LIVRE SIXIÈME
jaerre se prendroient pour la plupart )a]s et dans le Piedmout aussi , et lent très aise d'y contribuer, se voyant des charges dont l'Espagnol Taflliussi de la pluspart des garnisons ts, et en fin de toutes les misères de •e ; toutes lesquelles garnisons se Qt réduire à la troisiesme partie du s'en servir à la campagne : d'ailprince levant ainsi repentinement s contre l'empereur, il adviendroit i despit luy advanceroit ses jours , ou lesme nécessité où il se trouveroit e contraindroit à demander la paix , le Milannois, pour ne mettre au tasard les royaumes de Naples et de Sardaigne.
Sa Majesté pourroit dès maintenant avec M. de Savoye que là où il adt que par la force de ses armes elle le duché de Milan, qu'elle le remet ict sieur duc par forme d'eschange s qu'il tient tant deçà que delà les Vice etTAstisane comprinses, et avec es et obligations aussi, de la part de ité, qu'elle luy contribueroit force et :e convenables pour avoir raison de et des prétentions qu'elle a sur le rat , et qu'au profit de Sa Majesté , îroit Savonne avec toute la coste de |tti s'étend de là jusqu'audict Nice.
les choses succedans de ceste sorte, ué bomeroit tellement tous ses eseF Angleterre, la Flandre et l'Ailel'auroient dès lors en avant rien de ir que de se maintenir et en la grâce mitié du roy.
lu parsus tous ces grands advantages, né rcmporteroit un lot immortel de e clémence , douceur et debonnaiivoirreceu engrace.ce jeune prince, ié du sien par la coulpe d'autruy : ce si une action si saincte et si généreuse I la recevra en sacrifice de bonne odeur : eur par le contraire n'en rapportera lonle et le regret d*avoir si indignelicté celuy de la personne , des biens >rtuoes duquel toutesfois il s'est servi cancer ses trop ambitieux et mal messeins. *
» Si on ameine en jeu que Madame , sœur du roy, doit estre aujourd'huy fort desgoustée du mariage de ce prince), le voyant autant spolié par l'empereur que par les François, qu'elle rentrast en la mesmejdisposition où elle en a autres-fois esté, voyant ce prince remis en la bonne grâce de Sa Ma* jesté, et fortifié de ses armes pour avoir raison de ce que luy détient l'empereur par le seul droict de bien séance , duquel les princes se dispensent assez souvent.
» Sera aussi remonslré que les maladies qui ont affligé le mareschal puis quatre ou cinq mois en çà , ne sont procedées d'ailleurs que du regret qu'il a eu que ses supplications et ses remonstrances^ tant et tant de fois répétées, ayent eu si peu de crédit qu'on ait laissé inutilement perdre , et par trois fois , les occasions de conquérir Cairas et Valfenieres , et recentement Yulpian , que le duc d'Alve avoit avictuaillé sans contredit; ce qu'il n'eust fait si de bonne heure on luy eust donné les forces tant de fgis promises, et avec lesquelles, s'il les avoit encores aujourd'huy, ou qu'il reconduiroit le duc d'Alve jusques dans Milan , ou qu'il le forceroit de venir à un combat gênerai : que la despence qu'on avoit pensé espargner pour deux ou trois mois de plus à moins, en cousteroit un jour plus de douze.
» Qu'on ne luy sçauroit Jamais persuader que les deniers pour continuer une guerre advantageuse ,'puissent jamais défaillir dans un si grand royaume qu'est la France , au moins si les bonnes villes sont disposées à la conservation'publique, declinans de laquelle il doit estre permis de les y contraindre à la conservation universelle du total , et pour lequel il faut aucunes fois avoir les oreilles sourdes et inexorables , en tant que les biens se peuvent tousjours plus facilement remettre et redresser que ne sçauroit jamais faire restât.
>» Qu'à ce mesme propos le mareschal ne se pouvoit tenir de dire que la gloire et l'as* seurance de Testât ne dévoient jamais estre mesurées au pied de la despence , laquelle est toujours quadruplement recompensée par les conquestes que sçavent faire les princes justes et généreux , tels qu'estoit le roy ;
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MÉMOIRES t)E BOYVIN DU VILLARS.
et en fin qu'il irouvcroit fort beau ce que dîct l'Espagnol , que mejor es pcrder que mas perde r,
• Qn'il sera doresnavant malaisé que Valence ny Casai puissent commodément vivre, ny qu'on y puisse aller qu'avec force , d'autant que la fortification de Pont-de-Sture a Larré le chemin de la rivière et de la terre aussi ; que la ruyne ou soit conqueste de ceste place dépendra de la fortune et de la disposition de Sa Majesté, et de luy la diligence et la fidélité du service.
>. Que si M. le connestable entroit en quelique discours pour ce qui peut re-jarder le
5arlicu!ier du maresclial , que Boyvin respone n'avoir autre charge que de le ramentevoir en ses bonnes grâces , et de le supplier vouloir tenir la main à ce que le roy prenne une bonne et solide résolution sur tout ce qu'il leur aura communiqué de sa part ; mais ({ùt* parlant au cardinal de Chastillon , qu il luv diî* fort ouvertement qu'il v avoit trente ans que le maresclial faisoit |)rofessi(m d'aimer et servir le connestable , et luy mcsme aussi ; mais que , nonobstant tout cela , il estoit encor à recueillir les premiers fruicts de l'amitié et des promesses qu'ils luy avoient si souvent faîctes , et par luy espérées. »»
Durant trois sepmaines je ne cessay, et de vive voix et ])ar escrit , de solliciter la resolution sur le faict de M. de Savoye ; maïs , quov c|îic je sceusse dire ou faire, je n'en sceus rapporter attire chose , sinon cpie puisqu'il Cî>loit retourné en Flandres, cpi'il falloit , au paravanl (pic s'advanceren rien, bien sonder et recoguoistre quel seroit le traictcmeul que luyferoil Tempereur , quolgoust ce prince y prendroit, et que scîlon cela on advanceroit ou reculeroit les affairc^s , ne voulant le rov ni se> ministres considérer que la propre longueur des résolutions , et une si crue et si mal dij-erée rcsponce qu'estoit ceste là , seroient celles mesines (jui le forceroient à se rabienner avec l'empereur , au desadvantagc de la France , comme il lit fort lieureuseineiit depuis, à nosire confusion et ruyne.
Pour le regard des alfaires de Piedmont , le rov (a le connesiable m'asseurerent de si prom[)tement renforcer le marcschal , (|u'il D auroh faute de champ ny de mo\*ens pour
glorieusement desployer ceste grande et valeur qui le faisoient reluire par monde : les paroles furent belles, nu les effects.
Et à la vérité , je croy que si on n toit au serment de purement represeni ce que j'aprins et que je recognus voyage , je dirois fort franchement q la part du roy, Sa Majesté desiroit ce conciliation , et que par le contraire c avoient part au maniement des affai vouloient mordre par intentions toute ses , car je n'ose dire, pariicularitéî y a que si le parti eust esté bien me la France fust de toutes parts devenue santé et si formidable , que la plus l'Europe eust fleschi je genouîl devai et sans seulement oser gronder qu'à
Pour conclusion , je tiens que ce s jeux et les inconsiderations ordinai François, lequel (par je ne sçay qu considération qui luy |est comme nal no sçait jamais avoir soin de ses amis sins , ny mesme le plus souvent estre soy-mesme , laissant la plus part du inutilement escouler les belles occasû Dieu luy envoyé pour bastir et sa gi et sa seureté , et à quoy les envies et bitions servent de beaucoup; et toute France est remplie d'une infinité d'ar moins généreuses que magnanimes, quelles font peu de compte de leurs) de leurs labiîuis et de leurs propres (fuand tout cela cedde à Futilité pu' comme sans doute eussent faict toi propositions et assez d'autres que le chai avoit en main , le mespris des4]ue] le fil aux desadvantages (jue la fin Mémoires vous représentera. Et , poui en un seul mot, il n'y a peste plus ny plus dommageable au monde nyà que les jalousies , les soupçons et le; qui courent parniy les grands , mesr que leurs racines sont enfoncées dai cœurs ; car lors il n'y a raison , remc ces ny prières (ores (|ue justes et hon« (|ui les (*n puissent desraciner tout licvcnons maintenant au cours de nos res et aux advertissemens qui furent au maresclial sur les occurrences d'al