‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 75 sur 98 · JaurfuU de Dongoûy fol. 144 et · texte numérisé non relu

JaurfuU de Dongoûy fol. 144 et

rivée , s'étant mis à table , après avoir béni la viande , comme il servoit ceux de la compagnie , un gros chien barbet appartenant à Pierre Bonneton, habitant dudit lieu de la Tourette, auroit par deux ou trois fois pris de la viande sur la table, même sur l'assiette du suppUant , lequel , aprè^ avoir chassé deux fois ledit chien, à la troisième fois, étant un peu irrité, il lui auroit baillé d*un coup de couteau pliant de pochette, par-dessous la table, pour lui faire quitter prise, duquel coup ledit chien seroit mort. Une heure après, ledit Bonneton, sw maître , s*en étant aperçu, se seroit mis en colère; soupçoifei nant du coup Claude Gastel , convié et parent de ladite Gastel, épousée , quoiqu'il en fClt innocent ; ce qui auroit causé du bruit entre Bonneton et ledit Gastel ; et , bien que le suppUant fit tout son possible pour apaiser le démêlé , il ne put pas persuader ledit Bonneton de se réconcilier avec ledit Gastel , qui , voyant la furie et l'emportement dudit Bonneton , prit une épée pour lui en donner , ce qui fut empêché par le suppliant et leddt Jean Cheze ; et , comme ledit Bonneton continuoit i faire du bruit , défiant ceux qui avoient tué son chien, le suppUant se fâchant contre lui, la chaleur l'auroit porté à lui dire quelques injures contre sa coutume , et , entre autres , il lui dit qu'il étoit un traître , et même auroit proféré le mot de morbieu , n'ayant jamais en sa vie juré le nom de Dieu. Néanmoins , ledit Bonneton auroit toujours persisté , faisant le furieux , et n'auroit voulu sortir de la cour de ladite maisou» ce qui obligea le suppUant de pUer et trousser sa soutane et de demander ime épée , et , au défaut d'une épée , un bâton » pour en frapper ledit Bonneton, lequel, étant sorti sans être frappé , usa de plusieurs menaces contre ledit suppUant et contre ledit Gastel , avec jurements ; icelui suppUant, qui craignoit d'être attaqué en chemin en se retirant dans sa cure , prit une épée et se fit accompagner par le valet de la dame du lieu de Villeneuve , sans avoir eu aucun mauvais rencontre ; et , parce que le suppliant, qui a toujours vécu en honome de bien et sans aucun reproche, a appris qu'un certain prêtre, ami dudit Bonneton , a jeté un dévolu sur la cure du suppliant et pris possession secrète d'icelle cure sans autre fondement que le cas ci-dessus, arrivé plutôt par accident et promptitude que par malice , il nous a requis lui octroyer nos lettres de grâce , rémission et pardon à ce nécessaires.

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