TOME IV. 3l
48a MÉMOIRES
IVote officielle remise par S. A. le prince de Hardenbergf à S. Exe. monsieur le duc de Richelieu.
« A Aix-la-Chapelle, le 6 novembre 1818.
•f « Monsieur le Duc,
« Je prends la liberté d*adresser à Votre Excellence cette lettre confidentielle concernant une affaire qui tient à cœur au Roi, mon auguste maître, et au succès de laquelle Votre Excellence elle-même s'intéressera, dès qu'elle aura bien voulu en prendre connaissance.
«L'Europe a retenti pendant vingt ans des efforts souvent infructueux, mais incessamment renouvelés, d'un sujet prussien en faveur de Sa Majesté Très Chrétienne et de son auguste famille. Le sieur Fauche-Borel , deNeuchâtel, qui, avant que le hasard l'eût mis en rapport avec les fidèles serviteurs qui avaient accompagné les Bourbons dans leur exil, se trouvait à la tête d'un établissement brillant et d'une honnête aisance, poussé par un sentiment de loyauté qui, pour avoir été porté jusqu'à Fexaltation , n'en est pas moins respectable, se dévoua au service d'un prince et d'une famille qui lui étaient étrangers, leur sa-
crifia sa fortune , celle de ses enfans , son état, sa liberté, et ne calculant aucun danger» exposa plus d'une fois sa vie même. Je ne rappellerai pas à Votre Excellence les nombreuses occasions ^ où ce brave citoyen a donné des preuves de son dévoùment désintéressé; mais je prends la liberté de mettre sous vos yeux, monsieur le duc, des extraits de lettres écrites à différentes époques par les personnes jouissant de la confiance de Sa Majesté Très Chrétienne, et par Louis XVIII, et qui prouvent que depuis 1796 jusqu'en i8i4, on n'a cessé de reconnaître l'utilité de ses services. ^
ce Ce ne fut en effet qu'en 1 8 1 5, pendant l'époque malheureuse des cent jours, qu'on commença à jeter quelques doutes sur la loyauté du sieur Fauche. Cet individu se trouvant à Vienne vers la fin du mois de mars de ladite année, le Roi mon maître crut ne pouvoir choisir un messager plus agréable à la personne de Sa Majesté Très Chrétienne, pour lui porter une lettre autographe qui assurait le roi de France de toute la part que Sa Majesté prenait aux événemens qui venaient de se passer. Mais M. le comte de Blacas, qui avait accompagné Sa Majesté à Gand, trompé par un rapport inexact de la police , avait conçu contre le sieur Fauche des soupçons aux-
queU rattachement de ce ministre pour la personne de son maître donna d'autant plus facile-^ ment accès, que le Roi venait d'éprouver les effets de la perfidie la plus atroce. Oubliant, par un mouvement de zèle très estimable dans son principe, les égards qu'on devait à la mission du sieur Fauche, M. le comte de Blacas le fit jeter en prison , et au bout de quelques jours transporter sur les frontières de Prusse.
(c La dignité du Roi mon maître ne permettait pas que l'homme de confiance, que Sa Majesté avait envoyé à Gand fût outragé sans un niotif suffisant ; mais Sa Majesté voulait en même temps que si cet individu avait réussi pendant vingt ans à usurper une réputation qu'il ne méritait pas, sa fourbe fût démasquée; en conséquence, elle enjoignit au sieur Fauche d'attendre, dans sa ville natale, soit sa justification , soit sa punition. Elle ordonna en même temps à son ministre près la cour de France, de demander satisfaction du traitement que son* messager avait enduré, ou communication des faits qui démontreraient sa culpabilité.
a Ce ne fut qu'après le retour de Sa Majesté Très Chrétienne à Paris, que l'envoyé du Roi put obtenir du gouvernement français les éclaircissemens qu'il avait demandés. M. le prince de
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Tâlleyrand^ alors chargé du portefeuille des affaires étrangères , déclara dans une note offi* cielle qu'après avoir fait vérifier, dans les bureaux de la police , les Éaits qui avaient motivé la conduite de M. de Blacas, on avait reconnu l'innocence du sieur Fauche; que néanmoins il avait doiirié lieu aux soupçons qui s'étaient élevés contre lui , par une imprudence qui paraissait justifier l'ordre qu'il avait reçu de quitter Gand dans un moment où Sa Majesté Très Chrétienne avait été entourée de traîtres. Le ministre ajoute dans sa note : sk Le Roi n'a pas eu de serviteur plus zélé que Fauche-Borel, et Buonaparte n'a pas eu d'ennemi plus opiniâtre que Fauche. »
« Le Roi mon maître voulut bien se contenter dé cette eispèce de réparation , et permit au sieur Fauche de quitter Neuchâtel où il avait été confiné', et de se rendre à Paris , pour donner suite aux sollicitations qu'il avait commencées auprès du gouvernement français. Elles avaient un double objet; le sieur Fauche invoquait les bontés de Sa Majesté Très Chrétienne, pour obtenir la ^écompense que M. le prince de Condé lui avait promise au nom du Roi, ainsi qu'il conste par la déclaration de ce prince, dont copie se trouve au numéro i des pièces ci-jointes. Il réclamait en même temps le remboursement
de ses frais et des avances qu'il avait faites pour le service de la bonne. cause, et que, d'après la pièce ci-jointe numéro a , il fait monter à quatre cent quarante-deux mille francs, indépendamment de deux cent mille à titre d'indemnité , à raison de vingt-cinq francs par jour pour le temps pendant lequel ce service l'avait privé de son état.
« Poursuivi lui-même par ses créanciers (car sa fortune et celle de sa famille n'étaient jamais en proportion avec le zèle qui l'animait), il crut devoir traîner devant les tribunaux un homme employé par la police de Buonaparte, et qui, sous prétexte de servir le Roi, avait trouvé moyen de lui extorquer de l'argent, et de faire moiu-ir sous les mains des bourreaux le neveu chéri de Fauche, jeune homme des plus brillantes espérances, que l'illusion de servir une cause à laquelle son oncle s'était dévoué, avait engagé à accepter une mission qu'il avait prévu devoir lui coûter la vie. Le désespoir auquel le sieur Fauche avait été poussé, d'une part, par la lenteur qu'éprouva sa liquidation , et de l'autre , par la dureté de ses créanciers, parmi lesqueb il y en a qui se disent les amis du Roi ; l'indignation dont son âme fut pénétrée à la découverte du complot infâme qui avait livré son neveu , l'emporta peut«>
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être au-delà des bornes de la modération. Datis un Mémoire que son défenseur publia , oubliant que s*il avait rendu des services au Roi, sa plus douce récompense devait se trouver dans le témoignage de sa conscience, il divulgua quelques événemens qui n'étaient pas encore du domaine de l'histoire; Sa Majesté Très Chrétienne en conçut un vif mécontentement qu'elle manifesta, lorsqu'à la demande du ministre de ma cour, M. le comte Decazes intercéda auprès d'elle pour le sieur Fauche.
« Si le sieur Fauche eut alors le malheur de déplaire au Roi, malheur qu'il sent plus vivement que tous les revers qu'il avait éprouvés, au moins il connut à cette occasion l'origine des soupçons que M. de Blacas avait conçus contre lui dès 18149 6t qu'en serviteur zélé pour le bien de son maître, il avait communiqués à Sa Majesté Très Chrétienne. Cette connaissance suffit au sieur Fauche pour faire triompher son innocence; il put remettre à M. le comte Decazes luimême une déclaration signée par les mixiistres de Sa Majesté Très Chrétienne, qui avaient dirigé pendant l'exil du Roi le comité royaliste en Angleterre, laquelle déclaration reconnaissait que la démarche faite dans le temps par M. Fauche, et qu'aujourd'hui on lui impute à crime, avait eu
lieu, non seulement du su des ministres, mais à leurs sollicitations, et qu'elle n'était pas un des moindres services que Fauche avait rendus à la bonne cause^
«M- le comte Decazes, après avoir vérifié l'exactitude des faits, a bien voulu dire à M. le comte de Goltz qu'il s'était convaincu de l'innocentée de Fauche, mais qu'il n'avait pas encore réussi à faire revenir Sa Majesté des préventions qu'elle avait conçues , et que des circonstances personnelles à lui-même ne lui permettaient pas dfe s'employer en faveur de Fauche avec la chaleur qu'il y mettait sans cela.
« Tel est y monsieur le duCj l'exposé véridique de la situation de cette c^faire. C'est à V instant où les Puissances alliées viennent de donner à Sa Majesté Très Chrétienne la plus grande preu^^e de, leur amitié ^ dans V instant oit Von s'occupe de temiiner toute espèce de réclamations qui peuvent encore avoir lieu entre les divers gouvernemens , que je sollicite auprès de Votre Excellence^ comme une faveur dont je lui serai particulièrement reconnaissant y de porter Sa Majesté Très Chrétienne à accorder au sieur Fauche une somme de cinq cent mille francs environ à titre de remboursen\ent et de dédommagement. Votre ExceU lence ne voudra pas que les ennemis des trônes
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citent plus long^temps l'exemple du sieur Fauche comme prétexte à leurs çalornnies. Il est de Vin^ térêtde tous les souverains légitimes, de protéger un ftomme auquel on ne peut reprocher qu'un excès de zèle pour la bonne cause.
« Sa Majesté Très Chrétienne arait promis à Fauche une récompense indépendamment de son indemnité; il ne m'appartient pas de soUiciter une faveur qtie le sièur Fauche ne veut devoir qu'à h magnanimité du Roi; mais j'ose affirmer à Votre Excellence que si Sa Majesté Très Chrétienne lui accordait un signe ostensible de sa satisfaction, ainsi que M. le prince de Coudé le lui avait fait espérer, cette grâce acquerrait un liouveau prix pour le sieur Fauche dans le moment actuel.
a Agréez , etc. »
Voici la réponse de M.'le duc de Richelieu, à S. A. le prince de Hardenberg.
H Aix-la-Cbapelle , 1 3 novembre 1818.
«Mon Prince,
fe J'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a f^it l'honneur de m'écrire relativement aux réclama^ tions de M. Fauiche-Borel. N'ayant ici ni les papiers ni les documens qui se rapporteqt à cçtte
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affaire, je ne me trouve pas en état de pouvoir l'examiner dès à présent; mais Votre Altesse peut être persuadée qu'à sa recommandation , je serai empressé de m'en occuper aussitôt après mon retour à Paris.
a J'ai l'honneur d'être , etc.
« De Votre Altesse ,
« Le très humble , etc.
« Signée DE RICHELIEU. »
La justice de mes réclamations était enfin officiellement reconnue : « Foire Excellence ^ avait a dit le prince chancelier de Prusse à M. le duc de «c Richelieu, président du conseil, Fotre Excel- <c lence ne poudra pas que les ennemis du trône <i citent plus long-temps V exemple du sieur Fauche « comme prétexte à leurs calomnies /.... »
Mais, hélas! un changement de scène vint renverser de nouveau mes espérances au moment où je me croyais à la veille de les voir se réaliser.
Le 9 novembre , trois jours après la date de la lettre précitée du prince de Hardenberg au duc de Richelieu , fut signée la convention entre les Puissances alliées et Louis XVIII, portant que l'évacuation du territoire français par les troupes
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étrangères serait effectuée au plus tard le 3o du même mois.
Ainsi la France allait être rendue à elle-même et sortir de la tutelle des étrangers. Il s'agissait de savoir quelle place elle allait prendre dans le système politique européen. Lq ministère s'était déjà divisé sur les graves questions de régime intérieur; la dissidence fut bientôt portée à son comble par la résultat même des conférences d'Aix-la-Chapelle, car toutes les questions allaient se réduire à celle-ci : A qui le pouvoir ministériel rêstera-t-il en France? Après quelques jours d'agitation , le comte Decazes , opposé au système du duc de Richelieu, remit sa démission entre les mains du Roi; et le jour suivant tous les ministres, à l'exception du duc de Richelieu, donnèrent également la leur. Pendant plusieurs jours Faction du gouvernement parut suspendue. Mais à la fin , soit faiblesse, soit inhabileté , le duc de Richelieu n'ayant pu former un ministère mixte, M. Decazes l'emporta sur tousses rivaux. Il forma un nouveau ministère composé de ses amis, qui fut installé le 5o décembre, et dont l'unique lien fut l'engagement commun de maintenir la loi des élections que le duc de Richelieu et ses amis auraient voulu changer pour la rdidre plus monarchique.
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La rentrée triomphante du copite Decazes dans le cabinet, escorté de toute la confiance du Roi qu'il paraissait n'avoir pas perdue un seul instant, mit enfin un terme aux incertitudes, mais non pas à l'agitation des esprits. Je savais que ce ministre ne partageait pas les préventions de M. de£lacas à mon égard; il m'avait même &it des promesses, n'étant pas encore président iJu conseiK Pouvais-je y compter dans sa nouvelle position ? La retraite inattendue de M. le duc de Richelieu du ministère des affaires étrangères ne lui ayant pas donné le temps de s'occuper de l'objet de la réclamation du gouvernement prussien en ma faveur, le nouveau président du conseil y apporterait-il le même intérêt? Tout change, rien n'est stable dans l'atmosphère du pouvoir.
Mes premières démarches ne furent pas heureuses; je vis que je ne pouvais plus compter sur les espérances qui, depuis si long-temps, m'é* taient données du côté de la France; que j'avais à lutter encore contre des hommes en pouvoir qui se laissaient influencer par des employés subalternes qui n'avaient pas été remplacés : ceux-ci prétendaient que c'était aller contre l'opinion qu'ils avaient défendue si long-temps que de reconnaîtra non seulement un zélé serviteur du Roi et de la légitimité, mais encore un ëtran-
ger. Voilà les raisonnemens qui venaient frapper mes oreilles : ils me laissaient d'autant moins d'espoir qu'il était devenu encore plus difficile pour moi d'aborder S^ Majesté Louis XVIII et de lui rappeler tout ce que je souffrais pour sa cause.
Quant à la note officielle du prince chancelier de Prusse, en ma faveur, j'avais lieu de croire qu'à la retraite du duc de Richelieu elle avait été remise à M. le comte Decazes, comme ayant déjà pris connaissance del'affaire.
C'est dans cet état de choses que le hasard me mit en rapport avec M. le général comte de Wuits, l'un des propriétaires d'une des plus belles terres dans le Holstein ; il crut pouvoir s'adresser à moi pour faire proposer cette acquisition à la famille de M. le comte Decazes, et il me remit une note en conséquence. Je pensai que ce serait peutêtre un moyen d'intéresser Son Excellence en m'adressant directement à M. le comte de Saint- Aulaire son beau-père, intéressé lui-même aux réclamations faites à la Prusse par la maison de Nassau. En lui adressant la note du général de Wiûts , je lui demandai un entretien qu'il ne balança point à m'accorder.
M. le comte de Saint-Aulaire me remercia beaucoup de la communication, me dit qu'il
connaissait tous les avantages et les produits des terres proposées, mais qu'on ne pouvait penser à cette acquisition qu'autant que son excellence le comte Decazes, son gendre, pourrait y appliquer l'indemnité que sa faucille espérait de la justice et de la générosité du roi de Prusse, pour le duché de Saarbruck dont la restitution avait été promise par le roi de France à l'époque du 4 août i8i4 9 et plusieurs mois avant que ce pays n'entrât dans les indemnités de la Prusse, ce que pourrait justifier une déclaration de M. le général comte de WaltersdorfF, ministre de Danemarck , et du prince de Talleyrand qui , à cette époque, en parla au Roi. Dans les intérêts de la famille des princesses de Nassau, cette circonstance, ajouta M. le comte de Saint- Aulaire, a été rappelée ici à Sa Majesté le roi de Prusse dans l'un de ses séjours à Paris, et on avait espéré que cette affaire se serait décidée à Aix-la-Chapelle, ainsi qu^on l'avait promis; mais sans doute, continua M. de Saint- Aulaire, le motif qui a fait éloigner cette décision est peut-être la connaissance qu'on avait déjà alors à ce congrès du projet d'un changement dans le ministère de France, au fctour à Paris de M. le duc de Richelieu, ce que je crus pouvoir contredire d'après la connaissance que j'avais du contraire.
Je saisis cette occasion auprès de M. de Saint- Aulaire pour lui parler de ma réclamation et de l'intérêt que m'avait promis depuis si long-temps M. le comte Decazes ; mais comme il n'en avait pas connaissance, je me bornai à lui demander le concours de sa bienveillance auprès du ministre son gendre.
Je donnai connaissance de ces détails à S. A. le prince de Hardenberg; et sans préjuger s'il serait accordé des indemnités à la famille de M. le comte Decazes par la Prusse, j'osai demander à Son Altesse qu'elle daignât dans cette circonstance, si tel était le cas, rappeler l'indemnité qui m'était si légitimement due par la France, et en faire un objet de compensation pour la somme qui me concernait. «C'est, je crois, ajoutai- je, le seul «moyen qui me reste pour espérer justice et « éviter ma ruine. »
Malheureusement, les conclusions du jurisconsulte Daniel, à qui le roi de Prusse avait renvoyé l'examen des réclamations de la famille de M. Decazes, ne lui furent point favorables, et je cessai de fonder mon espoir sur la balance d'une sorte de compensation réciproque.
Je dois le dire, cependant, S. E. M. le comte Decazes, qui jouissait alors du plus haut degré de faveur auprès de S. M. Louis XVIII, eut égard
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à mes instances , et ne négligea pas de s'occuper de nouveau de l'objet de ma réclamation. Sous sa présidence même, au commencement de 1820, et par Teffet de l'intérêt direct que me portait le roi de Prusse, mon souverain, il fit décider qu'en indemnité de mes sacrifices, et en compensation de la direction de l'Imprimerie Royale, qui m'avait été promise, il me serait donné cent mille écus et douze mille francs de pension. Cette détermination fut annoncée diplomatiquement au ministre de mon souverain , M. le comte de Goltz , qui me pria ce jour-là à un grand dîner diplomatique où assistaient tous les ministres; là je reçus les félicitations de & E. M. le comte Pozzo di Borgo, de M. le marquis Dumontier, et de M. le vicomte de Montmorency, à qui M. le comte de Goltz annonça avec satisfaction la détermination que le ministre venait de prendre à mon suj^t. . •
Mais des menées sourdes et malveillantes empêchèrent l'exécution. de cet acte de justice; je fus encore une fois victime de l'intrigue. Les événemens de cette époque me furent également contraires.
Après l'affreux assassinat <îe M*' le duc de Berry et la retraite de M. le duc Decazes , qui en fut la i%uite, mon affaire, demeurée en suspens, fut
rangée dans la catégorie des réclamations ordinaires, et mes espérances s'évanouirent de nouveau.
Ce fut alors que , en désespoir de cause, je retournai en Angleterre chercher de nouveaux appuis. Georges IV régnait depuis la mort de Georges IQ, son père, décédé le 29 janvier 1820, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. L'avènement de Georges IV n'avait apporté aucun changement dans le système politique; ce prince, présidant le conseil privé immédiatement tenu, avait fait un discours où, après avoir rendu un juste hommage à la mémoire de son auguste père, il témoigna la confiance qu'il avait dans l'appui du parlement et de la nation , dont la prospérité et le bonheur seraient l'objet constant de ses soins, ainsi que le maintien complet de la religion, des lois et des libertés du royaume.
Mais la mort de Georges III allait faire naître un grand embarras dans les relations de famille de son auguste fils, à l^égard de la princesse de Galles, dont il était séparé depuis si long-temps, et qui voyageait sur le continent par un arrangement fait, en i8i4, entre les deux époux.
Tant que Georges III avait vécu, la situation de la princesse de Galles était réglée sur des accords privés; son traitement était fixé. Son