LIVRE CINQUIÈME
os il se fallait servir de la médiation oyne d'Angleterre , laquelle n'estimera mt les grandeurs d'Espagne que la rtion de l'Escosse à l'Angleterre ; Dt esté elle celle seule qui a voulu ir à ce mariage nonobstant les opposies estats , il est à croire qu'elle re* selon l'ordinaire des femmes , ciel et 9ur parvenir à ce poinct ; pour auquel )ser le comte dict avoir amitié fort •e avec aucuns de ses principaux miel favoris, pnt la mère duchesse de Lorraine in-
0 ceste duché de Milan , duquel elle oaairiere, elle a tousjours tant aymé lé le comte, qu'il se promet, non mi Yy f^^ire consentir , mais aussi la elle-mesme médiatrice envers l'empour l'y disposer, quand ce ne seroit rl'advantage qui en resuite à son fils, lareillement il estoit trés-intime amy 'Arras , principal ministre de Tempet .qu'il esperoit le rendre médiateur ces partis, mesmes estant personnage MToit plustost qu*il n'estimoit les af- 'Italie , auxquels il prefereroit tousox de Bourgfongne et des Pays Bas ; fin il ne recognoissoit aucun qui fust iporter contrariété à ces mariages et os, si ce n''estoient les sieurs domp de Gonzague et prince Doria , les* a rebours de M. d'Arras, mespris affaires de Flandres; que si une ivoient le irent d'aucune de ces in- , ils ne faudroient de gaigner le dcle les reuTcrser , et que par ainsi
diligemment et cautement manier
Dur plus facilement disposer le noud' Angleterre à embrassei* ce parly , *oit de la médiation du sieur Ruy- Portugais , le plus familier et le plus B ce prince , avec lequel Ruygomes avoit de longue-main fort estroitte et que semblables affaires, estant ivec prudence et circonspection, ent peut-estre telle perfection que les s autres l'en loueroient à jamais, e sonvenoit qu'ayant une fois esté
1 par le feu duc Charles son maistre
vers le feu roy François , en prenant congé de luy , pour de là s'en aller à Barcelonne où estoit l'empereur , il luy donna charge de dire de sa part audict empereur que c'estoit luy, et non pas les François, qui deienoit les biens de M. de Savoye ; car, retenant injustement la duché de Milan , qui luy appartenoit , il n'avoit peu faire de moins , pour se couvrir d'injure , que de se saisir des biens du duc , qui avoit quitté l'amitié françoise pour se joindre à l'impériale, laquelle se fus! servie contre la France de la Savoye et du Piedmont , si de bonne heure Sa Majesté ne l'eust prévenu , tous lesquels toutesfois elle estoit preste de rendre , l'empereur faisant le semblable du duché de Milan. A quoy l'empereur luy respondit qu'il avoit bien autrefois rendu la duché de Milan à Francisque Sforce , rebelle et atteint du crime de leze-majesté , que , par plus forte raison , il la pourroit bien aujourd'huy remettre à un duc de Savoye ou à un roy de France , pourveu que ce fust le repos de la chrestienté et qu'il y eust un fiât à la patenostre des François. Tout lequel discours n'est amené en jeu à autre intention que pour faire recognoistre que tous les expediens cy-dessus sont suffisans pour laver les soupçons de l'empereur et le réduire à y entendre.
Et là où on trouveroit le cœur de l'empereur par trop endurcy, il faudroit lors essayer de faire un traicté particulier en ce qui regardoit M. de Savoye , et à ces fins couvertement pourchasser trefve assez longuette entre ces princes, à fin que pendant icelle , venant l'empereur à mourir , toutes ces offrandes fussent présentées au roy et royne d'Angleterre , lesquels , n'ayans chaussé Tobstination du père, se lairroient réduire à party convenable , mesmes par une couverte affection de M. de Savoye.
Dict que ce qui regarde le duc son maistre a esté souvent mis sur le bureau avec plus convenables moyens, qui n'avoient jamais esté ny bien receus ny bien mesnagés , soit pour passer ou pour ignorer les conséquences de Testât, à la prospérité duquel les plus petites choses servoient plus que les grandes.
Qu'ayant eu cesl honneur d'avoir prins sa première nourriture avec le feu^ roy Fran-
MÉMOIRES BK BOlHFIK QU YILLÂBS.
toji » avec lequel il 8a troiu^ 4 la baiaiUc de ^lie ft coBOKUidiuil à cwmuîmu hooiaies 4*8niies 1 4.tt'U ^ttoit tau4(Mu*s desité d'avoir oecaiioo pro|ive paur remdre service à b fïTaBce* pourveii que celuy de son maistre ek prince naturel y f ost coiûaiDcl^ Or» pour venir an poinct du traielé d'entre k roy et «ondfct prince, il Iny wmhloit qu'il follaii <:oiHMneQeer par le mariage de HadaMae, sœur du roy» avee. luy , oûafiirnie à ce qui enavoit esta cy*davaot traîclé , et qu'en Eaveur diceliif Sa Majesté le remette en tous ses biens el estais. De premier froni ce BU)t de rcstir tjuâion estonne ei despite tousjours ceuit qui n onl la patience d'attendre , comme disent les bonnes femmes » juaques à amani car lors qjs'on ent rendu capable des secourables effets de la médecine , elle est receue et avalée de meilleur cœur. Yenoos donc au poinct.
E9 premier Ueu » il faudroit si conscien- Uensement disposer les affaires entre Tempe reur et le roy , que chacun d*eux se couien* tast d*tadifleremmcnt restituer au duc tout ce qu'ils tiennent du sien » sans rien reserver ; car,, si Tun ou lantre le vouloit faire , cela servirait d'argument à son compagnon de rembrouiOer lea aflSiires pbis avant que jamais, au pr^dice d'un prince spolié et qui a cest honneur d'apartenir de près à Tune et l'autre Ifaû^sié, lequel» par Texperienee du passé , apprendroit à ne se plus envelopper dans les puissantes armes de l'un ny de l'autre. Et quant aux pretentioos de Sa Majesté sur Itt comté de Nice et succession de madame la Régente^ que cela se vuideroit amiablemeiit par compromis en personnes neutres. Il est à croire que l'empereur , plein d am* bidon et de soupçon , ne voudra jamais entendre à aucune restitution , d*autant que ce qu'il tient luy sert pour couvrir et défendre la duch('; de Milan des armes françolses, comme fait la Savoye et le Piedmont k la France des impériales; que » privés de cela , Tun et l'autre, par la neutralité du duc, auroit tou:^ours passage pour courir aux armes; ce qui ne pouvoit succéder, Tua et l'autre retenant ce qu'il possedoit.
' Qu'au premier vent que ^l'empereur auroit dOjCes practiques, il ne faudroit, pour les
prévenir, de faire espouser au duc la fiUe de
Ia reyne Eleoaor, douairière de I et , en iaveur du mariage ei pour rtee de ce qu il luy détient , biy donnef ) de OucÂdres ; à quoy» par le desespi di^ est redttict , il sepourrroit accoo ignorant ces pmpo&iU^ns.
Le comte à ces diflicultés appotta dicamens : c'est qu'il a plosieura rain lîciiUeres en main , par lesqueUes il réduire lesaffiùres au mesnaa poind • pereur tomba lorsque le roy FrançM cha le marcschal de Brissac vers Ivy bourg, qui est qu'il prometioit rewl le roy rendant aussi ; et qu'il trown en ce faisant , le mariage du duc ni dame Marguerite de France, esper les choses se reduisans maintenant à c< et le duc demeuraut neutre , la Franc mesme commodité [qu'elle avoit de p en Italie toutes les fois qu'il luy en pr envie, ayant tousjours le duc convsi favorable par tant d'obligations et a||
La neuuralité subséquente de M. d|i serait plustosl par a{]f[iarence que par comme celuy qui recognoistroit le |v fondement de sa réintégration de liki libéralité du roy , qui a des pretestis tre luy, ce que n'a pas l'empereuf || perance qu'il aitroit aussi que , ssp roy à couvert , il en pourroit reof radvancement , lequel il ne peut ' d'une si vieille souche qu*est celle d pereur, avec lequel iln'auroitteUec tion qu avec le roy , à cause du ma de la proximité de ses estats , de ton environnés des fleurs de lis.
Quelqu'un pourroit alléguer, ^ contraire , qu'il n'est à croire que N voye , qui a dés Tenfance esté noun main de Tempereur, et né d'un cousine , et qui . a porté les arm luy , soit jamais pour quitter ime enracinée de si long temps , et presi le laict; qu'il n'a faute do jugem sçavoir faire contenance contraire tant qu'il ait la restitution de ses et que cela accomply, à la moindre qui le piquera il tournera les espai France , pom* se rejoindre à rE$|Mig| I succédant, nous luy aurions bvUé.
i poiAff , 9m lequel il DOn^ esgoqj^roit sieau, ce sao/t we Yipgtaine de bellea ùeo forlifiéefi. et qfii^ ool coustô vingt s d'or à la S'iç^Ofie s^ çoii^uecir et forjtt à sainem^iUt pairier de& caoseqpeat estât, il n'y a ri/^n deplua reciMinnianm de i^ic la boa bout de soa costé ,. sa soumettre ^ai& à la di^pretioa ^, pouc pareut qu'il soit , le naturel Dces p^rtieuliers estait. lou^jiMics de • lœilnon au s^lul de soa bi/SR-£acteur, tot4pttrs couvei;teo)^nt en hai/ie , aip& iluy duquel il espere^l^lu» d utilité. A At et vulgair^nieut juger de& pilaires et r les choses », non. à Taune da futur , telle d» passé ^ il y a. diç Tappar eoce ap qjue M. de $avoye soi( pouK tous- ^ocbei: djiL costé de Tempereur ;. mais ^ra avec bien, solide ju{j;ement me^chos^s aa pied de la vérité , les nalbsequeoi^. elTaçecont tpus ce9.bi:ouiL< louB ces nuog^Sp Chacua sçait , outre eo peut estre apcins par l^s histoires « Buisoit de Savoye a tou^jour^.prosperé |u'elle s'est bien eotreteuue avec la»
. Et de l?uçt , il est notoire q,ue Ip duc ^ père de cestuy-cy» ne £ut spolié que m inconsiderén^ent quitté Tamitié de ice à la persuasion de Tempereur , lani de donner sentence du Montferrat iveur contre Le duc de Mantgue : et is , dès qfie Fempereur le veit emsuDs biscuu , la seii^npe , coati;e sa se, sortit en fayeuc de Tautre ; et au Uîinps y sous prétexte de défendre ^, il s'empara de ses places pour en la duché de Milan , abandonnant ce prince a^x coups et aux n^iseres. La ace de toutes lesquelles choses doit us de force envers le fils que ceste ire qui a soPV.entesté pleine de misère alamité , quoy qu'il Tait servy aux de sou estaL
a que deux seules voyes 'pour s'asles hommes, toutes contraires l'une 9 y à sçavoir l'aipour et la force. La e est bien séante aux princes bons et IX , et l'autre familière des tyrans ; jlige et lautre offense. Le duc , qui •it et Tuiietrwtre, a lame si bonne.
Lmm CINQUIÈME. «asu
qu'il sçaufra ceeo^noislre tome9 cea choses bien bluitées dans le tamis du jugement et. de la liaison , et con^bien mémorables seront ses obligations , 1^ roy riu)nm)rant du marine de sa so^ujr , et par uue vf aye générosité le restituant eii tous ses estais ; chose qui 1,'obligera à mesurer toutes ses actions au pied de ht volonté et des intentions de Sa Majesté ; cai: , Caisunt auii*ement, les forces ny Ip puissance ne lu.y defaudroient pour soudainemeni se venger de cest^ ingratitude, taut la j^rance est procbe de Luy, et auparavant qual'empereur peust venir à, son secours.
Et poiu* autant que les jalousies de Testât sont si glissantes qu'il y a tousjours q;aelqu& chose à radouber , comme aux navires et aux, femmes, et qpe il u'y aparentages ny amitiés » pour bonnes et sainptes qu'elles soyent, qui ne s!ajterent|quelquefoi;&., le comte jugeoit convenable qjue les Suisses. , qui ont mesme alliance 'dMfiQ le duc^q/a'avec le roy» fussent appelles ponr garands.et fide-jusseucs des |^ro«masses de l'uaetde l'autre prinpe > avec auc^ torité de courir avec le&acmes sur celuy qui Les alteneroit, au, cas q|ie, d^ différends qjtti pourroient sui;v.enir* , il n en voulust de-* q^purqr à lenc décision et arbitrage.
Que 1<^. trois estats de Savoye et Piedmontt assemblés ea corps jjareroient solennellement de ne scfrvir de lem*s persanes ny. de leurs. bîei|s leur girinae , Qaiqu!il v/anlH^t rien entreprendre au préjudice du roy , et qu!à ces. fins j dès. maintenant Qomme pooi; lors , ils demeureroient quittes et absous du vasselage et sermeaP de fidélité.
Serxûtdict attssi.vipf^i^e faisant , mais.poc article secret, q|ie le douaire de Madame seroit assigpé sur Figneiy^lf Saviglan» Fossan et Cony », dans lesquels elle pourxoit: tenir quelques, gens de guenre pour la seurté d'iceluy; mais (^ue , sortuns enfansde ce mariage,.Ia garni* son cesseroit, et non pas Tassignation^ la, conjonction desquelles places avec le mar^ quisat de Saluces, qui. est propre du roy ,. rendroit Sa Majesté aussi puissante en Piedmont que le duc mesme.
Si le roy ne vouloit entendre à aucun de ces partis, et que par là le duc f ust contraint* d'entendre au mftriage de la fille de la royne. El^onoi^i Mmi» de Pcyingal., ce «eroit un,
HÉMOIRES DE BOYYIN DU YILLARS.
coup fort dançerens ponr la France ; car, se rejectant par ce moyen entre les bras de Tempereur, il trouveroit que les sept cens mil ducats que le roy son père luy legna en mourant , et qui furent mis sur le trafic des Indes , en ont engendré plus de trois millions et demy^ desquels il pourroit retenir trois ou quatre cens mil escus , et prester le reste à Tempereur , qui lui bailleroit pour gage la Franche - Comté et Alexandrie, prochaine d*Ast , que le duc possède , et par Fun et Tautre travailler les conquestes firançoises et ses propres entrailles.
' C'est mal entendre les affaires d'autruy et les siennes aussi de plus retarder le mariage de Madame , estant desjà si avant en Tage qu'elle est : c'est Tun des poincts dont Fempereur se sert pour degouster le duc de ce mariage , duquel dépend pour le roy im poinct de très-grande importance , et qui devroit servir d'esperon pour advnncer Taffaire ; c'est que si Madame ne portoit point d'enfans, et qu'en ces entre-faictes le duc vinst à mourir, M. de Nemours, créature du roy, succederoit à tous ses estats , desquels le roy disposeroit à sa volonté , et au dommage de l'empereur : et là où il adviendroit aussi que ledict sieur de Nemours vinst à mourir sans enfons, toute la succession reviendroit au roy , mesmes à cause de madame la régente, sa grand mère, sœur unique du feu duc Charles. ^
Ceux^qui hors de passions voudront examiner ces propositions, devront louer Taflection du comte , lequel promettra de ne s'advancer ou reculer en l'exécution d'icelles, sinon autant qu'il plaira au roy luy commander, et de la Majesté duquel il a esté tousjours et sera fort fidèle et aflectionné serviteur.
Toutes ces propositions furent par Plancy vivement représentées au roy et à M. le connestable, et la resolution sur icelles diligemment, solicitée avec la secrette participation de Madame , sœur du roy , de laquelle le mareschal estoit serviteur particulier. Mais , quoy qu'il sceust faire ou dire , si n'en sceust-il jamais venir à bout, ayans esté trouvées desadvantagcuses par ceux qui ne veulent jamais que leurs compagnons voilent si haut qu'ils offusquent leur gloire et leiu* mérite , l'infirmité
et la malice de la nature himiame ne |
tant quasi jamais que le service et les
des princes soient conduicts avec cesu
et ceste candeur qui affermitet fiaictfli
estats, chacim faisant , comme dict de <
nés, ses vengeances ou ses affiûres ai
pens de son maistre : ce que les 1
pourront plus aisément recognoistre
fin de ces Mémoires, si Dieu me l
grâce de les pouvoir achever comme
sire , mais plus encor tous ceux qui e:
ront diligemment tout ce qui est adveni
ce temps là jusques à ce jour d'huy i
Le douziesme de juillet , M. le coni
donna advis au mareschal touchant]
grès de l'armée du roy estant en cam
et de ce qui y sera siu*venu après la
de Mariembourg , « d'autant que depi
n'en avez eu aucunes nouvelles. A cesie
je n*ay voulu faillir de vous faire im p<
cours par la présente , vous advisani
partir dudict Mariembourg nous avion
le chemin de la rivière de Meuze , poi
asseurer des lieux, chasteaux et place
estans sur ladicte rivière , qui nous est 1
la plus commode pour la conduicte <
vivres et autres provisions nécessaire
les armes , depuis la ville de Mezieres
la principale estappe de nosdicts vivre
ques dedans et par tout le Pals-Bas de
pereur : et ayant prias grand nombn
dicts chastoaux et aucunes petites vil!
tans sur le bord et es environs dudict i
tant deçà que delà , où en la plus p
ceux qui se peuvent garder et défendi
a laissé quelque nombre de gens de gi
et ce faict sommes venus camper dev:
ville et ohasteau de Bovines , qui est
coude et plus forte place du comté d
mtir et pais de Namurois, appartenai
dict empereur , située sur ladicte riviei
lieu le plus estrange et malaisé à al
qu*il est possible ; à quoy s*estoient I
asscurés les Espagnols et Namurois qi
toient dedans, lesquels j'envoyay par u
raut sommer de rendre la place; et sui
refus fis incontinent asseoir l'artiller
batterie pour rompre premièrement
défences , dont ils tiroient infiniment WL
gens qui les tenoient assiégés. ?