‹ Mémoires de GaratChapitre 112 sur 213 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

«' étaient déjà portées aux plus grands excès. (( Je n'y ai pas écrit une ligne que je ne doive <( me féliciter d'avoir écrite quand je serai sur (( les bords de ma tombe.... Toutes les pages (( y respirent au moins la morale d'un ami de (i l'humanité. Cette morale sortait tous les (( jours de ma plume, parce qu'elle était dans (( mon cœur. )>

Après ces considérations générales sur les causes de l'état où on était, j'arrive à cet état même ; je le décris comme je venais de le voir en parcourant tous les entours de la salle. Je dis, en propres termes, que la porte placée à gauche du président pouvait être obstruée et fermée par une foule de citoyens que j'y ai vus amoncelés ; mais qu'à celle qui est à sa droite, et par laquelle je viens de passer , les entrées et les issues en sont libres et faciles. Je renouvelle une proposition que j'avais déjà faite à la commission des douze : je propose que la Convention tout entière, les membres du côté gauche mêlés à ceux du côté droit, se présente au peuple, et je garantis que le peuple s'ouvrira avec respect devant elle pour lui faire un passage et deux remparts , en assurant

qu'il n'y a aucun danger; je m'offre, au cas qu'il pût y en avoir, à m'y exposer le premier , c'est-à-dire que j'offre ma vie en garantie de mes paroles.

C'est la même proposition qui , renouvelée et exécutée au 2 juin, où la représentation nationale était réellement assiégée, eut le succès que j'en avais promis, la fit respecter et honorer un instant au milieu des canons et des baïonnettes, et aurait eu un autre succès encore si la représentation nationale n'était pas rentrée dans le lieu de ses séances.

A chaque mot de ce discours improvisé , au milieu d'une assemblée livrée à toutes les passions du soupçon et de la haine, je m'abandonnais aux épanchements des affections leî> plus tendres de mon âme. « Je ne vous invite (( point, disais-je aux deux côtés, àdéposerici « toutes vos haines dans un moment de récon- « ciliation : une telle proposition serait puérile « et presque ridicule; mais je vous conjure « tous, au nom de la république, que vous ai- « mez également, de considérer que toutes ses *( destinées sont dans vos mains, et qu'un seul « éclat de vos passions peut la perdre. Une

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