XXXIV NOTICE SUR LA VIE DE GARAT
l'Assemblée sur 1 état de Paris. On demande dans les sections et dans les clubs la tète de vingt-huit députés , mais ces motions ne paraissent pas devoir être acceptées. 11 se fait dans le sein de la commune d'autres motions insurrectionnaires, mais on les fait dans labsencedu maire : lui présent, elles sont repoussées avec indignation. « Je vous demande a si des propositions repoussées avec indignation peuvent ce être appelées un grand complot ! » (Applaudissements delà Montagne et des tribunes). Les mouvements actuels tiennent à l'arrestation d'Hébert; mais le peuple, habitué à la liberté illimitée de la presse, n"a-t-il pas dû s'étonner que la commission des Douze ait montré tout à coup tant de délicatesse? On dit qu'en ce moment même la Convention est assiégée; mais cependant lui, le ministre, s'il na pu entrer par cette porte a pu entrer par cette autre. Un député prétend qu'il a été insulté : c'est que parmi les citoyens il s'est glissé un aristocrate. « Il est de l'intérêt de nous tous, de « l'intérêt de la république, que la Convention délibère avec « calme et liberté. Dans la commission des Douze, j'ai fait « une proposition que je crois propre à assurer la tranquil- « lité de la Convention. Je vais la répéter ici. Je propose « que la Convention, précédée des autorités constituées, se « porte au lieu des rassemblements et qu'elle ouvre les a flots du peuple; s'il y a du danger, je serai lepremier à le « braver. ^Non il n'y en a pas, s'écrie-t-on dans la partie gaucc che.j Je ne parle pas d'un danger que peut faire courir un « aristocrate, un assassin, mais d'un danger qu'il y aurait à ce craindre delà multitude. (On applaudit vivement dans les ce tribunes.) Croyez- vous que ces sans-culottes qui applaucc dissent aux assurances que je donne de leurs sentiments ce y applaudiraient s'ils avaient dans leurs cœurs des intena tiens criminelles? (Mêmes applaudissements.) Je termine ce par une seule considération ; elle tend à faire disparaître
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u tous les soupçons. J'ai interrogé les sentiments secrets de û quelques membres de la commission des Douze; eh bien ! « je me suis persuadé qu'ils ont l'imagination frappée: ils « croient qu'ils doivent avoir un grand courage, qu'ils doia vent mourir pour sauver la république ; ils ont paru dans « des erreurs qui me sont incompréhensibles. (On applaudit « à plusieurs reprises dans la partie gauche et les tricc bunes.) Je le répète à la Convention, elle n'a aucun dan- « ger à courir ; vous reviendrez tous en paix dans vos r^ domiciles. » Quelques jours après, la Convention, de nouveau assiégée, voyait ses principaux membres arrêtés, mis hors la loi, sous l'œil et sur l'ordre de cette multitude dont Garât préconisait les bonnes intentions.
Garât s'était trompé, mais il s'était trompé pour n'avoir pas apphqué ses raisonnements psychologiques, fort justes et fort exacts en eux-mêmes, à tous les éléments de la situation: la logique des passions avait amené plus rapidement qu'il ne prévoyait un dénoùment qu'il ne désirait pas. Il aurait voulu que les principaux membres de la Convention se frappassent mutuellement d'ostracisme; mais les choses ne se font pas en politique aussi régulièrement. II sentit ce que sa position avait de faux, et offrit, quelques jours après le 2 juin, sa démission. Il la retira sur les instances de Danton; maison restant il refusa de s'associer au 31 mai par une approbation publique, et se refusa à écrire une circulaire aux administrateurs pour justifier le coup d'Etat de la Montagne, ce qui lui attira beaucoup d'attaques à la commune et aux Jacobins , au point que Danton lui-même dut l'en blâmer à la tribune du fameux club. « Le ministre ce Roland, dit-il, perdait l'esprit public par ses écrits; le mice nistre Garât a une autre manière de le perdre : il n'écrit « point. » Garât, pour répondre à l'invitation menaçante de Danton et des clubs, rédis-ea une circulaire, sorte de mémoire