait habitué ses domestiques, qu'elle avait le don de s'attacher, quoiqu'eite les commandât avec autant d'autorité que de douceur. Je n'ai qu'à rappeler ici ce qui est dit dans la notice biographique déjà citée, de Stasie (Anastasie Madore) qui a été cinquante ans à notre service, et de Léocadie Anctil, qui a renouvelé, il y a deux ans, le
cinquantième anniversaire de sa domesticité, et qui sert encore aujourd’hui de femme de chambre à notre mère chez les Dames de la Charité à Québec. Je ne parle pas de John, notre groom, formé d'abord par M. Casgrain, mais qui ne dut euère moins dutiles leçons à notre mère, et qui à été vingt-cinq ans à notre service.
Je vais maintenant essayer de ressusciter ce qui se passait au manoir, Il V a quarante ou cinquante ans, et montrer comment Sr écoulait une journée. Cet exposé fera mieux comprendre que toute autre parole, de quelle manière Mm° Casgrain ordonnait sa vie. Elle était debout dès cinq heures du matin, et, profitant du recueillement et du silence de cette première heure, elle se livrait à de longues prières, à eenoux devant le grand crucifix de sa chambre à coucher. Pendant que les domestiques commençaient le ménage, elle terminait sa toilette qui était toujours fort simple. Elle ne portait jamais de bijoux ; ce n'était que dans de rares jours et soirées de cérémonie, qu'elle en sortait quelques-uns de son écrin. Dès qu'elle était habillée, elle entrait dans la grande chambre, vaste pièce qui servait de dortoir aux enfants, leur apportait à chacun de l'eau bénite en les réveillant, aidait la bonne à les habiller, puis les réunissait et présidait à leur prière, Les plus grands allaient de là entendre la sainte
messe, en compagnie du père où de la mère, selon que leurs occupations le leur permettaient. De retour pour le déjeuner, les enfants étaient bientôt prêts, les uns pour l’école, les autres pour le couvent. L'ouvrage de la journée était ensuite distribué aux domestiques, auxquels la maîtresse montrait l'exemple du travail. Elle ne linterrompait que pour se délasser par quelques instants de lecture et pour écrire sa correspondance. Les jours de dimanches et de fêtes, où durant les longues soirées d'hiver, elle réunissait souvent toute la famille, enfants et serviteurs, et leur lisait quelques chapitres propres à les édifier et à les instruire, soit dans le Cutéchisine de Persérérance de M Gaume, soit dans l'£cole des Mœurs, où dans quelque autre livre du même senre. Elle s’appliquait à inspirer à ses enfants le voût de l'étude et de la lecture. La bibliothèque avait, pour cela, été augmentée de plusieurs ouvrages destinés à l'enfance et au jeune âge, entre autres du Buffon de la jeunesse, des œuvres de Berquin et du chanoine Schmid, etc., etc.
La prière du soir se faisait en commun, et les enfants étaient couchés de bonne heure, afin de donner aux parents, fatigués de leur tumulte, quelques heures de repos durant les derniers instants de la journée. C’est alors surtout que
notre mère dérobait quelque temps pour la lecture, tandis que son mari, assis devant son bureau, dépêchait ses affaires et dépouillait sa Correspondance,
L'attachement qu'elle avait pour lui était fondé sur la grande estime que lui inspiraient ses Vertus ; aussi était-il mêlé d’un profond respect qu'elle ne perdait aueune occasion de faire partager à ses enfants.
Le retour de la nouvelle année donnait lieu à une scène touchante, qui était en même temps une leçon de respect filial. De grand matin, nous étions levés, endimanchés et rassemblés par notre mère dans le salon, les domestiques à notre suite. Elle ouvrit alors la chambre à coucher où notre père attendait dans son lit, nous rangeait autour de Ii. et, À genoux avec nous, demandait la bénédiction pour toute la famille, A peine pouvait-elle achever la phrase commencée, car l'émotion et les larmes la suftoquaient, Notre père faisait une courte allocution d'un ton ému et pénétré, levait les mains au Ciel et nous bénissait.
Naturellement le plus beau de la cérémonie 2 © | 4 M) Li , Pour nous était les étrennes qu'il tenait cachées derrière lui, et par lesquelles se couronnait la séance, Aujourd'hui que nous avons vieilli, nous comprenons par l'impression que cette scène a
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laissée au fond de notre esprit, de quels précieux enseignements elle était pour nous.
Ni on veut avoir une juste idée de l'influence que M" Casgrain exerçait sur son mari, et de l'attachement que celui-ci avait pour elle, il faut feuilleter la collection de lettres qu'il lui écrivit à différentes dates, et qui, reliées, forment deux gros volumes in-folio. Na présence lui était devenue indispensable ; il ne se trouvait heureux qu'à côté d'elle et de ses enfants, dans la tranquilie solitude du manoir. Dans ses lettres, il ne cesse de l’inviter à remercier Dieu avec lui du bonheur domestique qu’il leur accorde. Ainsi, dans une lettre datée de Québec, le 6 décembre 1832, il lui écrit: “ Elève vers le ciel avec moi des sentiments de reconnaissance pour les bienfaits dont nous lui sommes rederables et les jouissances qu’il nous procure : quoique notre vie soit semée de temps à autre de privations et de petits chagrins et contre-temps que Dieu nous ménage dans sa miséricorde. Quels sont ceux que nous voyons plus heureux que nous et qui doivent plus à la divine Providence ” ?
M. Casgrain avait une aussi haute idée du jugement que de l'intelligence de son épouse, et il n’était pas seul de ce sentiment. Combien de fois, n’avons-nous pas entendu dire d'elle :
“* C'est une tête d'homme sur des épaules de femme ”,
I n'entreprenait Jamais rien sans la consulter, et plus d'une fois il s'est repenti de n'avoir pas suivi son avis : entrautres lorsque, à la sollicitation de ses «his, il entra dans Ja vie politique et fut élu, en [S30, député pour le comté de Kamouraska. Il n'est guère de lettres écrites par lui à sa femme. vers ce temps, où il ne Jui exprime des regrets. Toute espèce de ‘aisons lui rendaient la vie politique INSUpportable, et surtout son patriotisme désintéressé, qui lui faisait prendre en horreur les intrigues dont il était témoin et qu'il voyait se cacher sous les dehors de l'intérêt public. De plus, sa faible santé, et enfin son attachement pour In vie de famille lui faisaient trouver intolérables les longues absences que nécessitaient les sessions du parlement.
‘ Que celui-là est hetreux, écrivait-il, qui, loin du tumulte et de l'embarras des affaires, vit tranquille au sein de sa famille ! Mon bonheur n’a été troublé que depuis que je me suis mêlé de ces misérables affaires politiques qui ne conviennent ni à mon ca actère, ni À mes dispositions, Certaine femme que je COnnais bien me l'avait prédit, mais il ÿ à une espèce de fatalité qui entraîne malgré soi ”,
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Et dans une lettre datée du dimanche, 25 novembre 1852, il disait : ‘ Ma chère Elisa, je ne croirais pas bien employer le saint jour du dimanche si, après avoir rempli mes devoirs de chrétien, je ne dédiais une partie de la soirée à t'écrire. Tu es bien toujours présente à mon esprit; mais quand je t'écris, je crois être auprès de toi, ou au moins je m°'y transporte en imagination, C’est toute ma consolation, et toute faible qu'elle est, je m'y livre tout entier. Je serais trop heureux si je t'avais avec moi, car je ne puis être mieux de toutes manières que je ne suis iei : les soins et les attentions qu'on me porte sont toujours les mêmes *, Toutefois, quelle jouissance dans la vie peut égaler celle d'être avec toi, entourés de nos enfants qui nous sont si attachés? Les hommes, néanmoins toujours aveugles, ne savent apprécier les bienfaits de la Providence que lorsqu'ils se sont mis en état de ne pouvoir en profiter, ou lorsqu'ils ne les pos-àdent plus; et tel est aussi mon sort, auquel je me soumets avec d'autant plus de résignation que je l'ai moi-même encouru, et cela en dépit de la personne qui m'est la plus chère et dont je regrette aujourd’hui l'absence.
“ Les affaires politiques du pays ne peuvent guère contribuer à faire passer agréablement
* Ilétait chez son beau-frère, M. Panet.
non séjour à Quéhec. Le ( actuellement plongé dq cultés plus épineuse
anada se trouve ans Un abîime de difli- S Que jamais, Sans entrer dé aucun détail à ce sujet, tu pourras t'en convaincre par la lecture des journaux. La question de la liste civile surtout, qui, d'après x décision et les résolutions des ministres, nous met dans une difficulté qui sera bien longtemps un sujet des plus erands inconvénients pour le pays, pourrait peut-être les suites les plus fâcheuses, Le vis du gouvernement dans une mante, et d'autant plus que l'administration coloniale seulement qui est en Opposition avec nous, mais le ministre même des colonies, Maleré l'attitude que peu rassurante qui nous est faite, on parle peu d’une dissolution du Parlement. Toutefois, J'ai peine à croire que le
gouverneur, qui n'a plus rien à ménager avec nous, n'ait p:
entraîner PaVs est vis-à- Position alarce n'est plus
. , SSI peu agcréable
is r'ecours rigueur, si la chambre des résolutions, comme on le croit.
refuser les subsides, tant
& cette mesure de passe à l'effet de que nos griefs ne
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seront pas redressés. Dans cet événement, le souverneur ne pouvant rien faire, dissoudrait les Chambres … Dis à M. le grand-vicaire Viau que je me recommande à aussi les bonnes religieu
ses prières, et mets à RE ses 4 Contribution; et
GR gs RÉ LE DES eme
etats
woublie pasles pauvres, maisje sens que c’est de ma part une recommandation superilue
M. Casgrain fut trop heureux de rentrer dans la vie privée au terme de son mandat, pour sonver à en sortir, et ce ne fut que dans l'intérêt publie qu'il consentit plus tard à faire partie du Conscil Spécial eréé pour rétablir Pordre et la tranquillité après la révolte de 1857. Le part qu'il prit à la chose publique dans ces circonstances difficiles, la sagesse, la fermeté et le patriotisme qu'il y déplova, ont 6t6 racontés par notre mère et forment un des chapitres les plus intéressants de ses mémoires, Mais ce qu'elle n'a pas dit, c'est la part qu'elle v prit elle-même par les conseils et les encouragements qu'elle ne cessa de donner à son mari, Dans ses lettres aussi bien que dans ses conversations, faisant taire comme lui tout autre sentinent que celui du devoir, elle lexhortait à garder l'attitude ferme qu'il avait prise.
Elle Lui avait donné un concours non moins précieux pour x réception des officiers anglais qui commandaient Les troupes expédiées d’'Halifax durant les hivers de 1857 et IS5S. Pendant les heures que ces officiers passaient au manoir, ils goûtaient d'autant plus les charmes de sa conversation qu'elle était agrémentée de souvenirs et d'incidents recueillis par elle-même dans sa
MÉMOIRES pye PAMEILLE 213
Jeunesse parmi les cercles milit ‘7, * A 1
Je n'étais age que de sept
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Voisine du pont de Ta e. ’ .
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notre groom, qui des CoMpatriotes, se plaisait à los Visiter et nous
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contre [ui tout d'abord en milieu de ces {
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quelques - uns d'entre prenaient sur leurs Le Jouer avec leurs ares,
De retour au Manoir, rempli d'officiers Qui vi Pour reconnaître la
nous Île retrouvions ‘eceVaient | hospitalité.
courtoisie que leur té
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gnaient M. et Me Casgrain, ils faisaient venir iment qui jouait pour Î
le soir la fanfare du rég les convives pendant le diner, Je laisse à penser quels étaient les transports et l'ébahissement de petits gamins comme nous, en entendant tout ce bruit, les coups de tonnerre des tambours, les éclats des cuivres qui nous semblaient devoir faire sauter les plafonds. Nous n'avions pas assez d'yYeux pour regarder les riches costumes des ofliciers, leurs habits écarlutes, galonnés d’or, leurs épaulettes étincelantes sous les feux des bougies.
Un incident tragique réveilla nos craintes premières : un matin, nous apprimes qu'un soldat ivre, qui avait été puni par son sergent, l'avait tué pendant la nuit d'un coup de baïonnette. Le corps de ce malheureux sergent fut inhumé en dehors du cimetière : j'ai encore présente à l'esprit l'impression pénible que nous fit cette inhumation, sans cérémonie religieuse, en présence du curé, M. Bégin, servant de simple témoin.
A l'abolition du Conseil Spécial, M. Casgrain fut heureux de retrouver ses foyers, avec la conscience du devoir accompli, espérant bien n'en être plus arraché désormais pour aucune considération d'intérêt public. Il ne prévoyait pas que le même motif, joint aux exigences de
sa nombreuse famille, Fengagerait, en 1IS46, à accepter la charge de Commissaire des Truvaux Publics pour la Province de Québec. Ni dans cette circonstance, aussi bien qu'à la nomination de M. Casgrain au Conseil Spécial, notre mère eût consulté uniquement ses goûts, elle eût retenu son mari auprès d'elle; mais elle se laissait guider par des motifs supérieurs à l'intérêt personnel. Elle à raconté les tristes pressentiments qui vinrent Passaillir lorsqu'elle dit adieu au manoir de la Rivière-Ouelle, en octobre 1846, les quinze mois de séjour de la famille à Montréal, la mort de la seule enfant qu'elle ait perdue, la petite Adèle, et enfin celle de notre père.
On me permettra de recourir ici à quelques souvenirs personnels qui me sont restés d'autant plus vivaces que les événements étaient plus impressionnants pour nous, et que j'étais en âge de m'en rendre compte. J'avais alors seize ans. Au départ de la famille pour Montréal, on m'avait offert d'y aller continuer mon cours classique ; mais j'avais préféré le terminer au collège Sainte-Anne où je l'avais commencé.
Dans le cours de l'automne 1846, ayant eu la permission de me rendre à la Rivière-Ouelle, j'allai visiter le manoir. Je n’oublierai jamais
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