‹ Mémoires de GaratChapitre 96 sur 213 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Quel était ce comité? Où tenait-il ses séances? Quels en étaient les membres ?

Le décret ne m'en disait rien ; les motions sur lesquelles il avait été rendu ne me l'apprenaient point.

J'interroge tout le monde : au lieu d'une réponse précise, on m'en fait cent de vagues, de différentes, de contradictoires. Je demande par lettres des renseignements au département, au maire : leur réponse est qu'ils ne connaissent pas de comité dit d'insurrection. Les uns me disaient : Il est par tout; les autres : Il nest nulle part; et, qu'il ne fût nulle part ou qu'il fût partout, les difficultés et l'embarras étaient pour moi les mêmes.

J'avais lu dans un arrêté des Cordeliers qu'ils voulaient persuader aux 48 sections de Paris la nécessité de former un comité d'insurrection; mais la nécessité pour les Cordeliers d'en former un ne pouvait pas être pour moi une preuve qu'il y en eût un de formé : j'y aurais vu plutôt une présomption qu'il n'y en avait pas de formé encore.

Cependant, quand on n'est ni un tyran ni un ministre de la tyrannie , et qu'il s'agit de faire beaucoup d'arrestations, ce qu'il faut savoir,

16i MÉMOIRES DE (URAT.

sans aucune ambiguité , sans aucune incertitude, c'est QUI il faut arrêter; cependant, dans une démocratie qui n'a aucun gouvernement encore, lorsqu'on est menacé d'une insurrection ou d'une révolte, le moyen le plus sûr d'en réaliser et d'en accélérer l'explosion, c'est de faire des arrestations qui ne seraient pas l'exécution d'une loi très-précise et très-claire, ou, ce qui est la même chose, d'un ordre très-formel, trèsnominal, des législateurs revêtus de pouvoirs sans bornes.

Dévoré d'inquiétudes et de funèbres pressentiments, profondément persuadé qu'en cherchant le danger où il n'était pas , on le laissait ou plutôt on le faisait croître où il était, je recueille de toutes parts tous les renseignements possibles, et sur les troubles qui agitaient Paris, et sur les foyers d'où partaient les convulsions, et sur les hommes dont les uns préparaient sourdement, dont les autres provoquaient hautement les fureurs de la multitude : et les résultats de toutes mes observations^ des plus minutieuses comme des plus générales, je les présente dans un rapport à la Convention nationale.

Dans ce rapport je déclarai, et dès les pre-

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