LIVRE CINQUIÈME
la nuit en garde vers le pare et du costé de la porte de secours , fit si mal son devoir , que le capitaine Salines , Espagnol , avec cent arquebusiers , enUra dans k place environ deux heures devant jour : ce qu'ayant esté re- CQgneu^ il fut mis entre les mains du prevost^ et la faute mise à la délibération du conseil , où il fut condamné à estre passé par les picqoes \ mais le mareschal , prenant nn plus gracieux parti , leur dict : « U est geniiltioHune, Geste mort porteroit conséquence d'infamie à sa postérité ; je suis résolu de luy donner demain charge de dàiner Tassant , avec la con^xignie qu'il commande » à ce ravelitt : si la fortune luy est si favorable qn*il en revienne , le basard qu'il aura conra servira d'expiation à son pecbé ; si aussi il y meurt, an moins sera-t*il mort glorietieemett en servant son prince. »
Cesie resolnlion fui trouvée fort lonabla ^ et te geniil-homme l'accepta avee action dn grâces » et se prépara comme bon chrétien à ces! assaut , auquel vaillamment combattant il mourut» te raveUneenqnis : dont te mareachai conceulgrande espérance pour te reste. Main, ne voyant pour cela ceux de dedans anctUM»* ment estonnés, et craignant lou%o«rs te secours y 'û prit un fort hasardeux parti ponr en avoir b fin ; c'est qu'il proposa de met^e l'artillerie dans te fossé , à dix pas des mn* railles y pour tirer dans ces ^oïdtes du chonitean, et» yayant luit ouverture, jelter dednm trois on q^KHre eaoqneft de pondre ponr faire voUer tout en Tair. Il n'y eut giieres de capîtaine&> commissaires de l'artilterie , ny anurea, qni ne demeurassent estonnés à si da»> gerense execnliott. Quoy voyant , il appeUa le sienr de ftichetien , gouverneur de Gour^ temille » et qui mourut moisire de enmp devant Bourges lorsque te stem* d'Yvry et les huguenots la dcflendoient contre le roy Charles neufviesme avec le coteael des Suisses, et dit à chacun d'eux : « Je vous prte m'ameoer ce soir chacun deux cens des pins déterminés soldais que vous ayez » peur m'aider i diesser une batterie dans le fossé , avec deux cens pioonters que j'auray avec nM>y. » Chacun d'eux à l'heure dicte s'y trouva avec ses gens , et ters les 'pionniers commencèrent à travailler peur abattre tant du fessé %ue l'ar.
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MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
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tillerie y'peust deacendre , le mareschtl y mettant la main lay roesme : qiioy apperceu par lesdicts sieare de Richelieu , Fiolic , et commissaires de rartillerie , ils le viodrent , tous d*un commun accord , "prendre par le corps , et le tirèrent hors de là , se plaignant de i*injure qu il leur foisoit , ne les estimans pas assez 'courageux ny suflisans pour foire ces approches , quelques dangereuses qu*elles fussent; qu'il devoit suffire à luy qui estoit leur chef , et de la vie duquel dependoit le salut de Tarmée et de ceste conquesie aussi , de commander et à eux d^obeir. Ceste amoureuse et affectionnée remonstrance luy attendrit tellement le cœur , qu*il en laissa eschappcr une larme on deux , leur disant : « Vous voulez donc y mes amis, que je me monstre indigne de la gloire que vos intrépides courages ro*ont acquise ? » Il s*arresta tontesfois un peu à Tescart , et en lieu d'où il voyoit et ordonnoil tout. Dès que les ennemis ouyrent ce remuement , ils tirèrent incessamment arqnebusades aussi menu que gresle , qui emportèrent en moins de rien une trentaine de pionniers , dont on remplit les gabions , et quelques soldats aussi.
Soudain on meitla main à dresser les platesformes pour qnatres canons , où la besongne se trouva si chaude , qu'en moins de rien vingt-cinq , que François , que Suisses , y furent tués ou blessés, et tous par la teste. Tant y a que rartillerie fut descendue et mise en batterie , et fsiictes de costé et d'autre de petites traverses de terre pour couvrir les commissaires, les canonniers et leurs poudres, et un corps de gens de guerre pour la garde. Le marescbal , voyant les choses en bon train, fit donner un escu à chacun de ceux qui avoient travaille , et porter à boire et à manger à ceux qui furent mis en f,arde.
, Dès que le jour commença à paroistre , les quatre pièces commencèrent aussi à tirer dans ces voûtes : à la centicsroe voilée on commença à faire un peu de jour à costé d'une canonnière. L'ennemi , tirant incessamment , blessa plus de cinquante hommes ; mais sur le midy , crnignans cela mesmc que le mareschal avoit projcclc , et à quoy ils ne pouvoient plus remédier , les quatre cens Alleroans qui estoient dedans les plus forts , per-
suadés et intimidés par nos tmchemans , leur parloient toute la nuict de dessus ce vélins , commencèrent à se motiner et à qu'il ne se fiiUoit perdre en s'obstinail trop à défendre ime place qui avoitdeqi du deux mains , et à qui on conpoit les f Le capitaine Salines et Vincent Goerriei s'y voulurent opposer , coururent hasan somme , sur les deux heures après mid; donnèrent la chamade , et commencer parlementer : ayans donné ostage , le mi chai commanda au sieurde Richelieu et 1 cisque Bernardin d'aller traiter avec es de m'y mener pour coucher la capital par escrit , avec Gaspard Holster , l'a truchemens de la langue germam'qne, | leur accroistre la crainte , pour tant phi parvenir à la reddition de la place.
Nous les trouvasmes fort hauts à la n demandans l'artillerie , munitions , bfi et toutes autres choses estans dans la pla sortir en bataille , enseigne desployée et bourin sonnant , et terme de huict jounf se rendre s'ils n'avoient secours , et qsA pendant tous actes d'hostilité cessutesA mis leurs demandes par articles , leiqi»^* dictde Richelieu et moyallasmesmoiftl mareschal , qui accorda la sortie en m bagues sauves ; l'artillerie et munitioQi^ toient dedans appartenans au duc dellfl qu il les envoyeroit prendre quand il M droit;maisquequantàcellesquisetrour^ appartenir à l'empereur ^ elles demeop' au roy, etqu ils n'auroient autre terme i vingt-quatre heures pour sortir , à cM que , leur venant secours , ils demeun quittes de leur parole. Aucuns trouveis capitulations advantageuses pour Tes mais cela demeure renversé par la nm des affaires , qui estoient en si mauvai!^ qu'il ne se falloit obstiner sur les c»^ tiens de l'accord , afin de gaigner le * dissiper les forces de Tennemi , c^ succéda depuis Qui s'arreste par r^i cérémonies , est souvent mal disné ment partagé.
Nous rctoumasmes dedans pour leur , muniqucr ce qui avoit esté accordé, le$i quencts appelles; mais, persistansSiliac Guerrier ù vouloir avoir ces hnict jovi