‹ Mémoires de Frédéric Perrenot, sieur de Champagney, 1573-1590; avec notice et annotationsChapitre 18 sur 37 · XXI. — GOUVERNEMENT DU DUC DE PARME · texte numérisé non relu

XXI. — GOUVERNEMENT DU DUC DE PARME

Dès le commencement de cette année, Champagney avait négocié activement la réconciliation de Gand; il avait même signé un traité préliminaire, au nom du prince de Parme, avec les quatre membres de Flandre, Rybove et le magistrat. Il contribua, paraît-il, à faire obtenir des conditions favorables aux habitants \ Alexandre Farnèse l'accueillit avec bienveillance et lui confia le gouvernement du château de Gand, où fut placée une garnison wallonne.

C'est à cette môme époque, qu'il semble se réconcilier avec son frère le cardinal de Granvelle, ou du moins se disculper à ses yeux\ La conduite du car-

* Documents inédits, II, 330, 331, 341, 348, 410, 412,413.

* Analyses de don Anselme Berthod. Doctiments inédits, II, 425, 431, 433.

* Lettre du 21 septembre 1584. Analyses de don Anselme Berthod. Le cardinal de Granvelle, en quittant la vice-royauté

' NOTICE. iMXii

dinal avait été pleine d'égoïsme et de dureté envers Champagney. Jaloux de la faveur royale, et évitant avec soin tout ce qui pouvait l'altérer ou la faire perdre, il l'abandonne dès qu'il a encouru le mécontentement de don Juan ; il repousse toute solidarité avec lui ; il proteste que son frère ne suit plus ses conseils, depuis longtemps, et sans vouloir ni l'absoudre ni le condamner, il affirme que sa faute ne peut s'imputer à ses collatéraux'. Courtisan avant tout, il voudrait le voir « du coustel du maistre, avec « contentement de Sa Majesté et de son Altesse et « qu'il fût bien justifié *;.... Il s'est fait du mal beau- « coup pour estre tant de son opinion , et sont les « choses en termes qu'il est dangereux de se mêler de « ses affaires'.» Alors même que Champagney subit une détention dangereuse, aux mains de ses ennemis, loin d'aider à son échange , à sa mise en liberté, il annonce qu'il n'en parlera pas au roi et qu'il ne le reconnaîtra pas pour son frère, aussi longtemps qu'il ne se sera pas disculpé*. Enfin, gorgé d'immenses richesses, il le laisse languir dans la misère, pendant de longues années. Si, comme certains écrivains le

de Naples, était allé à Rome. Il fut appelé en Espagne au mois de mars 1579, et y arriva au commencement du mois d'août suivant.

• Analyses de don Berthod; Lettre du 20 novembre 1577.

* Analyses; Lettre du 8 juillet 1578, au prieur de Bellefontaine.

* Lettre au même du .S mars 1579.

♦ Lettre au conseiller Funck du 3 février 1582.

xc NOTICE.

prétendent ' , ce dernier avait manqué de déférence et de gratitude envers lui, le cardinal en a tiré une cruelle vengeance et lui a fait durement expier sa faute.

Champagney rappelé au gouvernement d'Anvers (1585), eut l'adresse de persuader aux habitants de demander eux-mêmes la reconstruction de la citadelle^ Il espérait, par ce service, en obtenir le commandement ; mais Alexandre Farnèse voulait y placer une garnison espagnole, sous un chef sûr et dévoué ; il se réserva d'abord ce commandement, puis le confia à Christophe de Mondragon. Bientôt aussi le prince crut utile de restituer ses anciennes franchises à la ville d'Anvers et ses attributions au magistrat; par là, Champagney se trouva « petit à petit « débouté du gouvernement susdit » (août 1587), et dut reprendre sa place de chef au Conseil des finances, tout en protestant que « demeuroit en son « entier, la patente qu'il avoit de gouverneur'. » Au commencement de l'année 1588, il fut l'un des commissaires aux conférences tenues à Bourbourg, avec les envoyés anglais*. Cette marque de con-

' Don Prosper Levêque, Mémoires pour servir à l'histoire, du cardinal de Granvelle, 1, 193. — Papiers d'État de Granvelle.

* Strada, liv. V. — Méinoire de 1591, ci-après, 328.

' Mémoire précité 1. c. — Lettre du 22 mars 1.588 du magistrat d'Anvers au duc de Parme, Archives de l'atidience, lias.se 265. — Mss.n» 15,888, f» 35, 36.

* Archives de l'audience, liasse 265, lettres du duc de Parme au comte Charles d'Arenberg et au sieur de Champagney.

NOTICE. xci

fiance ne put calmer le mécontentement profond que lui inspiraient et son exclusion du commandement de la citadelle et la perte du g-ouvernement d'Anvers ; il s'était rangé au nombre des détracteurs les plus ardents du duc de Parme*; ses plaintes amères et ses critiques violentes, dont les mémoires traduits de l'Espagnol que nous publions à la suite de VAréfophile, sont l'expression, avaient été mises sous les yeux du Roi et ne pouvaient rester ignorées du prince. Celui-ci à son tour, blessé de la conduite de CLampagney* annonçait au roi, dans une lettre datée de Spa, le 12 juillet 1592, qu'il serait obligé de l'éloigner de Bruxelles « vu que c'était « un personnage plus disposé à mettre l'altération « et la confusion dans les affaires que d'y établir « le calme et le bon accord'.» Cette menace ne tarda pas à se réaliser, et voici en quels termes lui fut notifié l'ordre de quitter le pays : « Monsieur de Cham- « pagney, comme vous n'avez obéy au commande- « ment que je vous fis l'année passée, de la part du

mars 1588 — Bentivoglio lib. XIV. — Bulletins de la commission royale d'histoire, 2« série, XII, 332-343.

' « Famce ejus detractores, quos inter Campiniacus fuit »

Grotius.

- Bulletins de la commission royale d'histoire, 2= série, XII, 3-15.

* « Por ser persona mas inclinada à confundir y alterar las « cosas, que à acomodarlas y aquietarlas. » Archives de Simancas, Estado, leg. 602. Nous devons la corumunication de ce document inédit et celle du suivant, à l'extrême obligeance de M. Gachard, archiviste général du royaume.

^n« NOTICK.

« l\ov inonsoig-iioiir. pour vonir lo sorvireii France', « et Um pour coin qiio pour quelques nulfres raisons » que je ne veulx jn*i''senfenicnt vous (kH'lairer, vous « ordonuonsi de sortir de reste ville de Bruxelles, « dedans huict jours, de la date do ceste, pour vous « oncluMuiiuM- (Iroict vers vostre maison en Bourgoi- « j^ue, sans prendre^ aultre (]ue le droict rheniiu, ny « vous arrester quelque part que ce soit, et d'estro « liors de ces pays et du duclu'' de Luxembourg- dix « jours apr6s; et, arrivi^ audict IVnirg'oigne, n'eu « bougerez que n'ave/, .lullrc ordre de Sa Majesté « ou nostre. l"]t vous garderez d'y tnirc taultc. pour « non me mVessiter ti venir ù aultres termes ; car « telle est la volunti^ de Sa Majest<.V Faict h Bruxel- « les, le 11 il'ocfobre ITiiVJ'. »

Chevalier d'iuuineur au parlomcul de Dôle, depuis ir>72, il nlla s(> {\\cv dans cette ville, où sou esprit inquiet et remuant ne lui juM'uiit pas de vivre dans le calme et \c repos.

§ WIU. sus ÛORITS, SON CARACTl^RK. SA MORT.

,En qualité dt' c]\v( dor^ linances, Cliampagney prétendit se mOler île l\-ulministralion des domaines

' « C.tXX) llvn^s à FrMt''rio do Grain i^llo, IVM-nMUit. baron do o Ronalx. soi^nour do Clinmpajïnoy, ohof dos Hiiiinoos du Koy,

• pour subvenir aux frais du voya^ro do Kranoo, où il a ou ordro

• do suivTO Son Alfosso. — Douxit'^mo oompto doUioliard d'Als- <t choidt, du l" janvior nu ÎU dtV'onibro l.V.)!. » IfuUcfois de la commission ivj/<il( ti'histoitY,^'' »Mo, I, 146.

* .iixÂiv(s d* Simanca^, EsUido. log. 002.

rovaux de la Bourgogne , coaçistant en terres, boLs et salina? ; il voulut corrig-er les abus qui s'y étaient introduits; mais l'on contesta son autorité* et il engagea des lattes , à ce sujet, avec la Chambre des comptes, même avec le Conseil des finances. Il ne tarda pas aussi à se mettre en hostilité ouverte avec le gouverneur de la province, Claude de Vergy, comte de Champlitte*.

Le duché de Bourgogne avait été l'une des premières provinces de France, où l'on avait vu les catholiques s'unir par ce qu'ils appelaient la sainte ligue; les opinions religieuses de Champagney assurèrent toutes ses sympathies à cène puissante association, et, dès son retour en Franche-Comté, il entra en relations suivies avec les ligueure ; il devint le principal agent de leurs menées dans les contrées voisines de cette province*.

n entretenait une correspondance très-active et très-étendue avec les Pays-Bas, avec l'Espagne et la France ; les originaux de ses lettres, réunis en six volume et conservés à la bibliothèque de Besançon, ont été analysés par don .AiL^lme Berthot. On y rencontre un nombre considérable de mémoires, adressés au Boi, à son ministre, don Juan Idiaquez, aux gouverneurs généraux, le comte de Fuentes et

' Lettre du 27 janTier 1.5fti. Don Anselme Berthod.

* Lettre du 9 janvier 1595. 1. c.

* Lettres, des 23 arri] , 6 octobre et 2 décembre ITj&i.

NOTICE

l'archiduc Ernest et à d'autres personnages influents. L'auteur donne des détails sur sa vie; il présente l'apologie de sa conduite et de ses services passés ; il exhale des regrets continuels sur son départ des Pays-Bas et son renvoi en Bourgogne, qu'il considère comme un exil ; il se plaint des restrictions apportées à son autorité de chef de finances, de l'ingratitude de Philippe II ; il déplore la perte de sa fortune et sa pauvreté. Dans d'autres enfin, il formule des projets de réforme, donne des conseils sur les événements et trace au gouvernement la marche à suivre' . Par les souvenirs du séjour de Champagney dans nos provinces qu'ils évoquent, ces mémoires semblent offrir des renseignements précieux pour notre histoire, à en juger du moins par les analyses trop succinctes de don Anselme Berthod.

Nous regrettons de n'avoir pu en prendre connaissance, afin de compléter les documents puisés à la Bibliothèque royale de Bruxelles , et renfermés dans ce volume ; espérons cependant que ces derniers ne seront pas sans utilité, pour l'étude de

* Il parait que c'était chez lui une habitude contractée depuis longtemps : « Toutes les lettres qu'il escrit la part susdicte sont « ordinairement plaines de discours, entre aultres s'en est vue « une, il n'y a pas longtemps, où il concludoit que puisque les « emprinses sur le comté de Bourgoigne estoient faillies et rom- « pues que le pays ne se povoit aulcunement maintenir en « guerre contre, le Roy et que nécessairement falloit entendre « k la paix. » Lettre du 15 décembre 1578. Arch. gén. Réconciliation desprovinces wallonnes, II, 160.

NOTICE. wv

l'époque si agitée à laquelle ils se rapportent. Le a Discours sur V estât des Pays-Bas et son redresse- 4 ment, do7iné an duc de Medhia Celi, lorsqu'il j)(irtit « desdits pays, rers Espagne » exprime franchement l'opinion d'un fonctionnaire d'un rang élevé sur les fautes et les abus du gouvernement du duc d'Albe; les deux discours traduits de l'espagnol, à part la passion de l'auteur , fournissent des données peu connues sur l'administration d'Alexandre Farnèse; enfin les lettres, écrites par Cbampagney pendant sa mission en Angleterre, sont intéressantes pour l'histoire de ce pays, comme pour la nôtre.

Le recueil d^ ArétojjMle publié sous le voile de l'anonyme, selon l'usage assez ordinaire du temps, doit être considéré comme l'œuvre de Cbampagney. Il n'y a aucun doute pour ce qui concerne la relation de la mutinerie des Espagnols, en 1574, puisque l'original, en langue castillane, est aux archives de Simancas ; ni pour l'exposé du sac d'Anvers, présenté par lui-même aux Etats généraux le 13 avril 1577. Quant à f avant-propos, ou avis au lecteur, s'il en a confié la rédaction à un autre, comme le porte le texte, ce qui est peu vraisemblable, il en a fourni tous les éléments; nous devons ajouter que, de son temps, on lui attribuait cette publication toute entière ' . Il est superflu de faire remarquer son im-

' « Il a faict imprimer ung livre faict naguères, à sa justifi- « cation, qu'il appelle VArétophile, cest-à-dire l'amateur de la

XCTI NOTICE.

portance historique; M, Motley dit avec raison que « c'est la meilleure autorité pour le récit détaillé « de la Fîirie espagnole^ » Enfin, la rareté de cet a écrit justifie sa réimpression dans ce recueil.

Dès sa tendre jeunesse, Frédéric Perrenot avait montré des dispositions si heureuses, que son père l'avantagea par son testament, « en considération « de la bonté de son caractère et de son application « à l'étude ^ » Son instruction, sa capacité et ses talents, attestés par le duc d'Albe, par Requesens et par ses contemporains', ressortent encore de ses divers écrits et de sa conduite, comme militaire, magistrat, homme politique, diplomate et financier. Son caractère, en se développant, perdit de cette bonté qui charmait, paraît-il, le chancelier de Granvelle : il devint vif, impétueux, entier, mais resta franc et sincère ; au lieu de la souplesse et de la prudence cauteleuse de son père et de ses frères (le cardinal et Chantonay) , il apportait dans ses relations et dans sa correspondance, avec ses supérieurs, une fermeté et une indépendance qui étonnent, sous un régime aussi absolu que celui de Philippe II. Sa

« vertu... » — Lettre précitée du 15 décembre 1578. — Papiers d'État de Granvelle, notice préliminaire, XIII-XVI.

• La Révolution des Pays-Bas au XV I^ siècle, III, 356, édition de MM. Jottrand et Lacroix, Bruxelles, 1860.

2 Don Prosper Levêque, 1, 193.

* « Sa seigneurie a esté depuis par sa vertu et grand savoir " eslu encore à plus grand degré, comme il est présentement « (1588), chief des finances de Sa Majesté. » Mss. n" 15,888, f» 35.

NOTICE. icvii

perspicacité lui faisait juger sainement les hommes et les choses ; il était guidé par des intentions honnêtes , mais ses avis , exprimés avec vivacité et une conviction passionnée, excitaient le mécontentement et étaient rarement écoutés. Impatient lui-même de la contradiction et de la résistance, il semble voué, par sa noble nature, à l'opposition'; au temps du duc d'Albe et de Requesens, il lutte contre eux en faveur d'Anvers et des libertés nationales ; sous don Juan, il suit le parti des Etats généraux; enfin, sous Alexandre Farnèse, il est de la faction des Mansfelt*, et figure au nombre des adversaires déclarés du duc; ce qui fait dire à don Anselme Berthod « qu'il n'a « jamais joui de la confiance de ceux qui étoient à « la tête des affaires. » Le bon bénédictin ne se doute pas qu'il fait, en quelques mots, le plus grand éloge de Champagney. Qui doncvoudrait aujourd'hui avoir mérité la confiance de ces lieutenants de Philippe II? Cependant on se demande comment, malgré les griefs articulés par des personnages aussi puissants, malgré ses demandes réitérées de congé , et l'abandon de son frère le cardinal, il a été maintenu aussi longtemps en fonctions? N'y a-t-il pas lieu de croire qu'une société célèbre, qui fut l'àme de la ligue et à laquelle il se dévoua, le protégeait secrètement, auprès du Roi?

' « Champagney, — homme d'une noble nature. » M. Motley, La Révolution des Pays-Bas au XV I" siècle, I, 521. ' Analyses de don Berthod ; I, 155, 309.

xcviii NOTICE.

Le courage, vertu commune cliez les hommes si fortement trempés de son temps, ne lui fit pas défaut : il en donna des preuves dans toutes les circonstances de sa vie agitée ' . Les accusations d'improbité et de concussion, lancées contre lui, par les protestants, n'ont pas été prouvées; elles tombent devant le dénuement et la pauvreté des dernières années de sa vie. Il avait des travers, sans doute : vain et présomptueux, il cède souvent au besoin de se faire valoir, de s'attribuer un crédit, une influence qu'il ne possède pas, et d'exagérer l'importance de ses actions ; emporté par un zèle imprudent, il est difficile, tracassier et ne reste pas toujours dans les limites de ses attributions. Mais ces travers et les fautes où ils l'entraînent, ne doivent pas rendre injuste à son égard : ses luttes énergiques en faveur d'Anvers, son dévouement à nos provinces, les services qu'il leur a rendus, sa haine des Espagnols* et ses efforts pour en délivrer le pays, lui donnent des titres aux sympathies et à la reconnaissance des Belges.

• M. Motley , Révolution des Pays-Bas au xvi« siècle, III, 360, 425.

2 Malgré la vivacité de cette haine, les Espagnols rendaient eux-mêmes justice à la loyauté chevaleresque du caractère de Champagney; ainsi Gaspard de Robles, sieur de Billy, prisonnier en Frise, demandait à être confié à sa garde et lui écrivait de Zwol, le 22 mars 1577, en ces termes : « Comme je tiens « Vostre Seigneurie ung de mes plus principaulx seigneurs et « amys et que j'espère que en ce mien désastre, non venu par « ma faulte, icelle ne mectra diminution en la faveur que tant « de foiz j'ai reçeu de sa main, je n'ay voulu laisser de supplier

NOTICE. i«;ix

Il ne faut pas s'étonner si , après son retour en Bourgogne, son esprit aigri et mécontent lui dicte sans cesse des doléances et des récriminations. Il était attaché aux Pays-Bas, non-seulement par la naturalisation et une longue résidence mais encore par son mariage ; il avait épousé, à Anvers, par l'influence du duc d'Albe', une riche veuve, Constance de Berchem, dont il eut une fille unique, Hélène Perrenot, mariée, en 1599, à Emmanuel -Philibert de la Beaume, comte de Saint-Amour, Il avait eu aussi un fils naturel, tué, le 29 janvier 1574, au combat naval de Romersw'ael\ Il est mort lui-môme, à Dôle, en 1600'.

« humblement Vostre Seigneurie vouloir estre mon interces- « seur, affin qu'il plaise à messeigneurs du Conseil d'Estat m'oc- « troyer la requeste, que présentement je leur fay, de pouvoir « seurement estre à Bruxelles, soit es mains de messeigneurs le « duc (d'Aerschot) , marquis de Havrech, ou Yostre Seigneurie,

« jusques ad ce que je auray rendu compte » Werken van hei

historixch genootschap, gevestigd te Utrecht. M. J. Diegerick. Lettres inédites de Gilles de Berlaymont , 203, 205.

' Don Prosper Levêque, I, 193,

- Correspondance de Philippe II, III, 16.

* GoUut, République séquanoise, 1760.

Bruxelles, le 15 février 1860.

A. L. P. DE ROBAULX DE SOUMOY.

DE

SIEUR DE GHAMPAGNEY

RECUEILS D'ARETOPHILE

DE

SIEUK DE CHAMPAGNEY

RECUEILS D'ARÉTOPHILE

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