Recherehet de la France, Ht. IV, chap. xn
3. NoëU nouveaux^ à Clermont, chez G. Jacquard , s. d. (t. 1670). petit in-l2,p. lOOetsuiy.
Aughâ, gens, aughâ :
Le ceo vous reprocha Qu'aquou ei trop pleghâ; Et, sens gro boughà, Vous leissà raughà.
Laus Grands-Jours Ne sont pas toujours.
Embey Noé le temps 8*aprocba Par fondre la cliodia :
Laus fourneaux sont tout chauds , Nous z'avens ce que chaut.
CourraZy curas de la parrocha, Ck)urraz, parrouchaus.
Ëcoutez, peuple, écoutez :
Le ciel vous reproche
Que c'est trop plier;
Et, sans vous bouger ,
Vous TOUS laissez ronger.
Les Grands-Jours
Ne sont pas toujours.
Avec Noël le temps s'approche
Pour fondre les cloches :
Les fourneaux sont tout chauds ;
Nous avons ce qu'il faut.
Accourez, curés des paroisses,
Accourez, paroissiens.
Noé cezdeisceii, Quou ei par tout refouére :
Aquou ei son decein.
De tant que nous sents D*en fouére dans sens Quou eiquemen, Ce qu'au parlamen Le Rey donna poudey de fouére.
Et, par tout parfouéro V6 que laus endechats.
Et laus engronio-chats, Peuchont a quey c6 se deifouére De tous liours pechats.
Noël ici descend .
C'est pour tout refaire :
C*est son dessein ,
De tous tant que nous sommes
D'en faire des saints.
C'est presque
Ce qu'au parlement
Le Roi donne pouvoir de faire.
Et, pour tout terminer,
Veut que les gens tarés
Et les méchants
Puissent cette fois se défaire
De tous leurs péchés.
Vez Cliarmou ou l'y o Quauquas gens de roba.
Que font , dins que lio , Moue qu'on ne soulio :
Quou ei ce que fallio.
Aux pleintis Tant siont-ils cheitis, Pas un d'ys ne liau foué la boba.
Qu'a be foué, z'au troba :
Segiu" dins son lugis, L'eynoucen ne crent gts; Mas le meichant que tua, que roba, Foué be de fugir.
A Qermont il y a
Quelques gens de robe ,
Qui font, dans ce lieu »
Mieux qu'on n'avoit coutume :
C'est ce qu'il falloit.
A ceux qui se plaignent,
Tant soient-ils chétifs,
Pas un d'eux ne leur fait la moue ,
Qui a bien fait, le trouve :
Sûr dans son logis,
L'innocent ne craint rien ,
Mais le méchant qui tue, qui vole,
Fait bien de fuir.
Sens le grand Novion, Que chacun flatouéra.
Et tous tant qu*i sont D*Estrappes, Tronson, Le BoultZy Barillon,
Sens Le Coq, Guillard, Nau, Malo, Bochart, Peletier, que redouéfa, Vassan, la Falluéra, Sens Boyvin, Caumartin Hébert et Barentin, Joli, Talou, le paï z'éra Tout pie de lutins.
Sans le grand Novion,
Que chacun cajole,
Et tous tant qu'ils sont,
D'Estrappes, Tronson,
Le Boultz, Barillon,
Sans Le Coq,
Guillard , Nau , Malo ,
Bochart, Le Peletier, qui va rôdant,
Vassan, La Falluère,
Sans Boyyin, Caumartin,
Hébert et Barentin ,
Joli, Talon, le pays éloit
Rempli de lutins.
NOËL DES GRANDS-^rOURS. 335
Ou l'y 0 ne scé quant D*âvoucâts sens causa, Venguts d*end'aquant, Qu'ont foué quant et quant Grand brut, grand cancan :
EtDiausa, Au fond de liour sa, Ou ne s'ei pas trouba grand chosa; Liour caquet se pausa; Mas , de vré, ou n'y a be Quaucun que janUui be.
Que n'a pas leissa, tant yo causa, Sa Ihingua au chabe.
U y a je ne sais combien
D'avocats sans cause,
Venus je ne sais d'où ,
Qui ont fait souvent
Grand bruit, grand cancan;
Et Dieu sait,
Au fond de leur sac ,
Il ne s'est trouvé grand'chose;
Leur caquet se repose;
Mais, vraiment, il y en a bien
Quelqu'un qui crie bien fort.
Qui n'a pas laissé, tant il cause.
Sa langue au chevet»
Le procureur pré A farrà lamiaula Dau gourri que cret Veni, par retrait, Contre un vieux décret ,
Par le be Daurére-bele; Le baumian ly suça la miaula, L'un l'autre embabiaula, Sio que qu'a be viaucu, Sio larron, sio coucu.
Et peu liour donna la batiaula, Quand té liours eicus.
Le procureur est prêt
A ferrer la mule
Du badaud qui croit
Venir, par retrait, ,
Contre un vieux décret.
Dans le bien
De son arrière-grand-pèïe;
Le bohémien lui suce la moelle ,
Il embabouine les uns et les autres .
Soit celui qui a bien vécu>
Soit le larron, soit le cocu.
Et puis il leur donne la pèle au c...
Quand il tient leurs écus.
NOËL DES GRANDS-JOURS. 3t7
Duran laus Grands-Jours On vé d'hour'en houra Arribâ dans mours De tentas coulours, Be foués, moue be lourds.
Lhunei blond, Et l'autre a le front Et le naz pus nei qu*una moiu*a; Tau chez se laboura Qu'eicy se meicouni; Narma ne se couni ; Par un biau mour, l'on en vé houra Viengt mours de mouni.
Pendant les Grands-Jours
On voit d'heure en heure
Arriver des visages
De toutes couleurs,
De bien faits, et de bien lourds.
L'un est blond,
Et Tautre a le front
Et le nez plus noirs qu'une mûre.
Tel chez soi labourii
Qui ici se méconnott;
Nul ne se connoît ;
Pour un beau visage on en voit à cette heure
Vingt visages de singes.
Tous laus jours on vê Dins la capitala Quauque mour nouvé Que davoueida vê . Un vieux eichavô.
DeMAcon, De Fourez, de Lyon, De Berry le monde s'en dâla :
Dins quey tems que jala, Y cez font força eicos , Amoué, biauco de côs, Laus lugis sont pleis, dins la viala, Couma dans cacôs.
Tous les jours on voit
Dans la capitale
Quelques visages nouveaux
Âlanobla, en rua, A la rotureira, L'on porta la quoua; Diriaz qu'eilha joua A vira-ta-quoua.
Ne fouépas, Sens meneur, un pas; Et nous n'avens gis de charreira Que sio sens chadeira, Que legagnar-denei, Qu*ei pus lourd qu'un panei , Porta dreit coum'una leiteira :
Font dous bous miauleis.
À la noble dame , dans la rue ,
A la roturière
L'on porte la queue ;
Vous dirie2 qu'elle joue
A vire-ta-queue ;
Elle ne va pas ,
Sans. meneur, un pas;
Et nous n'avons pas de rue
Qui soit sans chaise (à porteurs),
Que le gagne-deiHer,
Qui est plus maussade qu'un panier ,
Porte , droit comme une laitière :
Ils font deux bons mulets*
3^0 APPENDICK.
Le laqués tout goiml Que seq le carrossa Laneu etle joiu*; De cez, de lez court, Et foué milla tours.
Quaus champi Font tout par deipi, I ne charchont mas playa et bossa; Queite, l'autre passa; I font laus entendus, Et quaus pobreis pardus Courront et vont, coum'à la noça, Veire laus pendus.
Le laquais tout alerte
Qui suit le carrosse ,
La nuit et le jour,
D'ici, de là court,
Et fait mille tours.
Ces bâtards
Font tout par dépit;
ûs ne cherchent que plaie et bosse ;
Celui-ci , celui-là passe ;
Us font les entendus ,
Et ces pauvres perdus
Courent et vont comme à la noce,
Voir les pendus.
Dins tout le ressort, D'archez on vê força :
Sarghans et recors , De partout n'en sort, Que nous fâchont fort.
Nous cez sens Pus sents que daus sents :
De bien viaoure chacun s'eiforça.
Si quauqu*un se corça, Jura ou donna un souffle.
De taus gens tout ei pie , Que, sens piatat, prenont par força Un home au coule.
Dans tout le ressort,
D'archers on yoit force :
Sergents et recors ,
De toutes parts il en sort ,
Qui nous fâchent fort.
Ici nous sommes
Plus saints que des saints :
De bien vivre chacun s'efforce.
Si quelqu'un se quereUe ,
Jure ou donne un soufflet j
De tels gens tout est plein ,
Qui , sans pitié , prennent par force
Un homme au collet.
Quaus diantreis d'archez Ne sont pas d'attendre; Quaus vouida-pichez , Pus durs que rouchez , Sont de vrés bouchez ; Liours douas mâs N'amon pas chaumà; Liour meitey ei de toujours prendre; Quaus mours sont à craindre :
Mas qu'io trobe bien fous Et bien lourds tout aquous Que venont par se fouére pendre Ou coupa le cou !
Ces diables d*archers ,
Il n*est pas bon de les attendre;
Ces vide-brocs,
Plus durs que rochers ,
Sont de vrais bouchers ;
Leurs deux mains
N'aiment pas à chômer;
Leur métier est de toujours prendre ;
Ces visages sont à craindre :
Mais que je trouve bien fous
Et bien nigauds tous ceux
Qui viennent pour se faire pendre
Ou couper le cou î
Quau dans dous mei foué, Ou be que que garda Sapàtaetsamoué, Ou que que s'en voué?
Quau dau dous mei foué?
Par tous dous Quou ei bien hazardoux ; Mas que que sa pé contregarda , Qu'au be ne regarda, Â d'eime son plen cor; Et l'autre z'a be tort De peyta chez se la camarda Et l'eiregha mort.
Lequel des deux fait mieux .
Ou bien celui qui garde Sa pâte et sa huche, Ou celui qui s'en va?
Lequel des deux fait mieux?
Pour tous les deux C'est bien hasardeux; Mais celui qui préserve sa peau , Qui au bien ne regarde , A d'esprit plein son corps ; Et l'autre a bien tort D'attendre chez lui la camarde Et la méchante mort.
Zkk APPENDICE.
Tant sio sauvaghou Le veitit de seda, Loen de son donjhou, lo 1*0 méma jou Que le boulonghou.
Au couquy Au grand, au marquy , Un vale té la brida reda; Jura, pesta, creda; Et laus téy que liaunar, Siont-is chez Lachanard, Ou dins la tour de la mouneda Couma dans renards.
Quelque intraitable que soit L'habillé de soie, Loin de son donjon, n a le même joug (sort) Que l'habillé de bure.
Au coquin,
Au grand, au marquis.
Un yalet tient la bride roide; n jure, peste et crie; Il les tient, ce goujat, Qu'ils soient chez Lachanard , Ou dans la tour de la monnoie , Comme des renards.
NOfiL DES GRANDS-JOURS. S45
Daus châtiaux sens pô, Sens migha, ni crauta, Vi, pichez, ni pot, Pus nuds qu*un tripot, Chacun fut que pôt.
Laus prévôts Soubre liour chavauz Dau paï font la vira-vauta; Vont de cauta en cauta, Mas font pau de proufi ; Dins le nio d'au pus fi, Ne trobon re, mas quauqu'eichauta Dins quauque coufi.
Des chAteauz sans pain ,
Sans mie, ni croûte,
Vin, broc, ni pot,
Plus nus qu'un jeu de paume,
Chacun fuit, s'il peut.
Les prévôts
Sur leurs chevaux
Font du pays la ronde ;
Us vont de côte en côte ,
Mais ils font peu de profit;
Dans le nid des plus fins
Us ne trouvent rien, que quelque peloton
Dans quelque coin.
L*homme de chaté Au grange! arracha Ce que le sauté ; Et sens dreit reté Son lard, son chanté.
Le couchou lo pré, mouen Tauchou, Le chabri, Tagné et la vacha ; Amoué, sio se fâcha, Pren Tarére et le biaou, Le jhau, la poula et Tyau, Et peu ly donna par la pacha.
Et laus côs sont siaus.
L'homme de château.
Au métayer arrache
Ce qui lesoutiePt;
Le noble que diaou.
Tout ce que sa raça A manghA de biaou, Tout le vi qu*io biaou, Moue quauqu'habit niaou,
Ni paya Ne v6, ni pleidiâ ; Mas le marchand de chez se chassa, Son nio cadenassa.
Sens re paya dau tout.
Ni deney, ni jittou :
Nar tout payamen, le menaça De côs de bàtou.
Le noble qui doit
Tout ce que sa race (ses ancêtres>
A mangé de boeuf,
Tout le vin qu'il boit,
Et quelque habit neuf, *
Payer
Ne veut, ni plaider (être assigné) ;
Mais de chez lui il chasse le marchand ,
n cadenasse son magot,
Sans rien payer du tout.
Ni denier, ni jeton :
Pour tout payement, il le menace
De coups de bâton.
3(i8 APPENDICE.
A parla francd, Chaque gentilhome Dau mati au sei Foué creschi saus ceys.
Et d*un liard n*a seis.
Viaou sens fe, Pren le pra, le fe, Le champ et laus chaux dau bounhome; Peu foué reyconome De saus peis, de saus plez.
Bat que que ly deiplé; Et, coum'un rey dins son royaume, Dif qu'aquou ly plé.
A parler françois ,
Chaque gentilhomme
Du matin au soir
Fait crottre ses cens ,
Et d'un liard en a six.
Il vit sans foi,
Prend le pré, le foin,
Le champ et les choux du bonhomme ,
Puis fait l'économe
De ses pois, de son salé,
Bat celui qui lui déplaît;
Et , comme un roi dans son royaume .
Dit que cela lui plaît.
Que Diau ne crent gro, Que mongha deifiroqua.
Que quitta le fro, Que jura et biaou trop, Et que viaou d'eycroc;
Le vaure, Le coupa-jarre, Et que Tun et que l'autre toqua.
Que daus Rey se moqua, Le murtrei, le filou.
Le treitre Ganelou, Devont tous fort crendre la croqua D'un cô de Talou.
Qui Dieu ne craint point,
Qui défroque des nonnes .
Qui jette le froc ,
Qui jure et boit trop,
Et qui vit d'escroquerie,
Le vaurien,
Le coupe-jarret,
Celui qui heurte Tun , qui heurte l'autre ,
Qui du Roi se moque ;
Le meurtrier, le filou,
Le traître Ganelon,
Doivent tous craindre le choc
D'un coup de Talon.
A tau la paou cret, Le fond et le minay Que foué le laudrei, Et se té be drei, Que n'a pas grand drei.
Qu'où n'y a.
Par laus quaus Ion nia, Et que Ion reicond liour varmina.
Que font boiina mina!
Mas l'home qu'ey fautey, Gentilhome ou gatey, Foué be d'avé paou de l'harmina Amoué dau mourtey.
Chez tel la peur croît .
Le fond et le mine ,
Qui fait le vaillant,
Et se tient bien droit,
Qui n'en a guère le droit.
Combien il y en a,
Pour lesquels on nie,
Et dont on cache la vermine (les méfaits) ,
Qui font bonne mine !
Mais rhomme qui est fautif,
Gentilhomme ou coquin ,
Fait bien d'avoir peur de Thermine
Et du mortier (des juges).
Qu'aqué viaou conten, Que, de bouna gracia, Recê, moue attend Ce que Diau prétend De se, dins quai tems!
Tau qu'a paou Vé, le cor en daou, Preghâ Nôtra-Dama de Gracia Que, dins sa disgracia.
Ne sio pas deideignà.
De larmas tout bagnà ; Et l'autre vé, que la remarcia D'un proucez gagna.
Qu'il vit content,
Celui qui , de bonne grâce ,
Reçoit et puis attend
Ce que Dieu exige
De lui, dans ce tempsi
Tel qui a peur
Va, le corps en deuil,
Prier Notre-Dame de Grâce
Que , dans sa disgrâce ,
Il ne soit point dédaigné ,
De larmes tout baigné ;
Et l'autre vient, qui la remercie
D'un procès gagné«
Eve Adam paussé, Et fuguet creguda; L'home s'eynoussé.
Deipeu que mom^ê.
Chaque mau nous seq.
Bon Nadau, Eicy tout nous dô.
Par paya votra be-venguda, Qu'aven tant vauguda, Bouta-nous par toujours Dins votre beau séjour, Après la darreira tenguda
De vôtreis Grands-Jours.
Eve Adam poussa,
Et fut crue;
L'homme s'énoussa (s'en donna trop).
Depuis ce morceau,
Tous les maux nous suivent.
Bon Noël ,
Ici tout nous cuit (fait souffrir).
Pour payer votre bienvenue,
Que nous avons tant voulue,
Mettez-nous pour toujours
Dans votre beau séjour,
Après la dernière tenue
De vos Grands-Jours.
tf JUle|rclb musique de M' C.Onilow.
& JUlejrclb
Av.- ^ki |aM.AB
yï"^
înP
fT^JW'MJ
la y |hâ , mui l«i«fi rflu. |kâ . Lani |»iiii jsKr
r inIfMlH
jours. Rm bcj No é le beini s'âppro cha p«r . ton èrt.fv
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Cu ras àg ^A fêr f âià. , Cmr
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