CHAPITRE DEUXIÈME
de la révolution ; elle va être liée à des éclaircissements devenus également indispensables sur l'exercice du droit d'insurrection; elle va être liée à la défense et des magistrats de Paris et des législateurs de la France à cette époque ; elle va être liée à la défense de la nation française, compromise elle-même et déjà citée, par la voix de l'humanité, devant le tribunal des nations et des siècles.
On nie donc que les massacres des î^ et 3 septembre aient été une suite de l'insurrection du 10 août! Et on ne voit pas qu'en croyant justifier [l'insurrection, qui n'a pas besoin de cette justification , on couvre d'un opprobre ineffaçable devant le genre humain tout ce qui existait alors de Français dans Paris, la nation française tout entière, qui n'a pas encore fait punir des forfaits si inouïs, qui n'a pas encore demandé, avec la punition des auteurs des massacres, celle des magistrats lâches et des lâches législateurs qui ne coururent pas tous aux lieux des massacres pour les empêcher, ou pour être massacrés les premiers !
Mais j'écarte les considérations, les présomptions : le fait, que j'ai affirmé, est prouvé par lui-même, par toutes ses circonstances.
A quelle époque avaient été remplies les prisons, qui avaient peine à contenir les victimes qu'on y amoncelait? Après le 10 août et durant les premiers jours de Tinsurrection. C'est alors qu'on vit les arrestations se faire de toutes parts : dans les maisons, dans les rues, dans les places, dans les jardins, partout on arrêtait; les fiacres et les gendarmes ne pouvaient suffire à transporter et à jeter les arrêtés dans les prisons. Par qui étaient décernés et signés ces milliers de mandats d'arrêt? Par les officiers municipaux que l'insurrection avait créés, qu'elle avait portés des sections à la commune. Sur qui tombaient ces mandats d'arrêt principalement, et sur qui prétendait-on les faire exclusivement tomber? Sur tous ceux qu'on accusait justement ou injustement d'avoir été les partisans du château, d'être les ennemis du gouvernement républicain, qu'on voulait élever sur les débris fumants du trône? Qu'étaient ceux que les couteaux ou les haches cherchaient et choisissaient avec le plus de^ fureur dans les prisons? Des prêtres, des nobles; les mêmes qui avaient été arrêtés le jour de l'insurrection elles jours qui la suivirent. Enfin, qui a été ou accusé ou soupçonné d'avoir conçu le dessein