‹ Mémoires de GaratChapitre 100 sur 213 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Opinion de trois membres du côté droit sur ce qu'était le comité d'insurrection. — Si sous ce nom la Convention avait entendu désigner les Jacobins. — Discussion à ce sujet avec Louvet. — Nouvelles causes de haines et de ressentiments entre les deux côtés de la Convention nationale. — Bruits qui se répandent de complots homicides. — Établissement de la commission des Douze. — Du caractère de ses membres. — Ses premières opérations ; effet qu'elles produisent.

Tandis que je cherchais partout un comité dit d'insurrection , et que je le demandais un jour au comité de défense générale, composé en grande partie des membres du côté droit, un membre de ce comité me dit : u Je m'étonne que vous cherchiez avec tant de peine et si peu de fruit le comité d'insurrection. Il est dans les sections de Paris, il est dans les Jacobins. »

Je fus étonné, je l'avoue. Je ne l'aurais pas été du tout si on m'eût dit que les germes, les ferments et les instruments des insurrections étaient dans les Jacobins et dans les sections : je savais qu'en penser, et on savait ce que j'en disais ; mais qu'un membre de la Convention et du comité de défense générale m'assurât, au milieu de beaucoup de ses collègues, que par le comité dit d'insurrection, dont je devais sceller les papiers et les registres , dont je devais arrêter les membres, c'était la société populaire des Jacobins et les sections de la commune de Paris qu'on m'indiquait, je ne pouvais le comprendre ; je ne pouvais revenir de ma surprise; je pensais que c'était là une de ces assertions échappées à la chaleur et à l'irréflexion de la parole.

Le même jour ou le lendemain, je reçois un paquet; dans ce paquet était un billet de quelques lignes et plusieurs feuilles d'un journal.. J'ouvre le billet et j'y lis ces mots :

(( J'envoie au citoyen Garât un journal où il (( verra le foyer où se prépara le complot d'as- H sassinat des membres de la Convention. Ou « c'est l'évidence, ou rien ne sera évident. Je (( rappelle au citoyen Garât que la postérité est

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