CHAPITRE VU
nu balcon , murmures que je ne comprends pas ; le public sait quelle espèce de con])-d'œil j'ai ; je regarde l'importun à ma manière, son attention se porte aussi sur moi ; cependant il se partaj;e entre Andrews qni parle, et niilord Bonfil ; il a l'air de me dire: — «Tu auras ton tour. » Tout cela marche rapidement ; ce petit dialogue entre quatre yenx laisse passer quatre vers. Andrews continue :
Eh! qu'importe qu'on soît protestant ou papiste! Ce n'est pas dans les mois que la vertu consiste, Pour la morale au fond votre culte est le mien. Cette morale est tout et le dogme n'est rien. Ah! les persécuteurs sont les seuls condamnables. Et les plus tolérans sont les plus raisonnables.
Je saisis vivement la re'plique comme on attrape la balle au bond , et mettant d'abord dans mon coup-d'œil un : « prenez-le comme vous le voudrez , » je jette à la tête de notre attentif mon vers bien isole' ;
Tous les honnêtes gens sont d'accord là-dessus.
— C'est insupportable ! s'e'crie l'homme en se drossant ; non ! non !... et son regard ajoutait ensuite : Non , citoyen Fleury !
— Vous re'pétez des vers qu*on a retranche's et qui sont défendus! continua-t-il en furie.
Je m'arrête sur la scène , et , les yeux braqués sur lui , le tenant en respect , je réponds :
— Non , monsieur ! je joue mon rôle comme il a été approuvé par le coniilé de sûreté générale; puis , saluant le public tout stupéfait de la scène: — Faut-il continuer, messieurs? faut-il faire cesser le spectacle? — La pièce ! la pièce ! dehors, dehors l'interrupteur ! s'écrie-t-on d'un élan général. — Vous voulez donner raison aux modérés , hurle l'homme en frappant sur le balcon. La pièce est contre-révolutionnaire !