‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 99 sur 224 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

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me sienne fille dont il estoit fort pressé , ne Touloit foire sans Iny.

de-Stare, à ceste semonce, demanda î Salvesoo : Tapnt obtenu , il fit le de Casai , où estant , ce sien coasin d'escolle iuy dict : «• Que me donne- Tostre ad?is , le roy , si je Iuy pouettre ceste yille entre les mains? • Iny respondit : « Je la reeognois de {)ortance , que rien ne tons sera rems servant de Taddvesse do mares- «c lequel il fendroit en conférer. — ne yers Iny , dict le maistre d'escolle, iemandez douze mil eseus pour moy ail pour tous , car il fiaut que yous eltty , et non autre , qui aile et vienne ly ; et m*apportattt asseurance je vous foy dequoy.» Pont de-Store, antien de rversSalvesonàVerme, s'envintdroict le maresehal, auquel il dcmna ouverte licatîon de son voyage et la deoiKinde boict mil escus. Le mareschal , ayant )easé là dessus , dit à Poot-de-Stnre que lire est(Mt de si grande conséquence, faloît manier avec prudence et par I de quelqu'un fort secret et fidelle ; Isy respondit : « Mon capitaine est , semble, le pins propre de tous ceux B sçauriez choisir , mesmes estant si de Casai que je pourray aller et re* une nuictée à Tautre. » Le mareschal londit ! « Pmsqne vous avm bien con- Ile de Yerceil , vous sçaurez aussi reelle-ey à perfection; je depescberay f on de nés cowriers à fin qoe dote trouve iey , et lors nous cmdnrf ensemble ce qui sera de foire. • Sak stant venu , il fut entr'eux résolu qœ Store retoumeroit vers son cousin , Iuy >t les promesses du mareselHil , avec ;ns qu'il Iny donnereit pour entretenir ragfe et sa dévotion jusqnes à taotqne s fnst propre pour parvenir à Vexecu- ! qu'auparavant que s'en revenir, Iuyen reoofjneust bien au vray les moyens s Iuy rapporter , et selon cela dbpo- Jaires bien à propos. Pont-de-Store alla 0 cousin , qui trouva les escus de si nst , qu'il le fit Iuy mesae descendre »Bteff par resdMlle dans te fossé ; dont

il vint foire le rapport au mareschal , qui tint la porte de sa langue si bien cacbettée par deux ans, que jamais rien ne fot descouvert.

Si tost que le temps et les affaires furent disposés à entendre à ceste entreprinse , pour en demeurer plus asseuré, il l'envoya reco* {pioistre premièrement par Le Cluseau et Lonh brail, sergens, qui avoient jugement et valenr, et puis encores un coup par les capitaines Bm* val et Marlin , pour voir si l'un se rapporte* •roit à i'aitfre , les ayant trouves tons corren» pondans, et ayant bien an long conféré avec Salveson, et foict de nouveau reeognoistre par PotttdeiSture la disposition des aSiires, il fut résolu que l'exécution s'en feroit le jour de caresme-prenant , auquel toute la noblesse de l'armée impériale se devoit tronver à Casai où estoit Le Figuerol , qui foisoit dresser un toumoy pour donner du plaisir aux dames, assez fréquentes et belles en ceste ville ; que Salveson meneroit deux barques avec trois cens hommes dedans et six escbelles, et, deecendont par le Pau , coupperoit les cordeo des bacs deCrescentin, Gabian^Pont-deHStnrOy Gamin et de La Motte-, afin que nul ne penst passer l'eau , ou en advertir ; qu'il ameoeffoît ces bacs avec Iuy et les jetteroit du costé de Sontia, ponr passer les trooppcs et la cavale^ rie qui iroit avec Iny; et que, pour ce faire ^ H nenast sept on lûict bons kisteliors pour diligemment passer lesdictes trooppos; qoe eeste meoÊoe nnict précédente le caresmeprenant, il despescberoit Boonivet, d'Anpville et La Motte Gondrin , avec doute eeao arquebusiers et deux cens dievanx, ponrse jeuer sm* les advenues de Yerceil , Trin el Sainct Germain ; sur tout qu'il regardast à si bien instruire tous ces setgneors lorsqu'ils arriveroient an bord de l'ean, qu'il n'y ensi desordres aux choses accordées et resolnesw

Salveson s'en nlia donner ordre à ce qui estoit à foire , et le jour vennqoi precedoît le caresme prenant, le «areseh^d appella tenu les seigneurs au conseil , pariant auxqueb il dit en peu de mots : « Le jeor est venu, nwe* âeurs, auquel il faut que je vns descouvre ce qui m'avoit rendu si olistiné à tai fortifice* tien de eeste place; en fin c'a esté pMr par* venir à Texecution d'une tréfr-importanle entreprinse qne j'ay pièce cnnuun^eifHeîe

HÉM0IRE3 DE BOYTIN DU VILLÂRS.

veux faire eiecuter ceste nuict prodiaioe par TOUS, messieurs de Boniiivet»d'AmpviUe» La Hotte GondriB et Carie Birague ; et, ayant re solo de vous suivre avec douze cens hommes et trois ceos chevaux , je vous commettre à vous 9 seigneur Ludovic de Biraçue, la charge de ceste place , pour la garde de laquelle vous retiendrex douze 'cens François et six cens Italiens et autant de lansquenets que je vous ai destinés : le reste vous le ferez tenir prest 9 et tous les jours en armes, pour sou- < dainement marcher selon . que je vous ordonneray. Vous dcmc , messieurs , qui devez présentement partir , allez assembler vos trouppes, et cependant je vous attendray en campagne avec tous ces autres seigneurs , pour vous dire lors et non plustost, le heu où vous devez aller sous la conduicte des guides que je vous bailleray » m*asseurant que si vous avez fiance en ma conduicte et en la mesme valeur que j*ay tousjours recongnue en vous , que Dieu nous fera ceste grâce de vous présenter la victoire toute asseurée. » Ces seigneurs estans sortis avec leurs trouppes , il leur communiqua de poinct en poinct tout Tafiaire, leur recommandant le silence , la diligence , et d'empescher le sac , garder Thonneur des dames» ^ de prendre garde que les prisonniers ne rossent desrobés on destoumés.

. Dieu les accompagna si bien qu*ils arrivèrent sans estre descouverts où Salveson les attendoit avec les bacs , qui passèrent toute la fonterie en deux voyages. Les eschelles et les charges ayans esté desparties entr*eux , tant pour la surprinse que pour rompre le corps de garde de la porte et puis abattre le pont , chacun donna dedans , Bonnivet et d' Ampville demeurans dehors avec un fort de huict cens hommes , pour donner secours et faveur selon que la nécessité le requerroit. La Motte Gondrin et Salveson s'advancerent les premiers ; Giuseau, Pont-deSture, Gbary, Martin, Llsle, Lombrail, Bonval, Bernard de Lestore, La Motte et Claude Botal , estans prests pour descendre au fossé , ils firent quelque bruit qui donna occasion à une sentinelle de tirer une arquebusade qui blessa un soldat, lequel fut soudain enlevé ; et chacun s*estant mis aux escoutes et n'oyans rien , ceux-cy montèrent les premiers , tueront sans bruit les deux sea*

tinelles qui estoient de costé et d'autre de Tendroict où ilsmontoient, trouvèrent le wmtre d'escolle , qui les mena droit à la porte, où le corps de garde fut soudain forcé, li porte ouverte et le pont abattu par Dodakih gue » qui ^voit le pied de chèvre. Boonivet et d*Ampville entrans ordonnèrent deux cw hommes pour donner dans la place, et den cens de chacun costé des murailles pour s*A saisir et bien garder ceste porte. L'alarme eit grande par la ville '.plusieurs se voulans mem» en deflence , furent tués ; le peuple 8*ellCB^ moit dans les maisons , pour autant que jm auparavant « pour certaine question quieHsiL intervenue , il leur avoit esté deflendu, à fém de la vie, sortir de leurs maisons, et qaVt cas d'alarme ils missent seulement force li» miere aux fenestres : ce qui aida beauooii^^ aux nostres pour s*en rendre maistres et s*» trerecognoistre en ceste fureur qui aveugls quelquefois les plus habilles. Le ooIomL des Allemans , nommé Madmce , avec ei»

ron soixante des siens , se présenta devant k trouppe de Bonnivet, qui le renversa sondHi si fort blessé , qu il mourut le lendemain.

La place estant l'gaignée et les advawi bien garnies , tous les Allemans qui estoiwr en garnison^ au nombre de quatre àd^ cens , se jecterent dans la citadelle , omm aussi fit le sieur Figuerol tout en cheoin» une robbe longue sur les espaules; dsoit laquelle citadelle ayans faict plusieurs banîcades , les seigneurs de Bonnivet et ded'Aapville se tindrent au dehors de la ville pour avoir nouvelles de M. le mareschal , lequel moali à cheval au poinct du jour, accompagné, comme il avoit dict , avec trois guides à cheval. Quand nous eusmes faict environ den lieues , me voyant assez près de luy , il las commanda de m'advancer, parce que je ptflois italien , avec un guide et neuf ou dix chevaux des siens , pour voir si nous rencontrerions personne qui nous sçeust dire des nos* velles. Nous le fismes ainsi , et à un quart 4e lieue de là je vis des paîsans qui traversoient:, vers lesquels je courus leur demai* der s'ils avoient point veu une trouppe de François qui alloient de ce costé-ià; rua d'eux me respondit : « Ils peuvent bien aller seurewent^ car ceste nuict ils ont prinsGanl»

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