TOME II. U
362 MÉMOIftES DE FLEUP.Y.
Est-ce quMl n'y en avait pns vingt qu'on citait (1) pour avoir été comédiens eux-mêmes ou directeurs de troupes, connus pour jouer encore dans les sociéte's, et avec nous, dont ils e'iaieut les Lolives ou les Laflèciie, chez Savalette, chez Guiniard et ailleurs! E^t-ce que leur monarque, le garde des sceaux, le grnad Hue d." Miromenil, n'étudiait pas sous Dazincourt, dépouillant la pourpre magistrale ponr endosser le casaqu<^ des Froutins, ou le niantidet des Mascarilles' Et c'était eu ces jours d'indulgence universelle qu'on usait d'ime telle intolérance! Ah, la révolution n'est pas si fort à blâmer. Je... Chut! ce serait avoir payé trop cher une place au tableau.
Nous aurions voulu voir François de Neufchriteau entamer une discussion publique avrc les Minos de l'ordre; tout Paris le désirait avec nous; même eu succombant il s'honorait. Mais ce coup Faccabla ; il partit de Paris, acheta une charge dans un petit bailliage de Lorraine , et y ensevelit -ses espérances de fortune et cette sève de talent à latiuelie il faut pour vivre et produire le sol de Paris et sa chaude atmosphère. Trisleet déplacé, il traînait, au milieu des ambitions d'une petite ville, une ex.stence minutieuse et monotone, quand sa pauvre jeune femuu', affligée d'être la cause unique du malheur qui pesait sur cette destinée, l'affranchit par sa mort. Une lente maladie l'emporta.
Voilà le jeune avocat de retour ; il est de nouveau sur la scène où se font les réj)ut;ilions; il travaille à reprendre un rang que l'intolérance lui ravit. Mais lors de son départ, pressé d'acquérir sa charge, il la paya trop cher: il ne lui reste que sa plume et le don de parler avec aisance. Sa position était intéressante; veuf depuis !ong-ten»ps , ses amis pensent à lui faire faire un second mariage. François de Neufchaleau est présenté; bientôt il aime, il rst ainui ; le passé peut s'oubLer. Tout est d'accord : les parcns se
(I) Voyez LingiîCt.