CHAPITRE VIII
Mariage. Nouvelles de plusieurs personnes qu'on a perdues de vue.
De quel bonheur je m'euivrais ! Louise allait être à moi ! je n'avais plus besoin de mystère pour lui parler de mon amour; elle y répondait avec sécurité, et ses païens souriaient à nos transports. lie contrat fut signé par M. de Colbert; monsieur Dumarsy voulut que je devinsse son associé; mais pouvais-je être sensible aux plaisirs de l'intérêt ou de la vanité ?
On célébra le mariage au temple de la religion réformée et à la paroisse de Louise. La noce fut très modeste , ce qui d'abord contraria un peu madame Dumarsy : elle eût désiré se montrer dans une réunion nombreuse ; elle était mère d'une si jolie IL 7
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mariée ! Mais nous lui témoignâmes tant d'affection , elle nous voyait si radieux , que son petit chagrin fut bien vite dissipé , et qu'elle ne cessait de répéter que ce jour élait le plus beau de sa vie.
Je m'empressai d'écrire à toutes les personnes qui m'étaient chères pour leur annoncer mon mariage. Je reçus une réponse bien tendre , bien touchante de mon oncle le pasteur. Par une attention délicate, il écrivait aussi à ma jeune femme : en ne paraissant occupé que de lui exprimer des vœux pour son bonheur , il traçait avec simpliqité les devoirs d'épouse et de mère.
Louise , émue , étonnée du charme de ses leçons , nie fit répéter les détails que plusieurs fois je lui avais donnés sur mon séjour à Aiguës- Vives , sur le caractère , sur les vertus de mon oncle ; et j J aimais à la voir éprouver pour cet homme vénérable une affection presque égale à la mienne.
Une autre réponse m'attendrit profondément ; elle était de ma sœur de lait.
Thérèse, en me témoignant son amitié , s'efforçait de prendre part à ma joie : cependant