‹ Memoires de Fauche-Borel (volume 2)Chapitre 3 sur 18 · TOUX IV · texte numérisé non relu

TOUX IV

i$6 MÉMOIRES

« ter de la déconsidération sur le gouvernement « français.

«c L'emploi des hommes qui ont partagé et soute tenu le gouvernement de Buonaparte dans les a places marquantes d'alors, et surtout dans la 4c police j inspire de l'inquiétude : ce système est « dangereux.

a Les subsistances peuvent manquer dans oer^a taines contrées ? ; il faut en prohiber l'cxporta- « tion, et s'occuper sérieusement dés moyens d'y <c pourvoir et de déjouer la malveillance. Il faut « laisser cette tâche uniquement à la riesponsabi* » lité du ministre de l'intérieur.

ce Jamais nécessité plus impérieuse d'établir et « de maintenir la concorde entre les grand3 pou^ « voirs de l'État; jamais la sagesse jointe à la fçr- « meté dont le Roi est en possession , ne lurent a plus nécessaires : union à la Charte^ Jamais la « modération et les mesures rassurantes pour é tous les Français ne furent plus désirables.

«Le Roi; dans son discours', peut réunir à « lui tous les Français , faire cesser les discordes « civiles, et rétablir ce calme , cette harmonie qui « fera la gloire de son règne et le bonheur de la « nation* ».

' Ce qui «rriria en cflfifit Tamièe suivante. ' Les Chambres Tenaient d'être convoquées.

ïievenons à ce qui m^ concerna. J'avais eu occasion, vers ce temps -là, de voir le fiupeux Fpucbé, par suite de m^ liaison avec un jeune boipme pl^in d'esprit et d'instruction , qui l'avait suivi, -en i8i3, en qualité de maître des rer quêtes, à Dresde et è Prague: c'était M. de Cha^ 3^noD. Il parla de moi à Foucbé, qui, témoignant le désir de me connaître personnellement, me donna rendez-vous pour 1^ lendemain. Cette eur trevue précéda de peu de jours la dissolution du nilinistère dont Fouché faisait partie , et de trois seniaines son second départ pour Dresde, ivrétant reqdu à son hôtel à huit heures du matin, M. de Ghassenon me fit passer par le jardin de la rue des Saints-Pères , et m'introduisit dans un salo9 tendu de blanc. Je pie plaçai sur un sopha, en face d'upe porte masquée, que je n'apercevais nullement. La, en attendant l'arrivée du ipi-r nisfre, M. de Cbassenon me donna lui-même à lire le manuscrit de l'état de la situation de la Frapce,quevepait de publier Fouché. On connaît cet écrit remiarquable , qui faisait alors grand bruit, et remuait toutes les passions du moment.

Bien que j'eusse déjà eu occasion de le lire, je le relps de nouveau , et avec d'autant plus d'inji4rét que j'y trouvai de grands changemens et bmucQup de variantes. J'avais à peine fini que la

porte masquée s'ouvrant, je vis entrer Fouché, vêtu d^une robe de chambre de piqué blanc, les yeux rouges, figure maigre et blême, mais empreint dans toute sa personne d'une sorte de vivacité nerveuse. Ce qui m'étonna le plus, ce fut de le trouver à peu près de mon âge, tandis que je lui croyais douze à quinze ans plus que moi. Je me levai pour le saluer, lorsque, venant à moi, il me dit : «Ah! monteur Fauche-Borel, je suis enchanté « de vous voir et de faire votre connaissance per- « sonnelle. Il y a long-temps que je vous connais; « je vous ai fait bien du mal, mais si je vous avais « fait tout celui qui m'était ordonné vous n'exis- « teriez plus. Le plus grand service qu'on pût $L VOUS rendre , c'était de vous faire oublier, car «Buonaparte entrait toujours en colère quand «on lui parlait de vous. Tout a bien changé « depuis; et je suis bien fâché , monsieur Fauche , «( de ne vous avoir pas connu quand vous êtes « allé à Vienne. Si je l'avais su , connaissant la «confiance que les ministres étrangers avaient « en vous , nous vous eussions chargé de notes « officielles qui , par leur contenu, auraient évité « la bataille de Waterloo, toutes ses conséquences, « et nous aurions aujourd'hui ce qu'il nous faut.... «Le. Roi, monsieur Fauche, ajouta-t-il, a dû « faire beaucoup pour vous ? » Une négative ab-

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solue fut ma réponse. « Gomment , reprit Fou- « ché , il n'a rien fait ! Je veux qu'il fasse ; il faut «qu'il fasse, parce que personne ne l'a mieux « servi que vous. » Je lui dis que j'attendais tout des bontés du Roi, mais qu'une intrigue pour le moment, et l'affaire de l'infâme Perlet, avaient fait naître des préventions que la malveillance était intéressée à accréditer contre moi. «Ceja « s'éclaircira , reprit Fouché ; soyez tranquille , <( monsieur Fauche, le Roi est juste. »

Il me demanda ensuite si je connaissais M. Peltier, et qu'il me serait fort obligé si je pouvais l'engager à venir le voir. Je fus en effet chez Peltier, à qui je fis part du désir que m'avait témoigné M. Fouché; j'ignore s'il se rendit à son invitation, car ce fut alors précisément qu'eut lieu le changement de ministère.

Au milieu des embarras immenses où s'était trouvée la couronne , il n'était pas étonnant que mes services eussent été perdus de vue; je pouvais même croire que le Roi ignorait jusqu'aux persécutions que m'avaient fait éprouver son ministre et ceux qu haine

contre moi. Mais n'é e aussi

qu'ils n'eussent essay< esté de

funestes préventions 3? L'a-

vaient-ils fait? y avaient-ils réussi? Je l'ignorais;

a9o MÉMOIRES

mais je commençai à le redouter quand je Vis? combien, k la suite de cette longue série dé perfidies qui avait marqué tous les pas de la révolution française, Fâme la plus honnête était accessible aux défiahces; combien lés iotrigans' étaient habiles à profiter de cette malheureuse facilité pour faire écarter les hommes irréprochables qui leur déplaisaient, et pour masquer les torts quHls avaient eux-mêmes. Je tremblai' quand je vis plus d'un homîne en place repousser' de bons et fidèles serviteurs de la liionàrchie, d'après le motif frivole cju'on avait feu contre eux des préventions qu'on n'avait ni le loisir de suspecter ni la faculté d'approfondir; fenfin, je redoutai le même malheuk* pour moi quand je vis qu'il s'était écoulé plus d'iine année sans qu'il m'eût été possible d'obtenir une audience du Éoi, et sans d'ailleurs que j'eusse pu m'assurer en aucune manière que les calomnies imaginées contre moi eussent été accréditées par des personnes qui avaient eu ou qui avaient encore le botiheur d'approcher de Sa Majesté. M. de Blacas, il est vrai, se trouvait éloigné dé la cour; mais M. de La Maisonfort était là son représentant et son délégué, muni de ses instructions.

Il ne me restait plus d'autre moyen d'éclairer lia couronne que de faire un appel à l'opinion

publique en démasquant mes persécuteurs ; j'y étais d'autant plus porté que rien ne me semblait pouvoir justifier cette ap^reace de disgrâce 9 cette espèce de repoussement et d'humiliation qui semblaient mon partage après vingt ans de services aussi essentiels que pénibles* La conser*vation de l'estime publique me devenait d'autailt plus désirable que je ne pouvais arriver à me faire rendre justice par des princes qui 9 ûaturel* lement portés à l'équité et à une bonté parfaites^ ne demandent qu'à être éclairés* Or, je résolus de Élire imprimer et de publier le Précis historique des différentes missions dans lesquelles fanais été employé pour la cauSe de la monarchie^ et de l'accompagner de toutes les pièces justificatives qui avaient rapport k ces diverses négociations.

Instruit de mon projet , le gékiéràl Barrai fit tout au monde pour que M. Tropez de Guérin me dissuadât de mettre au jour un écrit où je ne pouvais , saûs nuire à la vérité el à l'intérêt de ma cause , dissifcmilet^ \t& services que lui«* même avait voulu rendre et rendait secrètement aux Bourbons, par suite de ses rapports aveè moi : Barras craignait d'être compromis vis-à^vis de son parti. M. de Guérin m'en parla, mais comme de lui-même, et je m'efforçai de dissiper ses craintes. Lorsqu'il dit à Barrais que j'étais trop

ulcéré contre mes persécuteurs pour m'abstenir de dévoiler toute leur noirceur à mon égard, et que le silence me devenait impossible, Barras agit alors sourdement et concurremment avec mes ennemis (ce que je n'ai su que dans ces derniers temps), pour mettre obstacle à la publication de mon Précis ^ qui était en quelque sorte ma justification. Il était déjà sous presse à l'imprimerie de M. Mame, et je le faisais tirer à trois mille exemplaires; mais les mesures de mes ennemis furent si bien prises^ qu'ils obtinrent du ministre de la police un ordre en vertu duquel l'édition fut saisie. L'imprimeur ne put sauver que trois cent cinquante exemplaires, que je m'empressai de faire brocher ou relier, et que j'envoyai essentiellement aux personnages que j'étais le plus intéressé à éclairer sur les calomnies atroces dont je ,me trouvais la victime; j'en remis plusieurs exemplaires à M. de Chassenon.

C'était dans les mains de M. Decazes qu'était alors le ministère de 4a police; j'allai réclamer directement auprès du nouveau ministre contre la saisie de mon livre, et j'en demandai la restitution. M. Decazes me dit d'abord que c'était en vertu des ordres du Roi qu'avait eu lieu la saisie; je lui objectai qu'il était impossible que le Roi l'eût ordonnée de son propre mouvement, parce

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que cela prouverait que Sa'Majesté n'aurait agi que sur de faux rapports; j'ajoutai que j'étais bien sûr que cet ordre n'avait été donné que par suite des importunités de M. de La Maisonfort et de M. de Blacas, qui redoutaient par-dessus tout que je ne révélasse les causes et les circonstances de leur persécution contre moi. M. Decazes convint, en effet, que le Roi était étranger à la n^esure dont je me plaignais , et il voulut bien me dire que je devais patienter encore quelque temps, renouveler ensuite ma réclamation^ et que la restitution des exemplaires saisis serait faite. .

J'étais donc fondé à douter que le Roi eût lu mon Précis, c'est-à-dire ma justification, bien que je l'eusse adressé non seulement à Sia Majesté, mais aux princes, aux ministres, aux grands de la cour, pour que Louis XVIII en eût connaissance. Comme je n'ignorais pas qu'on cherchait à écarter cet écrit de sa vue, je fus jusqu'à prier M. le duc de Richelieu, président du Conseil, de vouloir bien le mettre sous les yeux de Sa Majesté. Ce ministre eut la bonté de me répondre : « Que se considérant en quelque sorte ce comme étranger à tout ce qui s'était fait en « France depuis qu'il l'avait quittée , il était plus «convenable que ma justification fût présentée

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«au Aoi, OU par M. le duc de La Châtre, ou « par M. le duo d'Harré, qui, n'ayant pas quitté « Sa Majesté, avaient aussi été les témoins de mon a déyoûmetit. » M. de Richelieu ajouta : a Qu'il « était étrangement surpris que j'eusse à me a plaindre; que pendant plus de vingt années il «r n'avait ùessé d'entendre de toutes palrts, et de «lire dans les papiers publics, l'éloge de ma o( condjUite et de mon attachement bien actif pour <i le Roi; que je devais, en bon serviteur, prendre « patience; que je partageais les effets de cet a odieux système de odomnie qui tendait à des* a servir les meilleurs sujets du Roi ; mais que le «temps, d'accord avec les honnêtes gens, me « rendrait la justice qui m'était due. »

Je dois avouer cependant qu'il me fut observé par des personnes respectables , que mon ouvragt^ déplairait peiU:*êtlrè au Roi, parce qu'en publiant que les ^erséoitions de son i^inistre étaient le seul fruit que j'eusse recueilli de mes longs travaux pour la cause des Bourbons, je faisais planer sur le meilleur des princes le soupçon de l'ingratitude. Ah! si tel eût été l'effet produit par mon écWt sur le cœur du Roi, j'en eusse détesté la publicité.

Mais il ni'est doux de penser que si Louis XVIII m'a lu, son opinion, à la lecture de mon ou^ vrage, n'a point été celle qu'on me faisait appré-*

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hender; ce qui me confirme daitts cette idée, c'est que si j'eusse pu m'écarter eu rien , dans cette brochure, du respect que l'on doit à une tête couronnée , S. M. le roi de Prusse ne m'eût poitlt^ au sujet de ce même écrit, honoré de la lettre suivante :

Berlin, i5 décembre 181 5.

a 3'm reçu votre mémoii^e justificatif, et je ne a doute pas que le public n'y trouve des preuves « évidentes de la loyauté de Votre conduite. Je a n'en ai jamais dôùté, connaissant le dévoùment a que vous avez toujours montré pour la bonne <t cause et pour ma personne en particulier.

« Signé, FRÉDÉMC-GUILLAUME. »

Je pouvais réclamer de nouveau, près de M. DecazeS , contre la confiscation de mon Précis historique; je m'en abstins. Je pouvais fecilemeni en finre une nouvelle édition à Neuchâtel, la pensétB ne m'en vint même pas; car s'il était vrai que Fordi^ de suppression émanât d'en haut y comme on l'assurait, je voulais donner au Roi une nouvelle preuve de mon dévoùment à ses moindres volontés.

Sur l'avis que l'édition avait été feaisie à Paris , 6n en fit une contrefaçon à Bruxelles à laquelle

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j'étais entièrement étranger. Qu'arriva-t-il? que les mêmes personnes si intéressées à obtenir dans Paris la saisie de mon ouvrage, firent acheter sous main toute l'édition de Bruxelles : il n'en restait plus que vingt-huit exemplaires que je me procurai.

Le général Barras était naturellement un de ceux à qui je m'étais empressé d'envoyer mon ouvrage. Tai déjà dit qu'aussitôt qu'il avait su qu'il était sous presse, il avait agi de son côté et clandestinement afin d'en paralyser la publication , ce que j'ignorais alors. Mais comme j'avais sauvé assez d'exemplaires pour pouvoir les répandre dans les plus hautes classes, que cet écrit d'ailleurs faisait beaucoup de bruit, et que Barras y figurait lui-même , il fut d'autant plus contrarié de l'espèce de publicité que j'étais parvenu à lui donner malgré la saisie. Il m'avoua ' même son extrême embarras quand il se trouvait dans l'obligation de répondre aux observations et aux questions que lui faisaient les hommes de son parti à ce sujet. « Voyez, monsieur Fauche:, « me dit-il , dans quelle fausse position vous me « mettez. Je suis forcé de répondre aux personnes « qui me demandent si ce que vous dites est vrai <c relativement aux lettres patentes. Ne. pouvant « vous désavouer entièrement, que puis-je dire?

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« Que c'est fiotot et Monnier qui ont conduit « cette affaire, dans laquelle vous n'auriez pas « dû me faire figurer. "Vous me rendrez suspect « à mes amis et à mes connaissances, et je n'ap- « prendrai plus rien si vous ne faites pas un corft rectif que vous ajouterez comme note addition- <rnelle à votre Pfécis historique^ et que vous « fondrez ensuite dans votre récit lors d'une « seconde édition. Là, vous expliquerez que c'est a avec Botot et Monnier que vous avez traité « directement; et comme je communiquai dans « le temps votre première lettre au Directoire, «je puis avouer sans inconvénient que j'avais « reçu des propositions de l'étranger. »

Il m'était impossible de me refuser d'apporter à mes récits des modifications qui replaçaient Barras dans la^ situation de pouvoir être utile à la maison royale, en lui faisant connsdtre les vues du parti contraire. J'ajoutai donc à mon Précis historique environ seize pages ou une feuille d'impression , sous le titre ^additions et rectifiacations, que je rédigeai d'après les notes que me donna le général Barras, et que je conserve comme des documens précieux pour l'histoire contemporaine.

En effet, Barras ne s'y était pas borné à traiter de l'objet principal qu'il désirait voir modifier

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dans mon écrit ; il y avait ajouté des éclaircissemeos et des détails curieux qui se rapportent à différens événemens de la révolution que j'avais meur tipnnés, et dans lesquels il avait figuré lui-raéme. Il y est surtout question d« l'événement du i8 brumaire 9 qui fit tomber le pouvoir dans les mains de Buonaparfe. Je n'eus pas occasion d'employer toutes ces notes qui forment environ vingt-cinq pages grand papier ^ la Tellière; mais elles ne seront pas perdues pourl'bistoire. Aurais^ je été accueijili comme je l'étais du général Barras, si je m'étais permis de donner sur lui des détails ,f[^Qntrouvés? h^ résultat de ces modifications cour senties à l'amiable» fut que je continuai à entrer tenir avec ce personnage les mêmes rapports intimes , au grand mécontentement des bomme^ qui le circonvenaient et qui se disaient entre eu¥ : a II est bien étonnant que lorsque nous parlons a ^ Barras de l'affaire des lettres patentes il la désunie vpue, et qu'en même temps il reçoive aussi biei^t 4i M* FauchcrBorel malgré son Précis Imtori^m. p Mais la publication n'en était pas moins enr travée. J'étais dans le fait réduit au silence, et ne pouvait plus aborder S. M. Louis XVin, comr ment lui dessiller les yeux? Je ne voyais plus qu'un moyen, celui de solliciter que le rapport ordonné par elle avant son départ poi^r Crand

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fut continué. Je recommençai mes démarches à cet effets lorsqu'une circonstance singulière vint les suspendre.

Le rapporteur de la commission nommée par le Roi, M. d'Outranont, qui n'avait pu faire son travail avant le départ de Sa Majesté, n'avait pu le continuer à la rentrée du Roi, attendu qu'il était depuis lors à Londres par suite d'une mis^ sion particulière. Mais ce magistrat respectable, qui avait entre le3 mains les pièces d'où dépen* dait mon honneqr, avait eu la précaution délir cate de ne pas s'en dessaisir* L'ouvrage que je venais de publier, et dont une partie des e^mplaires était échappée à la police , lui tombe entre les mains à Londres; il y voit que je suis ré4uit à reppuftser publiquement l^s calompies téné^ breuses 4'nn lacbe aswssin, et il prend la résor lution généreuse de mç fournir les moyens de le confondra :. c'est de ne remejttre qu'à n^oi les preuves de la perfidie de Perlet envers |e Rpi, et de son meurtre si|r la personne de mon nevqu Vitel. En effet , me trouvant dans le ^npis de décembre j8i5 à l'Opéra, j'y ^uis accosté p^r un militairp décoré, quim'^nnon/ce qu'il a des papier(S k me pommuniquer de la p^rt de mpnsipur son père; c'était M. d'Qutrepaont fils, U pi'inyit^ ^ passer chez lui le lendemain à la caserne Rabylone^

pour retirer les papiers qu'il est chargé de me remettre; je m'y présente, il me les donne, et voilà comment je me trouvai possesseur des pièces qui intéressaient mon honneur et mon repos.

Peut-être qu'après en avoir fait le dépôt chez un notaire pour qu'on ne pût ni me les soustraire, ni les nier, je me serais contenté de poursuivre en silence la décision de cette affaire devant une autre commission que j'aurais supplié le Roi de m'accorder, si une nouvelle impudence de Perlet, je veux parler de la brochure qu'il publia contre moi à cette époque, ne m'eût fait changer de résolution. Puisque le mensonge était pubUc , le démenti devait l'être également.

Il serait aussi long que fastidieux de rapporter ici tout ce que disait Perlet contre moi dans quatre mémoires manuscrits que je trouvai dans les pièces qui m'avaient été remises, et de rapporter aussi ce que renfermait l'imprimé qu'il fit paraître alors sous ce titre : Exposé de la conduite de Perlet^ et Réfutation des calomnies de Fauche-BoreL

Comme cet imprimé et ces quatre mémoires renfermaient à peu de chose près la même apologie en faveur de Perlet, et les mêmes inculpations contre moi, il sufiBra d'en faire une seule et courte analyse.

A quoi se réduit ce que Perfet avance? A ceci :

« J'ai été depuis l'origine de la révolution,

<r dit-il, inébranlable dans mon dévoûment pour

« le Roi.

« C'est pour le Roi que je me suis ruiné, en <( faisant d'énormes dépenses pour le comité «f royal, et en gorgeant sans cesse d'or et d*ar- « gent le cupide et insatiable Veyrat.

« Pour connaître lès membres influens , les «ressources et les besoins du comité royal, le « ministre d'Angleterre m'adressa le neveu de ««Fauche à Paris, et ce dernier a la criminelle « audace de dire que j'ai reçu, trahi, livré son « neveu à la police de Buonaparte. Le ciel que <c j'atteste est témoin de mon innocence. »

Je répondais à Perlet :

Vous avez trahi le Roi de la manière la plus lâche.

Vous étiez un des limiers les plus actifs de Ja police de Buonaparte.

Vous éventiez dans Paris les serviteurs les plus fidèles de Louis XVIII; vous vous insinuiez près d'eux pdia^ leur arracher leurs secrets, et leurs secrets et eux vous les livriez à Buonaparte»

Votre correspondance avec Louis XVIII et ses agens, était par vous remise à la police de

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