CHAPITRE QUATRIÈME
« de la France ne peut être remplie par vous , a qui prêchez Tanarchie , qui protégez les pil- <( lages , qui proclamez des principes par lesc( quels les propriétaires sont mis et tenus dans <i répouvante , qui soulevez ceux qui n'ont que « des vices et de la misère contre ceux qui ont « quelque aisance et quelques vertus. Toujours a les excès de la liberté en furent la ruine ; et « c'est vous qui précipitez la révolution dans u tous les excès. Toujours d'une longue anar- « chie on vit la tyrannie sortir et s'élever ; et <( c'est vous qui nourrissez et fomentez de toutes « parts l'anarchie. Qui peut donc être assez « aveugle encore pour ne pas voir que nos fuc( reurs sont le voile et les moyens par lesquels (( vous voulez entraîner violemment la républi- ({ que naissante à la servitude ? Parce que vous « êtes des furieux , est-ce à dire que vous ne « puissiez pas être des perfides? Aucun homme « n'a été plus perfide que Cromwell , et aucun « n'a été plus livré à des fureurs atroces. De (( tous les animaux les plus sanguinaires, le « tigre est aussi le plus souple. Vous avez tué « un roi que vous n'aviez point fait ; mais ce (( Bourbon qui siège et s'élève au milieu de <( vous espère bien que vous en ferez un autre ;
(( il compte assez sur la foi des brigands entre «( eux , pour être sûr d'avoir voté la mort de son u prédécesseur. Les vrais républicains n'ont <( pas de trésors , et vous semez l'or et l'argent «( partout où il y a des âmes viles à acheter et <' des mains vénales à armer. Vous aiguisez (( sans cesse des poignards , et quand on veut « tuer des républicains , c'est pour tuer aussi la <( république. Vous appelez contre nous tous f( les sicaires de Paris ; nous appelons contre <( vous tous les honnêtes gens de la France. )> Le côté gauche disait au côté droit :
(( Tant d'empressement à nous parler de vos (' vertus nous persuade seulement que vous « avez des vices et des projets à nous cacher; « tant d'orgueil puisé dans ce que vous appelez «( vos lumières et vos talents nous convainc « que vous voulez faire servir vos talents à '( votre élévation , et non pas à I'égalité géné- •( raie. La liberté périssait dans vos mains, les « foudres de la nation avaient déjà frappé le '( palais d'un roi coupable, et ce roi recevait « encore vos ménagements , vos respects et vos «( serments de le défendre. Quand il vous a « laissés gouverner par les ministres que vous •> lui donniez , il vous a paru assez fidèle ; vous