‹ Mémoires de Fléchier sur les grands-jours d'Auvergne en 1665Chapitre 88 sur 129 · LA TUBEREUSE, A CLÉ LIE · texte numérisé non relu

LA TUBEREUSE, A CLÉ LIE

Mais de qui les beautez durent à peine un jour.

Voyez-moi seulement, je suis la plus parfaite :

J'ai le teint fort uni, la taille haute et droite;

Des roses et des lis, j'ai le brillant éclat,

Et du plus beau jasmin le lustre délicat.

Je surpasse en odeur et la jonquille et l'ambre ;

Et le plus grand des rois me souffre dans sa chambre..

A son air de héros , à ses exploits guerriers ,

On eût dit que son cœur n'aimoit que les lauriers.

Que seule à ses faveurs la palme osoit prétendre ;

Cependant il me voit d'un regard assez tendre.

Après un tel honneur, cédez, moindres beautez :

Vous avez plus de nom que vous n'en méritez.

Vous, Clélie, excusez si j'ai l'âme hautaine;

Et si, dans mes discours, je parois un peu vaine .

Par l'avis de Sapho, je demande vos chants ,

Si chéris des neuf sœurs, si doux et si touchants,

Afin de publier, du couchant à l'aurore.

Que je suis sans égale en l'empiie de Flore;

Hue la triste hyacinthe avec tous ses appas ,

Et cette fleur qui suit mon père pas à pas.

Les roses de Vénus nouvellement écloses ,

Ajax si renommé dans les Métamorphoses,

La fleur du beau Narcisse et la Heur d'Adonis.

Toutes doivent céder à la fleur de Louis.

[Bibliothèque poétique , par Lefort de La Monnière. Paris, 1745, 4 vol. in-12. t. II, p. 519.]

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