‹ Mémoires de GaratChapitre 142 sur 213 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

çjouvernement révolutionnaire est fait pour les maintenir, et non pour les anéantir. Tout se tut devant ces paroles et devant les principes.

Qu'on se rappelle comment ces mêmes hommes ont traité depuis et ces mêmes principes et une commune qui ne leur avait pas été moins chère !

Si on avait embrassé alors cette mesure , si on l'avait exécutée avec douceur et dignité, les sections, puissamment défendues contre l'intolérable oppression de la commune, se seraient battues contre les royalistes avec cette intrépidité qu'elles déployèrent le 29 mai. Cette cité superbe , que la France présentait à l'admiration de l'Europe, subsisterait, et les milliers de citoyens qui ont été foudroyés sur les débris de ses monuments respireraient encore pour la république. 0 Dieu! que de maux, faciles à prévenir , ont fait fondre sur nous le délire de l'orgueil et des ressentiments dans trois ou quatre hommes! 0 France! combien, pour que l'exercice de ta souveraine puissance soit pour toi la source de tous les biens , et ne soit pas la source de toutes les calamités, combien il t'importe de faire tomber tes élections sur des esprits et sur des âmes dignes d'être tes re-

présentants et les représentants de la raison humaine !

Malheur à celui qui, en défendant sa propre innocence, craint de la compromettre, et ne saisit pas l'occasion de rendre d'honorables témoignages à tous ceux dont la conduite lui a paru digne d'estime! Malheur à celui qui étouffe dans son âme le cri de la vérité qui s'élève en faveur de celui qui a des ennemis puissants ! Parmi les représentants du peuple dont la conduite à Lyon a pu être connue de moi, je me croirais trop lâche et trop coupable, si je ne citais ici avec honneur Robert Lindet. Il fut choisi pour cette mission, parce qu'on espéra qu'il l'exercerait avec tous les ressentiments que pouvaient avoir allumés dans son âme des brochures où il était atrocement diffamé, et qui avaient été écrites par des partisans de la cause des sections. Robert Lindet, en effet, se montrait quelquefois beaucoup trop sensible à ces diffamations ; mais sa colère la plus ardente, ses emporte^ ments les plus furieux, je les avais vus souvent s'abaisser et expirer devant des vérités et des sentiments de morale présentés à sa conscience ; et à Lyon, ainsi que dans le Calvados, où il fut envoyé à son retour, s'il a pensé â ses ressen-

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