CHAPITRE SEPTIÈME
« instant on peut vous frapper, et il faudrait (( des mois pour rassembler vos défenseurs. « Quoi! les Jacobins sont contre vous; quoi! la « Commune de Paris est contre vous; et vous 'X voulez, dans Paris, ouvrir un combat contre « des ennemis puissants dans la Commune et (( aux Jacobins? Avez-vous oublié que tous les « genres de force sont dans les mains delà Com- « mune , et qu'il y en a plusieurs qu'elle tient « de vous? C'est sur votre motion, Gensonné, « que l'Assemblée législative lui a accordé le « mandat d'arrêt; et, par l'exercice de cette « force terrible qu'elle vous doit, elle peut « jeter dans les prisons ou enchaîner par la »( terreur ceux qui seraient tentés de préférer « le côté droit au côté gauche , et Gensonné à <( Marat. La force armée de Paris est à la dispo- « sition de la Commune ; c'est assez dire qu'elle « n'est pas à la disposition de la Convention , <( c'est assez dire qu'elle sera contre vous si « vous appelez des combats que vous pouvez « refuser ou au moins retarder. Toutes ces (( forces ont été données à la Commune contre « les rois; aujourd'hui qu'il n'y a plus de rois, <( où est votre sagesse de lui laisser toutes ces <( forces? Retirez-lui les pouvoirs énormes que
a VOUS lui laissez avec tant d'imprudence , ou u n'ayez pas l'imprudence bien plus dange- (( reuse encore de donner le signal des batail- <( les à des ennemis dont elle est l'alliée, u Qu'avez-vous voulu faire, mais qu'avez-vous « fait réellement, lorsque vous avez envoyé a Marat au tribunal révolutionnaire ? Vous avez u voulu procurer un triomphe à la république «( et à la justice; et vous avez mis réellementla « justice et la république dans la honte et dans « le deuil : vous avez procuré un triomphe à <( iMarat. Soyez sûr que la république, à mesure « qu'elle s'élèvera sur ses fondements, effa- *( cera avec indignation de la liste de ses fon- « dateurs les hommes affreux qui ont voulu l'é- « tablir sur des crimes : dans ce moment, elle « n'a pas assez de force pour s'épurer, et en « précipitant trop cette opération périlleuse, « vous pourrez la détruire. Phocion aimait au- « tant que Démosthènela gloire et la liberté de u sa république, il était bien plus capable d'en (( conduire les armées à la victoire, et cepen- « dant il réprimait et arrêtait l'ardeur des Athé- « niens, excités sans cesse par Démosthène à « déclarer la guerre à Philippe. L'expérience « ne tarda pas à faire voir lequel de Démos-