CHAPITRE V. J
les fenêtres du rez-de-chaussée , et pénètre dans Tintérieur par toutes ces issues. Le feu vient de cesser; on cherche l'assassin, d'abord en bas, puis dans les chambres supérieures. La foule suit; elle s'amoncèle de toutes parts et jusque dans les combles, et quand la maison en est ainsi surchargée, voilà qu'une njine souterraine éclate avec un épouvantable fracas , et l'édifice , lancé tout entier dans les airs, retombe en débris , pêle-mêle avec des lambeaux de membres déchirés et sangla ns.
Le furieux qui conçut et cxécula une aussi atroce vengeance en fut lui-même la victime ; on ne trouva pas une parcelle de ses restes (1).
Préville au commencement de l'action se trouvait exactement en face de la maison , et essuya le premier feu, mais sans être atteint; seulement il ressentit à l'œil gauche une forte commotion suivie d'une vive douleur; il y porta la main ; elle ne se teignit pas de sang; on ne découvrit nulle tr.ice exlérieure d'une lésion quelconque, et pourtant l'œil n'y voyait plus. Les médecins appelés dirent qu'une balle avail frôlé la pupille el paralysé le nerf optique : quoi qu'il en soil de celle explication , Préville , resté borgne , eut à se féliciter d'avoir échappé, dans cette affreuse bagarre, à la mort qu'il vit de si près ce jour-là.
Ce fut quelques jours après cette terrible aventure que je m'acheminai vers Sentis mou petit projet en tête, el toutefois pour ne pas aborder la chose brusquement, cette première visite fut suivie de plusieurs autres.
(I) Cette caïastrophe vivra toujours dans la mémoire des habilans de Senlis. L'emplaci^mrnt de la maison du scélérat voue à l'exécra lion publique fut désignée par une inscription qui doit y être encore.