CHAPITRE QUATRIÈME
commis au mois de février 1793; 2° d'avoir trompé la Convention nationale, par les rapports que je lui ns sur les mouvements du 10 mars et des jours suivants ; 3" d'avoir favorisé, avec Pache et Bouchotte, les journées du 31 mai et du 2 juin.
Philippe Dumont, qui n'est pas mon seul ennemi^ a été pourtant mon seul dénonciateur; et à l'instant même où il a élevé la voix pour m'accuser, plusieurs députés ont élevé la voix pour me défendre.
Ce mouvement les honore , car rien ne lie à moi ceux qui ont parlé , que leur respect pour la vérité.
En me dénonçant, Philippe Dumont n'a rappelé aucune de mes paroles, aucune de mes actions : il m'a accusé sur des époques plutôt que sur des faits. Il n'a pas paru savoir que j'étais coupable, mais aimer à croire que je pouvais l'être; et, à l'instant même, deux de ses collègues, tous les deux membres du comité de salut public à l'époque du 31 mai , ont attesté à ma décharge ce qu'ils savaient tous les deux pour l'avoir vu, et ce qui me justifie antérieurement. Contre l'ordinaire des dénonciations, qui, en éclatant, ont un moment, au moins, de
triomphe, la dénonciation de Philippe Dumont, même au premier moment , a donc fait bien peu de fortune. Je ne la connaissais pas encore qu'elle était combattue sur tous les points, et détruite sur le point le plus important : sur le 31 mai. Dans cette carrière de la vie, semée de tant de peines, bordée de tant de précipices, il est donc des compagnons de voyage qui, de loin même et sans que vous les appeliez , vous tendent la main ! Une telle expérience mêle bien des douceurs à l'amertume de tant d'autres expériences !
11 m'est difficile de répondre à ce qu'a dit Philippe Dumont de mon apologie des pillages du mois de février, car il m'est difficile de comprendre ce qu'il a voulu dire. 11 serait beau qu'un ministre de la justice eût fait tour à tour, et toujours dans le sanctuaire des lois, tantôt l'apologie des pillages, tantôt l'apologie des massacres. J'ai dans ma vie assez lu l'histoire, et j'y ai trouvé beaucoup de choses qui ne m'ont pas très-édifié; mais si je pouvais croire ce que Philippe Dumont me raconte de moi plus que ce que je puis en savoir, ce que j'aurais vu de plus étonnant dans IMiisloire serait peu de chose encore auprès de ce que j'aurais fait moi-même.