CHAPITRE CINQUIÈME
mauvaise logique ; il faut ajouter à votre principe d'autres principes encore, pour démontrer que la loi qui a dressé l'échafaud de Capet est un grand acte de justice nationale de la part de la France, et pour le monde un grand exemple, un exemple plus légal, plus nécessaire, plus utile , que celui de Charles II.
— Eh! qu'importe quel principe rendait la mort du tyran juste et nécessaire! Vos girondins, votre Brissot et vos appelants au peuple ne la voulaient pas : ils voulaient donc laisser à la tyrannie tous les moyens de se relever.
J'ignore si l'intention des appelants au peuple était d'épargner la peine de mort à Capet, Yappel au peuple m'a toujours paru imprudent et dangereux; mais je conçois comment ceux qui l'ont volé ont pu croire que la vie de Capet prisonnier pourrait être , au milieu des événements, plus utile que sa mort ; je conçois comment ils ont pu penser que l'appel au peuple était un grand moyen d'honorer une nation républicaine aux yeux du monde entier, en lui donnant l'occasion d'exercer elle-même un grand acte de générosité par un acte de souveraineté.
— C'est assurément prêter de belles inten-
lions à des mesures que vous n'approuvez pas,
et à des hommes qui conspirent de toutes parts.
— Et où donc conspirent-ils?
— Partout : dans Paris, dans toute la France, dans toute l'Europe. A Paris, Gensonné conspire dans le faubourg Saint-Antoine , en allant de boutique en boutique persuader aux marchands que nous autres patriotes, nous voulons piller leurs boutiques ; la Gironde a formé depuis longtemps le projet de se séparer de la France pour se réunir à l'Angleterre, et les chefs de sa députation sont eux-mêmes les auteurs de ce plan , qu'ils veulent exécuter à tout prix ; Gensonné ne le cache pas : il dit à qui veut l'entendre , qu'ils ne sont pas ici des représentants de la nation , mais des plénipotentiaires de la Gironde. Brissot conspire dans son journal, qui est un tocsin de guerre civile ; on sait qu'il est allé en Angleterre, et on sait aussi pourquoi il y est allé ; nous n'ignorons pas ses liaisons intimes avec ce ministre des affaires étrangères, avec ce Lebrun, qui est un Liégeois et une créature de la maison d'Autriche. Le meilleur ami de Brissot, c'est Glavière, et Glavière a conspiré partout où il a respiré. Rabaud, traître comme un protestant et comme un