‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 119 sur 224 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

ilni le De fais aucun doute que la î et la longueur de mon voyage lonné quelque soupçon a M. le marnais je vous feray maînlenanl toudoigt et à rœil que je suis amateur neur et de cesle roesme vérité , qui $joiurs estre en la bouche des gens : aprcnez et retenez donc , s'il vous [ue, durant que j'ay esté près de ice à Verceil , où je l'ai laissé , qu'il ouvertement et confidemment destouies ses intentions , et le calamiteux estoient aujourdluiy reduicts ses aft surtout le juste mescontentement m son ame que Tempereur luy ait de parole sur la lieutenance genetlie qu il luy avoit pieça promise , et ûntenant donnée au duc d'Alve , qu'il pour amy ; que c'estoit un affront si u*il ne s'en pouvpit donner paix , et ine d'iccluy il avoit demandé congé à ur de venir faire un tour en Piedir rccognoistre son bien , et redres- [lynes que feu son père et luy avoient pour son service ; et combien que le ve fust arrivé depuis luy en Italie , s'esloient encore entreveus , et que ayant envoyé visiter par domp Rayt Cordoue , il Tavoit fort prié d'aller êe de l'empereur , où il seroit fort et respecté , il l'en avoit très-bien î voulant assister de son crédit , de et de ses armes, un prince moindre et d'autant moins que la gloire et Tité des affaires en seroit rapportée, f, mais au duc d'Alve , qui avoit det enlondre à l'empereur ce sien reourrier exprès : surquoy la Majesté } luy auroit par quatre divers couridé qu'il eust à la soudainement veer, pour estre par luy employé de charge plus grande que n'estoit celle et qu ayant faict plusieurs conside- 1 dessus , et qu'il avoit l'armée du e aux portes de Verceil , force luy é d'obéyr , pour n'hasarder les places ni luy restoiejit encor entre les mains, issi que le duc , auparavant que s'en r vers l'empereur , luy avoir encorcs

traictemens qu'il avoit receus de Sa Majesté imperialle, et laquelle ne pouiToit jamais faire chose quelconque à son advantage qui peust effacer l'affront qu'il avoit receu; qu il se garderoii bien de faire doresnavani aucun fondement sur Tamitié ny sur les promesses dont elle l'avoit si longuement et si infructueusement entretenu ; que par le contraire toute son espérance estoit tournée vers le roy; et de fuict que s'il plaisoit à Sa Majesté Thon-r nurer du mariage de madame sa sœur , qu'il le recevroil à singulière grâce et faveur, par l'asseurance qu'il avoit que les conditions seroient convenables à la debonnaire^é d'un si grand prince , et à l'affection de luy , qui avoit cest honneur d'estre conjoinct par paren.* tage à Sa Majesté , à laquelle par ce moyei\ il rendroit tou^'ours très-humble service ; qu'elle ne dcvoil aucunement craindre qu'il fust pour demander conseil de ce mariage a l'empereur ny à autre , comn^e^ à son regiet, il avoit cy devant faict ; et que là où Dieu luy feroit ceste grâce que le rpy eust son alliance et son service pour aggrcables, (|u'il n'avoit faute de moyens pour quitter Tempereur et seurement se retirer vers Sa Majesté : sur toutes lesquelles choses ce prince luy avoit donné charge fort expresse de prier le mareschal de se rendre médiateur envers le roy , en ce que les choses poussent prendre une honorable fin, au contentement de Sa Majesté, à l'advancement de luy, et à la gloire du mareschal , auxquels à ces fins il estoit nécessaire faire recognoislre que le duc estoit pressé de trois divers mariages , ù sçavoir de la fille que la royne Eleonor avoit eue du roy de Portugal , de celle d'Angleterre et de celle du roy d'Espagne , à nul desquels toutesfois il n'entendroit jamais qu'il n eust précédemment sc.eu la volonté du roy.

A ce discours Monlbazin respondit à Tevesque que le mareschal avoit toujours fait profession d'aimer , servir et honorer les princes généreux , tel qu'esioit M. de Savoye -, qu'il n'auroit rien de plus pressé que de faire à l'endroict du roy tous les plus honorables offices qu'il pourroit a l'advancement de son maistre ; qu'il avoit souvenance que toutes les fois qu'il avoit traiclé de ces mesmes af-

ii autre recapitulé tous les indignes 1 faîres^ qu'on luy avoit toujours respondu qu'il

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

n'y avoit fonds ny rive sur les propositions qui étoient foictes de sa part , puis que ses places ny luy mesme n'estoient plus en sa propre puissance et disposition ; que le feu roy François Tavoit autres fois depesché vers Tempereur pour aucuns affaires , mais principalement pour parvenir à ceste ouverture de réconciliation et de parentage , et qu'en fin , par les ruses et defaictes de Tempereur, tout estoit allé en fumée , comme il craignoit qu'elles fussent aujourd'buy, pour autant que les affaires avoient changé de face et d'inten tions , au moins si on n'entroit en nouvelles offres et partis.

L'evesque répliqua que le feu duc Charles son maistre ( et qui vivoit lorsque le mareschal fit ce voyage ) estoit prince si incertain et irrésolu en ses affaires , que l'empereur (par fardées propositions contraires à celles du roy) l'avoit tousjours tourné comme il avoit voulu; que l'empereur, plein d'artifices, estoit coustumier de tourner toutes sortes d'affaires à son utilité particulière , sans s'amuser à conscience , amitié , ny honneur, comme il sceust bien faire lors , et que son maistre avoit pieça |tant esté batn de cela , qu'il ne s'y amuseroit plus,

Montbazin, poursuivant sa poincte, luy demanda lors dequoy le roy se ponrroit prévaloir d'un prince qui n'avoit plus rien en sa puissance, et duquel mesmes Sa Majesté possedoit , par la propre coulpe de l'empereur , une partie de ses estats , et lesquels , pour la conséquence de la France , il ne restitueroit jamais.

Ce prélat, qui n'estoit manque d'argumens, respondit à Montbazin qu'en tout ce qu'il luy avoit mis en avant c'estoit se vouloir tromper h escient , car son maistre avoit encore entre ses mains tant de bonnes places , qu'il donneroit tousjours un grand contrepoids au party qu'il embrasseroit ; et de faict que Nice , Y erceil , Sainct-Germain , Foussan , Cony et tout le duché de la Val-d'Aouste , estoient encores en sa disposition; qu'il tenoit que le roy estoit si clément et généreux , qu'il ne rejettoit jamais les supplications d'un prince affligé, son parent et tant son serviteur ; qu'il ne trouveroit jamais mauvais que Sa Majesté , selon la nécessité des afiaires , mist garnison en au

cunes der ses places , pomrveo qoela \ tion et le revenu luy en demeomseot ne pouvoit ignorer que Nice ne fou sa disposition ; quant à Verceil , qœ se logeroit dans le chasteau , et qœ moyen il introduiroit lesforcesdnrov la ville , pour raprès par crnsom dance forcer la citadelle , qui i^ demy achevée; que La Trinité qiû doit dans Foussan , estoit son vassi, remettroit la place ; que Cony et i d'Aouste ne dependoient que de a que pour le regard du comté d*Ast pourroit pas venir à bout sisisémm autres ; toutesfois qu'il avoit|daDs h seigneur Robert Roiier , qui la m plaisir , et qui y pourroit remuer tel ( soubs l'assistance des forces de Sa té ) , qu'elle seroit aisément reconTi

La finale resolution d'entre Te?

Montbazin fut que le tout seroit au mareschal, et qu'il seroit soppiié porter à un affaire de telle conseqoeig les bons offices qu'il jugeroit estre cci blés , et que Sa Majesté seroit partd ment suppliée de n'en conférer qa*am connestable , et que selon la resposoe vesque iroit luy-mesme enilandresh| à son maistre.

Le mareschal, ayant diligemiDaî le faict et les grands conseqnencef après luy , print resolution de a?

vers le roy pour luy faire les remonstrances cy-après represeés.

« Qu'il supplioit très-hiunbleiaa^ jesté vouloir remarquer et coosiiliR bien seroient grands les adTaota^i recevroit de toutes parts de ceste na tion, et entr'autres celuy que laY^liD luy donneroit , tant pour rabregeiD« cUité du passage des Suisses, cœn contenir en office les Vallezieus qu d mal-aisés à manier.

» Que Yerceil , membre ancien di de Milan , donneroit une cofflfflodité a seurée pour transférer tonte la guerr?^ lie et jusqu'aux portes de Milao, ny rien entre-deux que Novarre,qaioeii nement fort.

» Que les deniers nécessaires poorf

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