‹ Mémoires de Fleury de la Comédie française (volume 2)Chapitre 189 sur 279 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

sonnngo de Dorsan, il an rai t fait de prime-saut sa réputation, si déjà elle ne lui eût été acquise.

Le Théâtre- Italien, en ne recrutant que de têts comédiens, aurait naturellement donne lieu au concours d'émulation dont je parlais lout-à-l'heure; mais l'administration n'était pas toujours aussi heureuse , ou , du moins, M. de Richelieu y mettait bon ordre.

Depuis que ce supérieur avait quitté le sceptre de la Comédie-Française , pour se donner tout entier au gouvernement du Théâtre-Italien , il se faisait vieux et ses régleinens ressemblaient un peu aux homélies de l'évêque de Grenade : Monseigneur baissait: il s'éta't marié à plus de quatre-vingts ans avec Mn,e de Rothe , et dans les complaisances de la lune de miel , il confiait à cette daine des détails qu'elle n'entendait guère; ne sachant rien refuser à une jolie femme , même à la sienne , des gens d'intrigues s'étaient rendus les maîtres en sous-ordre , et ceux-là sont les pires des maîtres; les auteurs se plaignaient (il est vrai que les auteurs se plaignent toujours}, leurs droits n'étaient pas fixés, ou quand ils l'étaient, les statuts qui les réglaient étaient méconnus ; ils parlaient, murmuraient, réclamaient, mais leur voix se perdait dans le désert. Les intéressés , et le plus souvent les intéressées , d'après leurs caprices, faisaient marcher les traités, ou même en créaient de nouveaux. Quand une main blanche et potelée avait avait guidé la plume du Maréchal , il croyait que ces traités étaient les siens; se plaignait-on des abus, il répondait : — Bah! bab ! si ça ne va que mal , ça va aussi bien qu'à la Comédie-Française.

Veut- on savoir comment maintes fois il augmenta sa troupe, et de qui il acceptait des sujets?

Malgré son âge, ce seigneur avait conservé l'habitude de monter à cheval , et deux fois la semaine il prenait pour but de sa promenade , le château de Monseigneur de Beau • mont, à Conflans. 11 mettait une grande régularité Jaris cet exercice, et ne changeait jamais ses jours : les mererc-

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