‹ Mémoires de GaratChapitre 101 sur 213 · CHAPiTRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPiTRE NEUVIÈME

(( là qui l'attend pour le juger sur sa conduite « dans cet événement. Une foule de preuves (( sont sous sa main. »

Je parcours les feuilles, et j'y trouve les extraits de quelques discours improvisés avec une grande violence aux Jacobins par Lejeune, par Garnier, par Bentabolle, par Legendre.

Je commence à croire qu'on veut sérieusement me faire prendre les Jacobins et un grand nombre de membres de la Convention nationale pour le comité dit d'insurrection, dont il m'était ordonné de faire mettre les membres en état d'arrestation.

Très-peu de jours après paraît une brochure d'un membre de la Convention qui ne devait plus me laisser aucun doute là-dessus : il désignait formellement les Jacobins, leur rue, le lieu de leurs séances.

Le membre du comité de défense générale , c'était Guadet; l'auteur du billet, c'était Brissot; et l'auteur de la brochure, Louvet.

De ces trois représentants du peuple , les deux premiers ont péri indignement sur l'échafaud ; le dernier n'a échappé aux assassins que par une suite de miracles.

0 vous qui survivez à tant d'innocentes vic-

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times, qui réunissez sur vous l'intérêt que tous les siècles attacheront à leur mort et celui qu'ils attacheront à vos dangers et aux malheurs de la république naissante ! c'est donc avec vous seul que je puis entrer aujourd'hui dans l'examen d'une opinion que tous les trois vous avez partagée! Je l'ai aperçue et sentie comme il convenait, cette réserve délicate qui, dans l'histoire de vos malheurs, vous a empêché d'adresser un seul reproche à un homme contre lequel des circonstances jamais éclaircies pouvaient vous inspirer beaucoup de ressentiments. Je vous conjure donc, et avec la certitude que vous ne rejetterez point ma prière, je vous conjure de ne vouloir pas vous servir de tout ce que vous avez souffert pour ajouter une autre autorité que celle de la raison à ce que vous avez pensé. Songez que dans la personne même de quelques hommes dont la vie et la mort ont révélé et inspiré de nouvelles vertus au cœur humain , de grandes douleurs ont servi à consacrer sur la terre de grandes erreurs; songez que, plus qu'un autre, vous êtes obligé, pour le reste de vos jours, à ne rien croire qui ne soit vrai , à ne rien dire qui ne soit digne de vos augustes malheurs ! La

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