CHAPITRE QUATRIÈME
<( n'avez commencé à le trouver traître que <( lorsqu'il a trompé , avec la nation , votre am- (( bition. Votre vœu secret ne fut jamais d'éle- (■■ ver la France aux magnifiques destinées <( d'une grande république , mais de lui laisser « un roi que vous auriez accusé et protégé tour <i à tour, qui eût été votre prisonnier, et dont <f vous auriez été les maires du palais. Ainsi, <( par vous le roi aurait eu un fantôme de trône, (( la nation un fantôme de liberté , et la seule (( chose réelle aurait été votre domination et a votre tyrannie. Hommes lâches, qui croyez (' que des artifices sont la science des hommes u (VÉtat, apprenez que les vrais républicains (( marchent avec rapidité et avec intrépidité <( dans les voies larges qu'ils se sont ouvertes ; « et que les politiques astucieux sont ceux qui, (( comme vous, serpentent lentement dans les « voies obliques qu'ils ont tracées et contourne nées. Quand le tyran a paru devant la justice <( nationale, dont nous étions, vous et nous, a les organes, nous avons lancé sur lui la « mort; et vous, qui vouliez vous réserver sa <( vie , dont vous aviez besoin pour vos com- « plots, en disant comme nous la mort, pour « partager notre gloire, vous avez ajouté I'ap-
(' PEL AU PEUPLE , pour sauver le tyran que <( vous feigniez de condamner. Par ce seul acte, a hommes d'État dignes en effet de Borgia et (( de son précepteur, vous nous faisiez abhorrer a comme des barbares , vous vous faisiez ado- « rer comme les justes par excellence , et vous (( appeliez la guerre civile pour déchirer la <( France et la diviser en des États fédérés dont H vous auriez été les uniques législateurs, les (( consuls , les éphores ou les archontes. Vous (( le plaignez peu le sang des républicains qui (( a coulé par torrents dans cette guerre contre (( l'Europe , désirée par tous les vœux du chà- « teau, et allumée par vos motions. Mais le a sang qui a coulé dans les prisons pour la sû- (( reté et par la colère du peuple, vous voulez à « tout prix le venger. C'était le sang des aristo- <( crates. Que signifient ces cris que vous jetez (' sans cesse, que nous voulons attaquer les « propriétés, sinon que vous voulez avoir autour V de vous et contre nous une armée de proprié- (( taires que vous ne payerez point, et qui vous H payera? Que signifient ces cris que vous jetez a sans cesse , que vous délibérez sous les cou- <( teaux , que trois cents législateurs sont trois ({ cents assassins qui en veulent aux jours de