‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 24 sur 98 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

Lorsque nous fûmes arrivés à Riom*, nous commençâmes à nous reposer et à nous louer de notre voyage. Nous y fûmes si bien reçus par le lieutenant général*, et nous fûmes logés chez lui avec tant de propreté et même de magnifiœnce, que nous oubliâmes que nous fussions hors de Paris. La ville n*est pas de grande étendue, mais elle est fort agréable et fort riante; elle n'est pas fort percée, mais les rues en sont fort larges et les maisons y sont d'assez belle apparence. Le monde n'y est pas si riche qu'à Clermont, mais il y est beaucoup plus civil et plus poli. Il y a une certaine jalousie entre les habitants de ces deux villes, qui (ait qu'ils n'ont pas grand commerce ensemble , quoiqu'ils ne soient qu'à deux lieues les uns des autres; mais on peut dire que ceux de Riom sont les plus zélés , et qu'ils ont une tendresse et une piété pour leur patrie , qui approche fprt de celle qui faisoit une partie de la religion des anciens. Ils

1. Les commissaires des Grands-Jours arrivèrent à Riom le 23 septembre 1666. Yoy., sur ces commissaires, V Appendice, n"* I et 111.

2. Il y avait à Riom un lieutenant général de la sénéchaussée, qui * appelait Amabie Blich de Veausse, et un lieutenant criminel nommé I**al Chabre. Ce fut chez ce dernier que logea M. de Novion , président •itt Grands-Jours.

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avoient employé toute sorte de sollicitations à la cour pour faire tenir les Grands-Jours dans leur ville, afin de faire valoir cette marque de préférence; et le premier échevin*, dans la harangue qu'il fit à la cour, ne put point s*einpAcher de témoigner son ressentiment , et finit avec q[aelqiie malignité, disant qu'enfin ils avoient reconnu qu*il étoit juste que les Grands-Jours fussent arrêtés à Clermont, parce que, venant pour faire justice, ils y trouveroient beaucoup de matière, et que c*étoit un coup de prudence du roi d'appliquer les remèdes où les maux étoient les plus pressants. Leur grande ambition est de faire passer leur ville pour la capitale de la province, et, comme ils ne trouvent pas leur compte dans les anciennes histoires, ils se font fort de Fautorité de M. Chapelain, dans sa Pucdle, et ils savent tous en naissant ces vers :

Riom, chef glorieux de cette terre grasse Que l'on nomme Limagne, au lieu d'Auvergne basse, Pour secourir son prince , entre ses habitants Lève et ramasse un corps de mille combattants ; Clermont, le désespoir du dompteur de la Gaule, Pour renforcer ce corps , huit cents hommes enrôle.

Liv. IV.

Les autres récusent les autorités poétiques, et disent que nous ne sommes plus dans ces siècles où les vers de Sophocle et d'Homère terminoient les différends des principales villes de la Grèce*. La seconde preuve qu'ils ont est la

SansoD et contre tous les géographes, que Riom étoit la capitale d'Auvergne, et a voulu souvent persuader au roi de le croire ainsi. Voici le sujet de son aversion : lorsque le rajftume étoit partagé en factions, et que le parti dé ]a Ligue, sons des prétextes spécieux, entralnoit une bonne partie des peuples, et troubloit l'État sous des apparences de religion, TAuvergne fut une de ces malheureuses provinces qui par la pratique de ceux qui étoient pour lors les plus puissants, ou par son propre mouvement, se trouva engagée à des intérêts qui sembloient être utiles au royaume, mais q[ui étoient contraires au «roi. Toute la noblesse se joignit^ tous les peuples se liguèrent, et toute la province se trouva dans ce parti sans y penser. Glennont donna pour lors une preuve remarquable de sa fidélité, .et, se déclarant hautement pour le roi, quelques sollicitations que pût faire Févêque, entreprit ou d'attirer les autres villes par son exemple , ou de leur résister par la force et par la valeur de ses habitants. Tous ceux qui pouvoient avoir quelque part dans les conseils et dans les affaires s'assemblèrent et firent une louable conjuration de ne se séparer jamais des intérêts du roi, et de mourir 'plutôt que de reconnoître aucun pouvoir que le sien. On voit encore, dans les actes publics, les délibérations de ces assemblées '.

La ville d'Issoire entra dans les mêmes sentiments de fidélité et s'associa contre la Ligue. Tous les ligueurs se mirent pour lors en campagne, levèrent des troupes de tous côtés , et voulurent commencer à faire valoir le parti par quelques expéditions contre Clermont et par le siège d'issoire. M. le marquis de Randan •, père de Mme la marquise de Senecey, fut le chef de cette entreprise, et, wec toutes ces troupes qu'il put ramasser, il assiégea

1. Vof. les Origines de Clairmont. par Savaron , édit. de Duraod , p. 499, « y Histoire de* guerres religieuses en Auvergne, par Imberdis. t. II, P 214. On V trouve les actes de ces assemblées.

2 Jean-Louis de La Rochefoucauld, tué à Issoire le 14 mars 1&90.

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cette petite ville et voulut la réduire à Textrémité. Mais outre qu*il trouva plus de résistance qu*il ne s*étoit promis, Clermont envoya bientôt un secours considérable aux assiégés. Il se fit un assez rude combat où les troupes de la ligue furent défaites, le siège levé, et M. de Randan blessé à mort et fait prisonnier par un Amauld, parent des Amauld de Port-Royal, qui fut depuis assassiné en haine de cette glorieuse action. Le marquis mourut bientôt après de sa blessure. Mme sa fille lui a fait dresser un tombeau avec une épitaphe, qui marque qu'il est mort martyr pour la défense de la religion catholique*. Voilà ce qui la rend si zélée pour les intérêts de Riom et pour ceux des Jésuites, et ce qui fait dire à ceux de Clermont qu'elle est la protectrice de Riom contre eux , comme elle est la Sibylle des Molinistes contre Port-Royal, ne croyant pas qu'un citoyen de Clermont puisse être honnête homme, ni qu'un descendant des Arnauld puisse être après cela bon catholique.

Quoique la jalousie tienne plus du côté de Riom que de celui de Clermont, la réflexion qu'avoit faite M. l'échevin parut un peu trop forte, et il s'en fit une ou deux chansons que je rapporterai ici. L'une est sur l'air : Usez mieux, 6 beautéy etc.

Enfin, après tant de peine,

Les Grands-Jours que nous avons

Rendent votre attente vaine

Kl v<jys mon Ire ni U^s tuions.

Vous méprisez notre ville Par un désespoir jaloux ; Mais la fourbe est inutile , Us vous ont quittés pour nous.

De vos apprêts magnifiques Les Grand s- Jours se sont passés ; Adieu , fermez vos boutiques :

Us vous ont vus ; c'est assez.

Si vous n'avez pu leur plaire , N'en soyez point en courroux ; Quand ils n'auront plus que faire , Ils repasseront chez vous.

L'autre est une petite chanson assez badine sur la haran- ^ de réchevin , que je ne rapporterai pas tout entière , parce qu'elle contient plusieurs couplets.

Les Grands-Jours vous ont quittés ,

0 la triste aventure !

Us ne vous ont visités Que pour vous voir dépités ; J'en jure.

Vous n'avez rien oublié

Pour arrêter leur course ; Vos députés ont crié , Et vous avez déplié La bourse.

Après deux ou trois repas ,

l\s ont quitté la place ;

Toutefois n'en pleurez pas ,

Car vous savez qu'ici-bas

Tout passe.

Votre consul se vantoit,

Après beaucoup d'injures, Qu'il en étoit satisfait. Ainsi le renard faisoit Des mûres.

Mais laissons à part les différends de ces deux villes , et passons à des choses plus a^éables. Le lieutenant général.

chez qui nous étions logés, se piqua de nous faire voir tout ce qu'il y avoit de beau dans la ville; il nous donna le divertissement de la promenade dans un jardin qui est assez propre, et qui passe pour le Luxembourg du pays*. Pour achever sa civilité et pour divertir un peu nos dames, il leur fit voir, le lendemain, tout ce qu'il y avoit de galant ; et, comme il se trouve dans toutes les villes ou quelque esprit ou quelque beauté qu'on produit pour l'honneur de la patrie, il fut bien aise de leur montrer une dame qu'ils estiment, et pour le corps et pour l'esprit , une des merveilles du monde. Elle est âgée d'environ vingt-deux ans , fille d'un président au présidial'; ce qui s'appelle être de la première qualité dans la province. Elle a la taille fort belle, les yeux beaux, le teint fort uni, mais un peu trop chargé de rouge, et tous les traits du visage assez réguliers. On pourroit dire qu'elle a un peu trop d'embonpoint; mais sa taille haute, un certain air sérieux et plein de majesté font une proportion qu'un peu d'embonpoint ne gâte pas. Enfin , ce n'est pas une beauté achevée, mais c'est ce qu'on appelle une très-agréable personne. Ceux qui la connoissent particulièrement trouvent en elle quelque chose de plus charmant que cet extérieur, et disent que c'est l'esprit le plus doux, le plus enjoué, le plus insinuant et le plus adroit du monde, qui pense très-justement , donne un tour très-galant à ce qu'elle pense. Ils avouent qu'elle a de la fierté et de l'am-

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sérères puissent tenir une demi-heure contre elle, lorsqu'elle a bien entrepris de les toucher. Je sais des gens qui Youloient bien en faire l'épreuve.

La grande opinion qu'on m'avoit donnée de cette belle fit que je me trouvai en la compagnie des dames, lorsqu'elle leur rendit sa visite , et que j'observai si l'on n'étoit point prévenu et si je ne le serois pas moi-même. Je n'y trouvai pas tout ce qu'on m'avoit dit, et je remarquai plus de majesté que de douceur, et plus de bonne mine que de beauté. Elle avoit pris un sérieux qui ne persuadoit pas qu'elle eût ce grand talent de plaire ; et sur ses discours et sur son embonpoint , je jugeai qu'elle n'étoit pas si enjouée ni si raffinée qu'on pensoit. Je m'en ouvris à une personne de qualité du pays, qui est de l'opinion commune, qui m'en demandoit mon sentiment et qui se tenoit fort assurée de mon estime et de ma vénération pour cette belle; et l'ayant tirée à part, je lui témoignai que c'étoit une personne bien faite, et qui, sans doute, méritoit beaucoup; mais qu'elle étoit bien froide, pour enflammer les cœurs si vite qu'on disoit ; qu'il falloit donc qu'elle gagnât ses amants par autorité plutôt que par douceur, et que les adorateurs fussent plus timides qu'amoureux; que je ne la soupçonnois pas d'être si malicieuse qu'on la faisoit, et que, si elle n'étoit jamais autrement, je savois des gens qui tiendroient non pas une heure , mais plusieurs années et toute leur vie contre tous ses charmes. Il me répondit fort sagement qu'il ne falloit pas précipiter son jugement; qu'une première visite ne découvroit pas toutes les bonnes qualités d'une personne; que les dames de province perdoient un peu de leur esprit , lorsqu'elles voyoient la première fois des dames de Paris , à cause d'une imagination qu'elles ont, que l'esprit est plus fin à Paris qu'ailleurs, et que le grand usage du monde fait plus là que le plus beau naturel ne fait dans les autres villes du royaume; que si j'avois vu celle-ci en pays de liberté, je l'estimerois

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Lies plus déliée et plus engageante; que bien des gens qui disoient d'abord comme moi, y avoient été pris comme les autres , et que si elle eût voulu faire parottre un petit rayon de son air galant et enjoué, il m'auroit été fort aisé de comprendre qu'on ne résiste pas sans j^ine, et qu'on fait bien du chemin en peu de temps avec elle.

Je ne voulus point contester une chose qu'il pouvoit savoir mieux que moi, et qui, d'ailleurf, passoit pour une v^té très-constante. Je me contentai de lui témoigner que j'étois bien étonné qu'une fille de cette qualité et de ce mérite eût passé sa vingtième année sans avoir trouvé quelque grand parti, et qu'elle eût laissé échapper tant de cœurs qui s'étoient rendus, sans en retenir quelqu'un des meilleurs pour elle; que ce n'étoit pas assez de faire ses conquêtes en peu de temps , qu'il falloit wcore les conserver et en retirer quelques fruits pour l'avenir, n s'étonna lui-même de mon étonnement; et s'imaginant qu'on devoit avoir parlé par tout le royaume des aventures de cette aimable personne, et qu'il étoit de tout le monde comme des petites villes, où l'on sait tout ce qui s'y passe , il voulut savoir si j'étois homme de bonne foi, et si je n'avois pas appris son histoire : et comme il eut reconnu que j'étois sincère, il me dit qu'elle avoit été aimée , qu'elle avoit aimé, mais que l'ambition l'ayant emporté sur son amour, elle avoit considéré l'honneur plus que la passion, et qu'elle avoit quitté un il nui Teùl |H^ui-i!tie iïUnv*} Umdv

SUR LES GRA1!{DS-I0URS DBil665. 0

nité pour raison de son changement , je ne trouverob pas que ce fût assez de l'appeler inconstante et infidèïè; car je suis de ceux qui croient que l'ambition n'est jamais une bonne raison contre l'amour. Mais elle y a été obligée par l'opposition obstinée fle toute sa famille; elle a résisté long* temps à tous les mauvais traitements; elle a tâché d'adoucir Fesprit de ses parents. Lorsqu'elle a été libre et hors de tuteUe, elle a voulu faire voir qu'elle avoit de la fermeté et de la constance ; mais lorsqu'il a falla exécuter ses desseins, et signer des articles de mariage malgré toutes les oppositions de sa parenté, la piété l'a plus touchée que l'amour, et sa mère a eu plus de pouvoir sur son esprit qu'un amant. >

n alloit me raconter toute l'histoire; mais parce que nous n'étions pas bien en repos, et que les compliments qu'on Tenoit faire en foule nous importunoient, nous fûmes d^vis d'aUer en quelque lien retiré ; et étant montés tous deux seuls dans son carrosse, nous allâmes au jardin Charrier*, qui, comme j'ai dit, est le lieu de plaisance de la ville; c'est là où se rend toute la compagnie , dès que la saison est propre à la promenade. Il y a des fontaines, des grottes, des allées séparées par des palissades d'une trèsagréable verdure qui divertit les yeux , et assez épaisses pour retenir les secrets que se disent les amants , lorsqu'ils se promènent par bandes, et qu'ils s'entretiennent confidemment. Quoique le jour fût un des plus beaux jours de l'automne , l'arrivée des Messieurs des Grands-Jours avoit arrêté tout le monde dans la ville , et nous trouvâmes plus de repos et plus de solitude que nous n'espérions. Nous choisîmes donc la plus belle allée, et cet honnête homme, pour satisfaire à ma curiosité , et pour avoir le plaisir de me raconter une affaire où il prenoit quelque part , étant ami du cavalier et de la dame, avec toute la complai-

1. Ce jardin était probablement situé près de Mirabelle, dans un lieu qu'on appeUe encore le champ Charrier et le pré Charrier.

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sance qu'on peut avoir pour un étranger, il commença ainsi :•

c Si je n'avois reconnu , monsieur, que vous avez assez de curiosité ou assez de complaisance pour vous informer des galanteries de notre province, et pour m'engager à vous dire l'histoire des amours de notre ville , je n'aurois pas entrepris de tous faire une relation qui ne peut que vous être importune, puisqu'elle n'est soutenue ni par le rang illustre des personnes, ni par la diversité des intrigues , ni par aucun événement singulier. Quelle apparence y auroit-il de vous débiter des histoires de campagne , à vous qui vivez dans une ville où l'on apprend et où l'on voit souvent les grandes histoires , et qui venez d'un pays où s'écrivent et où se passent les romans? Quel plaisir aurezvous d'entendre un récit sans grâce et sans ornement? Que pourrez-vous attendre d'un orateur de province , et d'une province grossière comme la nôtre? Je tâcherai pourtant ie contenter votre curiosité, et de suppléer, par ma sincérité, à ce qui manque à mon discours , et je serai fidèle historien des choses dont j'ai été le. témoin ou le confident.

« Il n'est pas besoin que je vous explique d'abord la qualité et la naissance de Mme .... ; elle vous est assez connue par ce que je vous en ai dit ; ni que je vous fasse son portrait , vous l'avez vue vous-même. Il suffit de vous faire souvenir que c'est une belle personne, et de vous faire ima-

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avaitare assez bizarre. Avant que de vous expliquer Toccasion qu'ils eurent de se voir, il est à propos que je vous fasse le portrait du cavalier ^ Il est d'une famille qui est considérée dans Qermont, et qui est dans Talliance de tous les principaux de la ville ; il est né d'un père qui s'étoit mâé des grandes affaires, et qui a joui quelques années de plus de cent mille livres de rentes ; il est assez bien fait de sa personne , et il a toujours eu toutes les qualités extérieures qui peuvent faire recevoir favorablement un amant*. Je ne vous en ferai point une description exacte , puisque TOUS le verrez dans peu de jours ; je me contente de vous dire que jamais homme n'a eu des inclinations plus nobles et plus généreuses. Il alloit presque jusqu'à l'excès de l'hon- Dèteté; il étoit libéral jusqu'à la profusion, fidèle jusqu'à ropiniâtreté , et amoureux jusqu'à adorer ses maîtresses ; aussi a-t-il été très-estimé des jeunes gens , parce qu'il les traitoit continuellement chez lui , et des dames , parce qu'il étoit homme à s'attacher et à faire belle dépense. Il a de l'esprit et se plaît fort avec ceux qui sont en réputation d'en avoir ; il est habile en toute sorte de jeux , et il est également commode et dans le gain et dans la perte; ce qui vient d'une adresse particulière qu'il a de cacher ses passions , quelque fortes qu'elles puissent être ; enfin il est très-bon ami , et encore meilleur amant. A peine eut-il achevé ses études et ses exercices à Paris , qu'on songea à le faire revenir pour le marier. On lui destina une Ribeyre*, qui étoit une fille fort agréable et fort riche. Les parents firent leurs traités et s'accommodèrent entre eux. On envoya la nouvelle à l'accordé, avec ordre de revenir au plus tôt pour épouser.

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