‹ Mémoires de Fauvel. Volume 2Chapitre 4 sur 32 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

il!

Petites ressources de Fauvel.

Je me retrouvais dans la position où j'e'tais avant d'entrer chez M. de Naudé. a Point « d'inquiétude , me dis-je. Plus d'une fois « un ami ou le hasard ne sont-ils pas déjà « venus à mon aide ? » Je n'avais plus mon cher Duclos; j'allai chez Thermin.

Lorsqu'il eutentendul'hisloire de M. Garhelot : « Cela vous étonne, » me dit-il avec son air de supériorité ; « ce qui m'étonnerait, « ce serait que vous eussiez rencontré un <f financier honnête homme. Je vous féli- « cite d'être débarrassé d'un ennuyeux « emploi qui compromettait votre délica- « tesse. — Oui, mais que ferai-je à présent ? « — Faites comme moi, ne songez qu'à « vous amuser. — Je ne demande pas mieux ;

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« et si j'étais riche — Le suis-je plus

« que vous ? En vérité , vous êtes timide « comme un enfant ; les préjugés vous per- « dront. — Moi , des préjugés ! — Plus ce j'avance, plus je m'en dégage. J'ai voulu « d'abord m'occuper de monélat.Quel abus !

» Je me suis créé d'autres ressources : il y a <t dans Paris trente maisons où l'on s'en- « nuie quand on ne me voit pas ; mes chance sons et mes saillies , mes flatteries et mes «■ épigrammes me font rechercher dans une ce foide de sociétés. Ces financiers, que je « méprise , je vais dîner chez eux. Grâce à « mon mérite, j'ai toujours à ma disposition « de bonnes tables , des équipages , des » maisons de campagne ; et mes hôtes dési- « renl trop me revoir pour hésiter à me prêa ter de l'argent quand je leur en demande.' « — Vous empruntez ! et comment rendrez- « vous ? — Qui sait ? il m'arrivera peut-être « quelque héritage. » A des paroles si franches, je restaiun moment interdit. « Allons , a Fauvel , de l'assurance, continua-t-il.

« Profitez de vos avantages; vous êtes jeune , » spirituel , aimable ; une existence bril-

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