‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 112 sur 224 · LIVRE CINQUIÈME. mi · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. mi

» Dira la plaincte du capitaitie de L*Iste , sergent-majeur des bandes françoises, qoi n'est couché en Testât de Textraordinaire que pour cent livrée par moh , ofres qtie Sa Majesté fny eh aft accordé cent Citiqnante ; et par ainsi suppliera que Tarticte ed soit reformé.

» Fera particulière remonstrance ail roy et h, M. le conncslable, des grands et recommandables services que M. le gênerai tîoyffier a rendus et rend tous les jours à Sa Majesté en toutes sortes d'affaires sans s'amdser ù demander, comme d'autres ferorent, des taxes et des récompense^. Par ainsi H supplie Sa Majesté hiy permettre dé pemtolf diviser to généralité en deux , satis payef financé! iiy charger Sa Majesté de nouveaux gaiges; et & la vérité c'est le ftiolns qu*il puisse espérer de sa bonté et libéralité , la' Servant fidèlement et utilemetitcomme il fittct.

»> Et pour alitant qu^it est aisé de tccogtiois-' tre , autant par les lettres de Sa Majesté ek de M. le connestable que par les p!t)pos qtÉl se tiennetit des forces dn Piedmont , qa'il y en ait plus qu*il n'est convenable pour le deffendré et pour heureusement aussi assaillir' Tennemi , ledict Boyvin est chargé d'un estât de toutes les compagnies , tant fhmçoises , italiennes , allemandes et suisses , et de tt)n« tes les villes , forteresses et chasteaux que le roy tient aujourd^huy deçà les monts , à fin que , ayant recogûu et ordonné ce qu'H fhtft eu chacune place pour là gartiisou ôrditialrè, elle puisse juger ce qui restera pour tiret" en* campagne , et là dessus dresser tels estats et assigtiattons qu'il jugera couvenables à Ttill^ lité de son service , et relever le mareschal des désavantageux jugetnens qui se font de* luy , qui , en fidélité , obéissance ^ attottf et dévotion envers son prince et k patrie , ne' Cedde à qui que ce soit. »

Par les nouvelles vendes d* Angleterre , d« seiriesme jour de ce mois, s^entend comme te roy et royne d'Angleterre setrouvoient bien eslongnés de ce qu'ils pensoient faire il y a six sepmaines an parlement dernier , où ih fiiisoient conte que , ne pouvant conronner te roy et luy faire succéder te royantne tTAn*gleterre , à tout te moins de luy en fiahre tom* ber Tadmimstration avec tA ponvnir sur h»

MÉMOIRES DE BOYYIN DU YILLARS.

forces ei finances , qu'il eust peu disposer à sa volonté. Toutesifbis la chose a prias telle issue , que pour ce coup il £aiut qu'il se con« tente à beaucoup moins qu'il ne s*attendoit , et à telles conditions qu'il ne pourra mettre estrangers aux places fortes dudict royaume, changer leurs lois , mouvoir la guerre contre aucun prince estranger » s'aider des hommes ny de Targent pour les employer hors dudict royaume , ce qui a tellement despieu auxdits roy et royne » que le seiziesme de ce mois il$ allèrent par eau tous deux clorre et terminer ledict pariement sur les quatre heures du soir, assez petitement ^accompagnés et sans aucune cérémonie , monstrans et faisans cognoistre à un chacun avoir quelque grand mescontentement contre l'assemblée d'iceluy, encores que l'effet de la religion y eust succédé comme ils desiroient.

Maintenant il ne se parle plus du passage du prince d'Espagne en Flandres ; qui faict penser que tel bruict qui en a couru n'estoit que pour donner moyen aux estats dudict parlement de demander gens et ai^[ent pour son passage , qu'il entendoit envoyer contre le roy, ainsi que l'empereur estimoit.

U se parle bien qu'ils ont délibéré de faire un antre prochain parlement , oik ils mettront peine d'assembler gens forgés à leur dévotion ; mais'il est aisé à croire qu'ayant failly an dernier , il sera mal-aisé d'y mieux fiaJre , attendu mesmement qu'il seinble la haine de cesie nation s'augmenter chacun jour contre ce règne.

. Le bruict qui avoit cy devant couru du retour du prince de Piedmont en Flandres , ne se continue tant qu'il faisoit , et ne sçaiton au vray quand il s'en retournera.

Depuis quatre ou cinq jours un courrier est venu de Flandres : ce roy a continuellement gardé la chambre par une indisposition de sa personne, comme on fait courir le bruict , de sorte qu'il ne se laisse voir ; mais il s'entend par aucuns que c'est par quelques nouvelles qu'il a entendues de la mort ou grieve maladie de l'empereur , ou autres qui ne valent gueres mieux , et en a esté différé pour ceste occasion un toumoy qui se devoit faire icy dimanche prochain.

v^On a esté adverty comme sur la fin de ce

parlement il y fut mis en advant par le secrétaire Boumes l'ouverture de la guerre contre le roy, sous couleur de demander la pensim qu'ils appellent icy tribut ,~ et qu'ils diseit avoir sur le royaume de France , faisant argument entre autres de devoir prendre ki armes en faveur des Pays Bas, en suivatt les anciens traictés qu'ils ont réciproquement avecques iceux; toutesfois ledict Boumes, pour ce coup-là , ny ceux qui l'y avoieot envoyé , n'en furent satisfaicts selon leur âh tention.

D'avantage aucuns délégués de N9f>lei, Milan , Crémone et d'autres , qui sont sSà devers ledict prince d'Espagne sous omlit de le gratifier , sollicitent en extrémité om paix , et de demeurer deschargés de taat ds daces et subsides qu'ils ont supportés jonques icy , avecques protestations de ne la sçavoir ny pouvoir plus comporter.

M. le prince de Savoye foict de sa pmi bonne diligence d'estre aussi recompensé p« lesdicts prince et royne , ou bien qu'ils soyent les moyens que par une bonne paix le roy le face ; qui sont toutes choses qui leur donnai grand ennuy, avecques la necesâté qu'ils in voyent avoir d'argent , et le peu de Doyoi qu'ils ont d'en amasser durant ces guerra, mais au contraire qu'on leur en demande di tous costés.

Quant au faict de la paix , les choses enmt tousjours aux termes accoustumcs , et fnl lesdicts roy et royne d'Angleterre demonnntion d'en avoir grand envie , à quoy la rein^ lutionprinse à ce dernier parlement les pov* ra , comme il est probable , induire d'anatage , joinct que la nécessité qu'ils cogneb* sent mieux que nuls autres que l'emperev en a.

Nouvelles venues de Flandres par lettresib Bruxelles , du dernier de septembre. < L'en continue d'asseurer le partement de l'empereur, et disoit-on que ce seroit pour tout on mois d'octobre. A ceste heure il semble qil ne doive estre si soudain ; toutesfois l'on n'ot point autrement asseuré du jour, et si sçik on bien neantmoins que M. de Bevere estali donner ordre à l'armée qui est en Zelaadn, et ne fout pas estimer que il vueille supporter si grosse despence sans aucun firuict ny 00»

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