XX INTRODUCTION
charmant que cet extérieur , et disent que c'est l'esprit le plus doux, le plus enjoué, le plus insinuant et le plus adroit du monde, qui pense très-justement, donne un tour très-galant à ce qu'elle pense.... Aussi, tiennent-ils la conquête de ses yeux sûre , et ne croient pas que les cœurs les plus sévères puissent tenir une demi-heure contre elle, lorsqu'elle a bien'éntrepris. de les toucher. Je sais des gens qui vouloient bien en faire l'épreuve. » Ces gensAk ne sont autre que lui-même. N'allons pas faire comme des lecteurs peu avertis. Ne nous en étonnons pas , ne nous en scandalisons pas. Fléchier , à cet âge et dans cette mode de société , est et doit être , au moins en paroles , partisan et sectateur du bel amour raffiné , de l'amour respectueux , à la Scudéri; de [l'amour, non pas tel qu'on le fait dans le petit monde, mais de celui qui durerait des siècles avant de rien entreprendre ni entamer. Il sait sa carte de Tendre , il sait son code et sa procédure des Cours d'amour, il a lu YAsirée. Lisez donc la première historiette toute romanesque qu'il a mise à dessein en tête des Grands-Jours pour les commencer sous de gracieux auspices , et ne pas trop dépayser tout d'abord , lisez-la comme vous feriez d'une nouvelle de Segrais ; voyez-y ce qu'il a voulu surtout y montrer, l'application du sentiment et du ton des précieuses chez une belle de province ; et tout en notant ce que le récit a poulr nous de singulier de la part d'un jeune abbé ,