CHAPITRE QUATORZIÈME
reaux pour chercher ce qu'il ne trouvait dans aucun et pour semer dans tous la même terreur.
On vient m'avertir de ce qui se passe, et je quitte tout pour aller assister à cette scène, que ma présence ne pouvait pas terminer. En me parlant, les injures de Gollot d'Herbois ne furent pas moins violentes, elles furent peut-être un peu plus oratoires. Rolland nest 'plus ici, me dit-il en se mettant à quatre ou cinq pas de moi pour l'attitude et pour le déploiement de Faction, mais son esprit y respire encore; il est en vous. — Eh ! mon Dieu, lui répondisje, Rolland dirait peut-être que c'est Vesprit de Collot d'Herbois qui y est entré avec moi. Mais en tout , partout où je suis et ou je veux être quelque chose, ou il ny a aucun esprit, ou c est le mien qui y est. Plus Collot d'Herbois se livrait à ses emportements, plus je me commandai de calme et de sang-froid. Je fus même poli. Il avait menacé Champagneux, il ne me menaça point, et il fit bien. L'homme qui, dans l'ordre social, en menace un autre d'une autre force que de celle de la loi, fait rentrer à l'instant dans l'état de nature, et comme dans les forêts, lui etcelui qu'il menace. Il mepromitde me
dénoncer le lendemain à la Convention : il me tint parole.
J'étais curieux de voir comme il s'y prendrait pour m'imputer à crime d'être allé dîner à six heures. Mais quoique ce fût mon seul crime d'abord, il m'en avait trouvé un autre dans les bureaux de l'intérieur. Celui de mes attentats sur lequel il espérait mettre la main, c'était mon mémoire aux départements : c'est pour le chercher qu'il avait couru de bureaux en bureaux , portant partout les mains et les regards. Faute de celui-là, qui n'y était pas encore , il s'arrêta sur un autre imprimé dont on faisait les paquets et les envois : c'était une suite de questions adressées aux directoires des districts sur l'état de l'agriculture, de l'industrie et du commerce dans les divers cantons de la France, sur la nature du climat, du terrain, des eaux, des animaux, sur la population générale, sur les proportions dans lesquelles se trouve la population des hommes, des femmes, des enfants, des adolescents, des hommes d'un âge mûr , des vieillards , sur ces singularités de l'organisation physique à la trace desquelles des observateurs tels que Paw , Poivre et d'autres ont dévoilé des secrets importants