‹ Mémoires de Fauvel. Volume 2Chapitre 11 sur 32 · II' PARTIE. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

II' PARTIE. — CHAPITRE I

« quesiré de la société , privé de toutes « ressources. » J'eus un mouvement d'impatience et d'indignation.

Peu de momens après , le guichetier revint, mit sur ma table un cahier de papier , une écritoire, des plumes, et s'en alla. Je fus saisi d'étonnement. Comment osait-on enfreindre pour moi des ordres qu'un instant auparavant on m'avait dit être si sévères ? comment mon désir se trouvait-il rempli avec tant de célérité ? Il était évident que quelqu'un s'intéressait à moi. Ma pensée se porta sur M. Dumarsyj mais aussitôt je me souvins que l'exempt avait refusé la veille de dire où il me conduisait. M. Dumarsy n'avait pu, dans la nuit qui venait de s'écouler, découvrir ma prison, séduire mes gardiens. Je me levai : je vis le panier que le guichetier avait apporté ; il renfermait du vin , du pain très blanc , des viandes froides et des fruits. A qui devais- je ces dons ? j'essayais en vain de former une conjecture qui ne fût pas dénuée de vraisemblance; ce mystère était impénétrable pour moi.

« N'importe, me dis-je ? profitons des se-

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« cours qui m'arrivent. » Je m'empressai d'écrire ; on juge bien que j'écrivais à Louise. Comment lui faire parvenir ma lettre? je l'ignorais ; mais quel charme pour moi de m'entrelenir avec elle ! Les expressions brûlantes qui se pressaient sous ma plume me semblaient encore trop faibles pour exprimer mon amour. Je voulais parler des projets que je commençais à former, je ne sus que peindre mon délire.

Vers six heures du soir , le guichetier reparut. Je me hâtai de le questionner sur le mystère qui m'étonnail," au lieu de me répondre, il me dit qu'il m'élait permis de prendre l'air. Je me flattais de faire quelque découverte pendant ma promenade. Je montai un escalier étroit, obscur, qui me conduisit à une petite terrasse : je ne vis rien , je n'entendis rien qui pût me donner des éclaircissemens. En considérant la hauteur des murailles , l'isolement où on me laissait , « Vraiment; me dis-je, il est plus difficile u de m'échapper d'ici que de la chambre « d'un vieux brigadier. » Cependant je ne désespérai point de parvenir à trouver quel-

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