CHAPITRE XXXVI
Du reste, les Parisiens méritèrent, eux ausssi, rî'clre canonisés en niasse. Jamais peut-être on ne vit une telle activité' pour soulager les malheureux : toutes les classes aisées tle la société y contribuèrent ; les artisans même rctranchèrtnt de leur journée de travail pour apporter à la niasse commune.
Avant d'en venir à une coutume fort touchante, qui s'établit pendant au moins six mois, et qui tient plus que toute autre circonstance à ma liaison avec Mme de Sainle-Amaranlbe , je dirai deux anecdotes que je certifie, et qui justifieront de l'émulation générale. Voici la première :
Un jeune abbé sortait àe notre représentation de Coriolan ; une iille l'aborde , et lui fait une proposition très aimable et toute dans l'esprit de son état. Il double le pas; la belle insiste , et le happe par la manche :
— C'est insupportable ! laissez-moi donc enfin, dit-il. — Comment , monsieur, vous ne pouvez vous en défendre. Aujourd'hui, ajouta-t-elle en montrant notre affiche, c'est pour les pauvre».
Et ce qui étonnera en effet plus que le mot, qui est fort bien trouvé, c'est que ces malheureuses donnèrent pendant deux jours les trois quarts de leurs recettes; qu'elles se firent plus aimables, mieux parées, et crurent leur conscience engagée à faire tomber plus que jamais dans le péché leur genre de public.
Voici la deuxième anecdote :
Dans la Vieille rue du Temple on lisait, en vrai style d'inscription , sur l'enseigne d'un cabarclier :
CHEZ FOTREL,