CHAPITRE DIXIÈME
bord à l'Assemblée des causes les plus prochaines de l'agitation qui régnait; je lui présente, comme la première et la plus puissante, le bruit répandu d'un complot formé à la mairie de faire égorger les vingt-deux, et de publier qu'ils avaient émigré. J'assure à la Convention qu'en effet des propositions atroces ont été faites à la mairie, une première fois dans l'absence du maire ; qu'elles ont été reproduites une autre fois en sa présence, mais qu'il les a repoussées avec indignation, et qu'elles ont été couvertes de toute l'horreur qu'elles méritaient. Je conjure la Convention de considérer que des propositions exécrables, mais rejetées avec exécration, ne sont pas plus un complot affreux qu'une motion affreuse n'est une loi détestable ; j'insiste surtout pour qu'on ne répande pas l'horreur d'une proposition atroce sur l'homme précisément par qui elle a été principalement repoussée.
J'affecte ensuite de parler en même temps de la puissance de la Commune et de l'arrestation d'Hébert. J'étais sûr par là de réveiller dans l'esprit de beaucoup de membres du côté droit des souvenirs de beaucoup de vérités que je répétais sans cesse.
Ce n'était pas à un ministre à dire, sans aucun voile , qu'il fallait réformer l'organisation de la Commune ; on eût cru qu'il attentait aux droits du peuple et de l'homme , et pour paraître un agent de la tyrannie il n'aurait pas même eu besoin du nom de ministre.
Ce n'était pas à un ministre à dire, sans aucun ménagement, à la Convention ; Ce sont vos projires décrets qui ont élevé auprès de vous ce colosse qui vous menace. Mais voici ce que je lui disais à ce sujet, et on va voir que, si je le lui disais avec beaucoup de ménagement, je le lui disais aussi avec assez de clarté :
« Citoyens, je conjure la Convention natiof( nale d'écouter ce que je lui dis avec bienveil- « lance; il est impossible d'avoir des inten- « tions plus pures. L'une des causes de toutes ((les fermentations actuelles, c'est l'opinion, <( QUI s'accrédite , que la Commune de Paris (( veut marcher rivale d'autorité et de puis- (( sance avec la Convention nationale; et on « en regarde, on en cite comme des preuves (( les troupes et les contributions qu'elle lève «( comme eWe juge convenable ; et, en effet, le- (( ver des contributions, lever des troupes , ce (( sont là de véritables actes de souveraineté.