‹ Mémoires de Fleury de la Comédie française (volume 2)Chapitre 258 sur 279 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

que je savais que c'était cet instrument qui avait fait pencher un peu de côté la tête de mon modèle; j'appelai , sans égard pour la différence de cas'e et de sexe , un matou qui m'appartenait , Alcmène , du nom de la chienne favorite de ce guerrier ; je faisais enfin de véritables folies pour me battre les flancs quand un jour je m'avisai de jeter les yeux sur une anecdote qui m'avait été particulièrement recommandée et que pourtant j'avais négligée. Tout à coup je suis sur la voie , je m'écrie , je frappe clans mes mains : j'avais trouvé!

Ce document est précieux; j<" le crois inédit, il l'était du moins alors; je le donnerai d'abord, et je dirai quelles pensées il me fit venir.

On sait que le héros du Nord aimait à couvrir ses nombreux trophées des guirlandes du poète , non pas , d'après ma pensée , et d'après ce que je pus en apprendre de ceux qui l'avaient vu dans l'intimité, que. ce genre de succès le, flattât autant qu'on l'a publié ; mais il savait qu'en se faisant homme de lettres français \l entraînait ainsi les seules voix qui alors parlassent de gloire du vivant du souverain, et qu'en consentant à se faire un bel esprit du troisième ordre, il aurait à Paris tout un peuple de beaux esprits du premier rang; en conséquence , il se rendit familiers tous nos auteurs, il savait Boilean par cœur, citait à tout propos Racine, aimait Corneille et commentait Rousseau.

Il avait fait sur ce dernier poète un travail particulier; il avait récrit à sa manière une partie de ses odes, et ce qui me donna l'éveil dont je viens de parier, fut le morceau que je vais citer, travaillé au moment décisif où se jouait le sort de deux nations.

Ce morceau était figuré de la manière suivante , il avait été calqué par M. 'le Catt , ami et secrétaire du roi.

Du 29 août 1758, à neuf heures du soir, veille de la bataille ds Zendorf.

i7(i MEMOIRES DE FLEURY.

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