LIVRE CINQUIÈME
is (iiiableinent , ayant ladicte artillerie D devoir et remonsiré aux soldats quellareoce de brescbe, on ne les auroit peu qu'ils ne se fussent mis en devoir d'y ce qa'ils firent ù la furie , encores trouvassent fort grande résistance , rent par le fil de Tespée tout ce qui eux rencontré , s'estans quelques uns Espagnols et Namurois jettes dedans eau , qui est sur un lac inaccessible ; our n'estre gamy de vivres ny de ce oit pour le garder et défendre , ils se it incontinent à la mercy du roy , et Dt pendus quelques uns pour donner ;à ceux de Dînan^ qui est devant lovines, sur Tautre bord de ladicte le Meuze , appartenant à Tevesque et lire de Liège : et pour ce que de tout t ancienneté les Uegeois ont esté en ccion , amitié et alliance de la cou- » France , sinon depuis quelque temps Mit empereur a trouvé moyen de les mer, pour leur avoir baillé , à sa diset dévotion ^ un evesque qui est leur le roy , ne voulant toutesfois oublier mcienne amitié , et pour leur user de » honnestetës possibles , trouva très- ) je leur eusse envoyé un héraut pour ramiablement donner passage à nos et nous aider et accommoder de ce corroient pour le devoir de ladicte I amitié et alliance , laquelle le roy ement estoit prest d*ob«erver, mais maintenir toute protection et faveiu* odroient avec ses forces, quoy ayant desjà receu quelques fKspagnols, Allemans, Namurois, avoit envoyé Tempereur , du vou* msentement de Tevesque et chapitre , comme il se voit par lettres dudict (|ui ont esté trouvées es mains de Tun aines qui estoient à la garde du chasfirent responce téméraire et audadisant qu'ils ne cognoissoient point i son connestabic, et que nous aciv d'aucune chose, quelle qu'elle nen feroient rien, mais estoient ! faire tout ce qu ils pourroient pour ur contre nous : qui fut cause qu'au dict Bovmes il fit asseoir nosire ar-
tillerie devant ledict chastean de Sinan dn costé deçà Teau au Namurois, estant de raii« tre costé M. le duc de Nevers avec une par* tie de nosdicts arquebusiers et des forces du roy, tant gens de cheval que de pied , qui tenoient enclos et assiégé ledict chastean^ qai est au dessus de la ville sur un roch en précipice du costé d'icelle ville et de la rivière; et les autres endroits sont lieux de difficile accès » on il ne se peut faire tranchées.
» Neantmoins , ayant esté assise ladicte ai^ tillerie en trois batteries, tant deçà que delà Teau, elle auroit feit si bien son devoir par deux jours continuels, qu'elle auroit reduict partie de ladicte place en poudre, et cepeu'* dant la ville se seroit rendue à la mercy et discrétion du roy , sans estre battue ni assaillie ; mais quant à ceux dudict chastean , qui estoient deux cens Espagnols et cinq cens tant Allemans que Namurois , tous gens choisis et esleus , jls auroient voulu faire des opi* niastres jusques à voir tomber la moitié de l'édifice sur eux , où se voit une grande ruyne, encores qu'il fùst beau et autant fort d'assiette et situation qu'il est possible ; et combien que la bresche, quelque baterie qui y enst esté fiiicte , ne fust aucunement raison-i nable , mais quasi du tout inaccessible , toutesfois elle fut recognene par aucun de nos soldats jusques au haut; et cependant ceux de dedans n'espargnerent artifice de feu et arquebusades , dont il y eut jusques à dix ou douze des nostres qui y demeinrerent vaillamment; et n'eust esté que la nuict survint, l'assaut se fust ensuivy et donné vifvement , comme très-bien s'attendoient lesdicts Espagnols , Allemans et Namurois ; au moyen dequoy, ne voulans ceux de dedans attendre le hasard de ce qui en ponrroit succéder , ib vindrent le lendemain de bon matin parlementer , et vindrent des principaux d'entre eux devers moy, lesquels, quelque instance qu'ils sceussent faire , ne peurent obtenir au tre composition , sinon qu'ils sont sortis avec leurs espées seullement, sans enseigne m tambour, laissans leurs autres armes avec l'artillerie et les munitions , qui estoient audict chasteau en grand nombre et quantité » avec plusieurs de leurs malades qui n'ont peu sortir , outre ce qu'il y en a eu plus de
MÉMOIRES DB BOTtlN DU tlLlÂHS.
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Sept on hait vingts de mcyris. El quant à ceux qui sont sortisses deux parts se sont troatés tous blessés , tant a*esté la batterie fiiriease. . . » L*on est après à prendre une bonne codclnsion et resolution de ce que nous aurons i foire , aiin de partir ioeontinent pour tirer la part où il sera advisë pour plus endommager Tennemi , lequel , selon les advartismens que nous avons, foit assembl» ses forces à Namur, où Ton dict que iedict empereur est venu on vient en personne; et ne demandons pas mieux , à fin de voir et expérimenter si ses effects se trouveront tels qu'ont tonsjours esté ses menaces , dont il a ordinairement foict si bon marché par tonte TItalie et ailleurs où il a voulu déprimer nos afEiires pour exalter et tenir en réputation les riens. Je vous envoyé uo portraict de la place de Mariembourg , encores qu'il ne soit pas bien faict ; toulesfois vous comprendrez facillement et aisément par là la forme et structure de ladicte place , en attendant que je vous en face tenir un autre » où vous verrez à la vérité comme elle est maintenant et ce que nous y voulons foire pour Tamander en ce que nous pourrons , combien quHl n'y foille pas grande chose.
» Le roy a toujours continué durant ce voyage à très-bien se porter, et continue encores de présent, grâces à Dieu; lequel, après avoir séjourné quelques jours auprès de Dinan , tant pour foiro ruyner le chasteau dudict Dinan et les ville et chasteau de Bovines , que pour attendre Vamas et provision des vivres qui estoit nécessaire pour la nour«> riture de son armée durant ce voyage, Iedict neigneur alla loger avecques sadicte armée à deux petites lieues de Namur, où estoit le camp de Tempereur , passant la rivière de Gembre où il attendoit bien , si Iedict empereur avoit cœur et volonté de combattre , qu'il se prenenteroit pour empescher le passage de ladicte rivière , qui estoit fort malaisé pour le Toy et sadicte armée , et d'autant plus advantageux à sondict ennemi ; toutesfois , il n'y comparut jamais personne. Le lendemain de grand matin , Iedict seigneur se remit aux champs et approcha Iedict Namur et le camp dudict empereur d'une petite lieue franiçoisoy ayant dépesché une bonne trouppe \
de sa cavalerie , qui fut eacartaoïidMr dudict camp pour essayer d'attirer ledigi pereur à ki bataille ; ce qui ne fnl jp possible , et ne fut recognn autre chpi luy et de sondict camp que ce que lediei gneur avmt jà eu par pliiaîeiurs advô^ estoit qu'il foisoit jour et nuict tnin avecque un infini nombre de gens | burgissement et profondissement des ) chées de sondict camp , encores qm { eUes fassent si grandes qu'elles ne se { voient aucunement forcer ; de sorte qn dict seigneur voyant cela , et qa'il n'y i aucune espérance de l'attirer an amÎM délibéra de renfoncer dedans ces pski qu'il a fadct ; de foçon que , traveruil le NamnroiB et le Brabant, à deux 6»t lieues par jour, il se trouva le samedJy 4| uniesme de ce mois près la maison de k^l de Hongrie, Bonnée Mariemmont,i|«ii|i à une lieue de Bams , laquelle dès Vwm fut mise en cendres, et dès le soir mfH orocher rarlillerie de ladicle ville de IM et le lendemain, au poinct du jour, oi^ mença à la battre si furieusement, (fmH neuf heures du matin ceux de dediis '■ contraincts de se rendre à la mercy»
cretion du roy.
•» Il f ut trouvé dedans Sjopt enseigtfi gens de pied , dont on a les dnq[>pea^ eust eu Iedict seigneur grand regret «n une fois faillie luy estant dauphin , si , saut par auprès estant roy , il eust iéÊi l'emporter , et aussi s'il ne se fust sovM Folembray sur la maison que laroynedTi grie y a foit bastir à la semblunce dudic riemmont, lesquelles, avecque ladiclsc de Bams, ont esté tellement brusléea od nées, qu'il n'est demeuré chose, quelle q| soit , en son entier. De la singularité deai maisons , tant d'artifice de meublesques magnificences, elles esloient excelle»
garnies , et on a faict et foit-ou tous les de si exécrables dommages et si beau jk à quatre et cinq lieues à la ronde du » par où l'on passe , et en tant de bellep^ sons, qu*on se peut asseurer que Iedict^ reur et ladicle royne d'Hongrie ne à se repentird'avoircsté les premiers i de tels bruslemens : il est vrai que^
I hVfm CINQUIÈME.
I M. d^irras %y(Âi eacril œst hyrer , egat avait faict iBstance envers le roy le procedast par tels tnrualoiyieaft , ce lict seigneur avoU trouvé Immi , eacqree ist offensé ; »ai9 , «waine Ton 9ç^,
ir.
iict sàgwvf de 14 e«t veoii mmp^ à nie lieue de Bapcy , qiiî eei use beHe ille qu*oa a troiAvée abaodwnée , aiy«al islerjusquesau^fom boiir|;sde Ifoss, nent gasté et appauvry le pais , qii*ii li-aisé que de long tepupe il se puisse •e; peosaal bien le rey que par »ye il cûQlnMedroU ledict empereur u cooibait ^ maia il ne s'y est iamais é , et touiesfiois il a deapleu et despbil neot audict seigneur q<i*il ait eeté eoiir aiosi enjf^oy^ §pfi ^smfy^ , qu*il »'a pise $u& qi^ p^>l|r aller Ur^uver lecttet wr et le cçp4>attre fiveiQqMe «e^ fore» ei place r^sfifèv^Ufà^yw^e le bow^ (juejceUe qu'il ^ , de laqjietfe il e|ir iDu^*oura Cdeiii i team^a , >it le aopr a estre pretccteijir e^ defepsydur. »
«gt-^iiesne îuiljêl ^ M. ^e cMaeslima advi$ a» wa^ esc^al qu'ee h^ a voit Ht faict sça'voir tout ce qui e^fejl auoi ^t de la prise de la viUe de Mwemue depuis 4es villes e( dyisteaay. de et Dinw; « et pmtfce que^ œ que ejar a dep ws exécuté au voyage qu'il ^ le jpoU de sen enuew 9'esl ide repun^iiet^ i^ae )e ^^Pieavant > m n'a illir> à cesie bç^u^^Viia «oHSDeue re^fen Ueiji d.'o«i ma 4e|te|ehee fieuml renient jufiquesà'Vqm^df voueeji£ttre ît véritable dis^ovre y qjui eslqu'apres ict seigneiur e^( s/^/mfué quelques ^ ledict Dimi^ depiiîs la prise d'icet paur faire ri^er le cbesteau diidia deuu)iir eit brusler les ville et ehasrlîct Bovijaes , que poiy «n tjrer toute odité de vivres qu'il a peu » et da du sac enrichir ses solûats, et de p d'autres cbasi^eavx , (tetites villes )ourgs à cioq ou sixlîeuesa a ronde , pour attendre le grand amas et pro e vivres qui estoit nécessaire pour iture de ccste armée , durent aondict
?oyage , iceliiy seigMW alla léger avec sa^dicte année à denx petites lieues de Namnr , eu estoit le camp de Temperenr ^ ayant en ce jow là i passer la rivière deGembre, oà, penr l'importance dndict passage ^ qui nous estoit l'entrée de ses Pals Bas , iedict seigneur attendent bien, si ledict empereur avoit qnekfue volonté de combattre , qu'il ne faudrait de se présenter pour biy empescher le passage de ladiete rivière , qui estoit fort mal aisé et difficile poor ledict seigneur et sa dicte année , et d'autant plus avantageux à son dict ennemi; toatesfoîs il n'y comparut jamais personne. Le lendemain de grand matin ledict seigneur se remit aux ekamps , et approcha ledict Namnr et le camp dudict empereur d'une petite Ijene françoise , ayant depesché une bonne et grosse troappe de cavalerie , qui fint escarmoucher près dndict camp pour essayer #attirer lediet emperenr à la bataille; ee qui ne fut jamais possible , ny aussi dç Mcognoistre aanpe chose de luy et de sondict camp qne ce que lediet seigneur avoit eu par pfaisieurs advis , qui estoit qir'tl feisoit incestnmMBfim travainer avec un infini nombre de gens à Festargissement et pceSandissement des tranchées de sondict camp , encores que desji|^ eKes fiissenc si grandes et asseurées qu'eUe^ ne se poayoiem aucunement forcer. De sorte que le roy, voyant cela , et qu'il n'y avoit naiie espérance de l'attirer au combat , de-* KbeM de t^eirfaneer dedans son pais , ce qu'S a fiiict : da façon que , traversant par le Namureîs et le Brabane à deux ou trois lieues par jour ponr le plus , il se trouva , le samedy vi^gt-nniesme de ce mois , près la maison de laffoyne d'9ongrie nommée Mariemmont, dis-^ tant de Baras d'une petite lieue , laquelle dès rarrivée de nostre armée fut mise en cendres ; et quant audict Bams , faprès Favoir recogneu,|'en fis approcher Tartillerie dès le seir , et le lendemain au poinct du jour la fis battue si furieusement , qu'enriron le neuf à disx heures du matin ceux de dedans 'furent oontraioets de se rendre à la mercy et diseretion du roy , qui usa de telle démence OBvers eux qu'il ne voulut point qu'il y eùst du sang re^ndu.
» Il fut trouvé en ladiete ville sept ensei« gnes de gens de pied , dont j'ay icy les dra<«
MÉMOIRES DE BOÎVIN DU VILLARS
peaux. Et feaf que je Tons confesse que j'eusse eu un merveilleux regret que le roy , ayant failly ladicte ville de Bams une fois lors qu'il estoit encores dauphin , il fiist passé auprès , estant si grand roy qu'il est , sans remporter, et aussi sans prendre la revenche du feu que luy fist faire la royne d'Hongrie en sa maison de Folembray , sur celle qu'elle avoit dedans la ville , encores que le jour de devant ladicte revanche eust jà esté faicte sur'sadicte maison de Mariemmont, qui ont esté l'une et l'autre , ensemble ladicte ville de Bams, tellement bruslées et ruinées qu'il n'y est demeuré chose , quelle qu'elle fust , en son entier. levons asseureray bien que nous avons faict et iaisons encores tous les jours de si incroyables dommages et de si beaux feux à quatre ou cinq lieues à la ronde du chemin que nous tenons , et en tant de chasteauxet de si belles maisons appartenans à des principaux serviteurs dudict empereur» que je m'asseure que luy et les siens ne sont pas à se repentir d'avoir esté les premiers aucteurs de tels bruslemens. { » Nous vinsmes lundy dernier , vingt-quatriesme de cedict mois, camper à une demy lieue de Bavey , qui est une belle petite ville que nous trouvasmes abandonnée', et fut sur l'heure bruslée , comme aussi ce jour mesmes la ville de BCaubeuge ; et pource que nostre chemin s'adonnoit de passer à une petite lieue de Mons en Haynaut, j'envoyai brusier tous les villages circonvoisins jusques aux fauxbourgs de ladicte ville , et fis donner une bien chaude alarme à ceux de dedans : la royne de Hongrie , ainsi que j'ay sceu , y . avoit esté quelque temps ; mais , sentant que nous en approchions , en estoit partie bien soudainement pour se retirer plus arrière dedans leur pais et chercher plus de seureté pour elle à s'esloigner de nous , qu'elle ne pensoit trouver à la forteresse de ladicte place , encores qu'ils l'estiment imprenable. Hier nous logeasmes au dessous de Quesnoy, entre ledict Quesnoy et Yalenciennes , et sommes ce jourd'huy venus camper en ce lieu pour venir au devant de nos vivres , qui commençoient fort à nous faillir , où nous avons sceu que ledict empereur est sorti de son fort, faisant contenance de nous suivre.
Y» Si ainsi est , et que ce soit avec quelque
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démonstration de vouloir venir à la bataille après en avoir refusé tant d'occasions quilo} en ont esté offertes de la part du roy, etavoî laissé prendre ledict chastean de Dinan , ei depuis ladicte ville de Bams , et bmsler d ruiner tout son pals et les maisons de sa propre sœur , à sa veue et depuis son arrivéeei son camp , il se peutasseurer que nousfenai la moitié du chemin et luy irons audevant et bonne volonté et délibération de le combattre^ ayans jà esté de trente à quarante journéei dessus sesdicts pais, sans chercher antre chon^ et avoir passé le long de la pluspart de ifl| places fortes , comme lesdictes villes deQneK^ noy et Yalenciennes, Avannes, Landreqr Cambray. Voilà , mon cousin , le succès tout nostre voyage, que je vous ay voulu discourir ainsi particulièrement et i vérité , à fin que vous sçachiez comme est passé , et que si les Impériaux , selon accoustumés artifices , en vouloientd quelque chose pour s'en prévaloir, vous a dequoy leur respondre : vous en ferez munication à tous les seigneurs et capi que le roy a par delà , à fin qu'ils participât à l'aise et au plaisir que chacun en reçoit.
» Geste depesche a esté retardée ]vs/^ à ce jourd'huy , à fin que je vous puisse der le plus avant que je pourray du de nostre vopge , mesmement que l de madicte depesche estoient comp la queue de ceste armée de six à sep chevaux des ennemis , lesquels , encores^ eussent fort bien rccogneu cette dicte avoir jà passé au deçà du ruisseau du Gh Gambresis , et bien fort s'eslongner de^ ' mille chevaux que l'on avoit laissé da^' au delà dudict ruisseau pour favoriser ^^ gage , ne les osèrent jamais enfoncer ; ^ rent là nos gens une si belle et brave re qu'ils n*y perdirent un seul homme n val , mais au contraire en prindrent et de ceux des ennemis. Et pour ce qu'il ' quelque apparence qu'ayant l'empereui^ ce ses forces si près de nous , ce fuss^^ quelque volonté de combattre , le ro 3' cores que nous nous trouvassions fort cou de vivres , séjourna tout hier en son logîsp/t ledict Chastoau de Gambresis, contre ssipremiere délibération , pour voir si ledict ewpe-