CHAPITRE DIXIÈME
« Mais j'ai peur, citoyen président, que la (( Convention nationale n'ait oublié elle-même (( la succession de ses décrets et leurs résul- « TATS. C'est elle, c'est la Convention natio- (( nale qui a donné en exemple et en modèle à <( tous les corps administratifs de la France le (( fameux arrêté du département de l'Hérault. « Eh bien ! cet arrêté , c'est un véritable acte (( de souveraineté î Par cet arrêté, le départei( ment de l'Hérault a levé six mille hommes, a « levé six millions. La Commune de Paris, en « exerçant les actes souverains , qui n'appar- « tiennent essentiellement qu'à la Convention, (( n'a point usurpé de pouvoirs : elle n'a fait (( qu'exercer ceux qu'elle a reçus de la Conven- (f tion elle-même. »
C'est immédiatement après ces paroles que je parle de l'arrestation d'Hébert.
Je déclare que je n'ai aucune connaissance personnelle de ce substitut du procureur de la Commune, mais que Pache et Destournelles m'ont assuré que, dans ses fonctmis de substitut, ils l'ont vu irréprochable. Je déclare que j^ ne connais point ses feuilles f/^/ Père Duchesne, que je ne les lis point, quej(? trouve ce langage
indigne d'un homme, et imr conséquent d'un magistrat; que j'tti naturellement une grande aver^ sion pour tous ces écrits ou Von parle de liberté dans un langage qui nest pas celui de la plus pure morale. Ici, comme j'allais rapprocher les excès du Père Duchesne de tant d'autres excès du même genre , de tant d'autres provocations sanguinaires , dissimulées par des législateurs en faveur de la liberté illimitée de la presse , et protégées par des législateurs même en faveur, je suis interrompu par un grand mouvement et par des voix qui criaient : // fait V éloge du Père Duchesne!... Je laisse passer le mouvement, et je reprends la parole en ces termes, ayant vis-à-vis de moi Marat, qui était debout au bas du président et des secrétaires :
« Il faut que mes paroles aient été bien mal
« comprises A-t-on pu croire que j'entre-
(i prenais l'apologie ou la défense de ces infâmes «( écrits où on propose le meurtre comme un « moyen d'assurer et de consolider la liberté ; « où, pour rendre le peuple libre, on veut le f( rendre furieux?... Et moi aussi j'ai fait un (( journal; j'en ai écrit un durant des époques (( de la révolution où toutes les passions