‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 100 sur 224 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

oos sommes sortis ce matin. • Je ne ibmettre à dire qu'ils me dirent ces avec une face et contenance si 'ailem'il estoit focile de reco^oistre qu'ils )ient en ce pals beaucoup plus la do- D fraDçoise que non pas Fespagnolle.

se aussi de la ville fut avec si peu de j|e, que les Espagnols y en faisoient I une heure qu'il n'en fiist faict en tocturne surprînse. Les chevaux qui npagnoient s'estant aussi advancés, iveloppasmes ces païsans avec belles , et les menasmes au mareschal , qui les estreines à si bonnej nouvelle t la mienne. Lors on hasta du pas de sorte que nous arrivasmes sur le Casai , où il ne voulut qu'on fist bruit pettes auparavant que la victoire fust accomplie. Bien allèrent ils tous h remercier Dieu, et de là boire un ur visiter et recognoisire la citadelle. : il m'envoya faire des dépesches pour faire venir le reste de l'armée , res à Thurin pour faire amener dix ivec leur équipage pour battre la ci- Je ne veux oublier que sur la mi- ^erol se sauva à cheval par la porte urs y et alla gagner Sainct Salvadour Alexandrie ; ce fut une faute que la la conqueste engendra parmi nos qui oublièrent de blocquer ceste

gère réfection prinse, on entendit icher et barricader la citadelle et es advenues qu'elle avoit au dedfiins le, et au dehors aussi vers le parc, seoir de costé et d'autre la fanterie er aux défences , faisant nuict et jour rts corps de garde dehors et dedans ipescher la sortie et le secours. Dans ! il y avoit pour capitaine Vincent \ Mantouan, avec cent hommes de I et les quatre cens Allemans qui y entrés , la pluspart desarmés ; car ils rins si à l'impourveu , qu'ils n'eurent le prendre leurs armes ; la pluspart s'en estoient fuis avec tant d'haste , isserent le pourpoint' et le chappeau.

servit pas peu pour la reddition de

Geste citadelle est fort grande , ayant bon fossé et quatre gros ravelins en forme de bastions qui la flanquent de tous costés; au dessous elle est toute vuide, en caves on magazins tous voûtés de brique, pour loger les munitions d'artillerie et les vivres.

^ Dans la ville furent trouvés trois canons et deux coulevrines , qui furent mis en batterie pour tirer seulement aux défences , en atten^ dant l'artillerie qui devoit venir de Thurin par eau. Il y fut gagné six cens bons chevaux de service, et , en rançon de ces beaux faiseurs de tournois, de soixante & quatre vingt mil escus , et force beaux habillemens de masquarades.

Le mareschal , tousjours préparé à la pre«vention des accidens , fit loger toute l'armée dans les fauxbourgs et maisons des églises qui estoient environ la ville , et barricader si bien que Vennemi ne les peust enfoncer, s'il venoit à eux de jour ou de nuict pour le secours de la citadelle. Durant quatre jours personne ne comparut pour dire qui va-Ià ? au cinquiesme , durant la nuict , on voit quelques feux , et ouït on des gens qui crioient secours; mais ils ne s'arresterent guières en place. On y fit si bon guet , que il en fut la nuict ensuyvante altrappé deux , que le bourreau fit chevaliers de son ordre.

A ceste*nouveIle), tout le Milannois , le cardinal de Trente, Figuerol et les Gennoi», espouvantés , commencèrent à faire levées et à préparer armes et argent pour venir au secours de la citadelle.

Le roy ayant receu par les mains de Plancy , que le mareschal avoit depesché vers Sa Majesté , les nouvelles de la prinse de Casai, en receut un contentement infiny , louant aussi beaucoup le bon ordre qui avoit esté donné pour combattre et emporter la citadelle , depeschant à ces fins le sieur de Montlanbert tout exprès pour s'en resjouir avec luy, et avec tous ses autres bons serviteurs, avec espérance que par luy-mesme il luy feroit bien-tost sçavoir la finale réduction de la citadelle en son obéissance.

Priant le mareschal de croire que , combien que le cardinal de Mantoue se fust abouché avec le marquis de Pescaire , comme il luy avoit mandé , qu'il ne le falloic pas pour

mê

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

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