LIVRE SIXIÈME
tsepieni donne par le maretehal de Brùsac au roy,
uc d*Alve apporte en argent , par ' change , liuîct cens mil escus , qu il Tls [K\r rengagement d'Alexandrie, responce de tout le corps de Teslan. Il a fait fab-e trente basteaux
cl faire nouvelle fonte de trente ca-
s le chasteau de Milan , pour y lais-
u de ceux qu'il en veut enlever , et
s places aussi , jusques à la concur-
quarante.
ait venir d'Allemagne , par le lac de
de Jansa , mil cacques de poudres ,
ire achapt d^autre mil qui doivent
'sme chemin.
}cnnois en ont desjà envoyé à Mi-
. ci*us cacques , sans celles qui se
les lieux, et qui viennent de Naples '
lie.
commandé que tout le duché de Mi-
faire amas de trois mil bœufs pour
»y de rartillerie , vivres et ponts à
ikt poursuivre la nouvelle levée de Italiens , et fait aussi haster une nouée de huict mil Allemans.
les ces préparatifs se font à descouun son de bravades et de menaces tant iniJer autruy que pour faire resonner iur de Tempereur , qui doit engloutir rois tous cruds , et que c'est à ce t toute ritalie et le Piedmont seront ; de la gi*aine gauloise. »
juin , le mareschal fit entendre au les ennemis avançoient si fort le se- \ ulpian , qu il n'y auroit ordre de her, si son plaisir n'estoit de faire en toute diligence le secours qu'elle c^rois ; que si dès maintenant il en moitié tant seulement, qu'il leur t la bataille au passage de la Doire : avec tel advantage qu'il s'en prola victoire sous la bénédiction de que tous les seigneurs qui estoient ffiée ne s'en promettoient rien moins et sur tout d'Ampville , qui a une leur de courage à bien faire qu'il se
trouveroit par tout , s'il ne le tenoic un peu de court : que ce seroîl en fin un grand desadvantage et desreputation si Sa Majesté laissoit perdre le fruict de tant de labeurs et despences faictes pour reduîits Vulpidn à lar nécessité qu'il estoit , comme il avoil pic^a' souvent et souvent remonstré , craignant cd qu'il voyoit aujourd'huy; qu'il supplioit iresluiniblenient Sa Majesté croire que les conli-t nuelles instances et recharges qu'il faisoit pour advancer ce secours, ne tendoient point à donner l'alarme plus chaude qu'elle n'estoil , aîns pour pouvoir par la prévention loilement ordonner et disposer les affaires, qu'onf peust mieux mesnager la victoire à la gloire de Sa Majesté et à l'advanceaient de Testai , qui est souvent ruyné par les longues ôunc-' tations que la sordide avarice ou l'espargne engendre souvent.
Du if), que les ennemis, pour gaigner temps et pour plus utillement mesnager leurs afluires au reculoment des nostres , avoient desjà faict dresser un pont à l'endroict de Valence pour avoir la commodité de traverser la rivière du Pau, et que luy aussi pour les tenir courts eri faisoit un à Casai , et qu'à toutes heures il a[ l'esprit tendu ù les incommoder et à leurdon^' ner quelque rude secousse , si Dieu le permet ainsi.
Pendant qu'on s'advançoitsnr les invectives,' et que le renfort ne s'adrançoit que par pièces descousues , on perdit en Piedmont une très^ grande et très-glorieuse occasion ; c'est que le Pau creut tout à coup si estrangement, qu'il emporta le pont que Le Figuerol avoit faict faire devant Valence , au devant de laquelle , et au delà de l'eau , l'armée estoit re-> tournée loger , sans moyen de pouvoir venir à la ville que par des barquettes de pes« cheurs. Or, comme toutes choses sont alternativement suivies de bon-heur et de maK heur aussi , le jour de devant le mareschal avoit départi dans les places tous les commis « saires et canonniers pour y faire leur devoir advenant siège ; d'ailleurs il s'estoit aussi privé des chevaux d'artillerie pour les envoyer rafraisdiir , avec lesquels en ceste occasion il eust prins de l'artillerie dansSantiaet à Casai, pour diligemment marcher à Valence, la bat-* tre et la prendre , comme asseurement il eust
MÉMOIRES DE BOYYIN DU VILLARS
iaict, aux yeux de rarmée imperialle, et prins aussi dedans le chef avec cinq ou six autres grands seigneurs , qui n'avoient dans la ville pour toute force qu*environ cinq cens hommes de pied; aprenant par là que la nécessité des provisions et des moyens desrobe souvent de grandes et advantageuses victoires, comme eust esté ceste-cy, qui eust rendu au tricentuple la libéralité des moyens tant de fois demandés , et le deffaut desquels tenoit le mareschal court et impuissant aux exécutions. Et à la vérité , j'ay remarqué en plusieurs endroicts que le maniement des armes en pays de nouvelle conqueste, mesuré au pied de Tavarice ou espargne , n'apporta jamais que desordre et ruyne. Les guerres de Naples et de Milan, demesiées par Cliarles VIII, Louis XII et François premier , n'en donnent que trop déplorable tesmoignage.
Sur la fin de juin le marescbal fut adverti que Tennemi commençoit à tirer des gai*nisons les vieilles bandes pour y loger les nouvelles , sa resolution estant de nous assaillir par deux divers endroicts, le premier par Tadvictuaillement de Vulpian , et l'autre par le costé de Piedmont, où ils dévoient envoyer six mil hommes de pied et sept cens chevaux, sous la conduicte des sieurs de La Trinité et leronime Sac , pour se venir jecter dans Carignan , que nous avions n'agucres démantelé à cause de la nouvelle fortification de CarmagnoUe, proche d'une lieue , afin de s'y fortifier et par ce moyen empesclier qu'on ne peust tirer à la campagne aucunes des forces du Piedmonl pour leur faire teste ; à toutes lesquelles exécutions il esioil impossible s'opposer sans le secours tant et tant de fois demandé, et qui n'estoit encores arrivé. A la vérité, ce fut un grand tort et un grand reculemcnt aux aifuires du roy , car , si\ fust venu à temps, il s en pouvoit ensuivre trois (grands effects : Tun que le roy eust de si bonne heure tiré le pape hors de la crainte qu il avoit de l'Espagnol, qu elle n^eust eu que faire de contracter alliance avec luy ; que les grands préparatifs et menaces du duc d'Âlve fussent demeurés inutiles ; Taulre que Vallenieres et Yulpiun eussent esté emportés auparavant qu^ls eussent esté eu ternies de les pouvuir secourir; et peut eslre eusl on aussi ero|X)rté
de mesmc suitte Cairas, qui n^esto mieux pouneu que les autres, et i ville d'Âst par intelligence, laq pouvoit estre exécutée si on n'esto fort à la campagne , pour avoir loi cer la citadelle , le chasteau et le pour emporter lesquels il fetlloit deux mil coups de canon.
Il y avoit encores un autre plus convcnient à craindre , c'est que le de paix ou trefve ayant lors esté re choses de la part du roy demeurer à demi-suspendues sur Tacceleratio fort ; et cependant les ennemis, plus mesnagers que nous du temps et des < s'alloient emparant de tout le pays k des places royalles , afin de s'en tn sis lors de la conclusion de la paix ( s'estant tousjours praiicqué , comm devant esté dict, que qui tient tienn par ainsi les places n*ayans aucun pour se nourrir , seroicnt contraincl fournir en Lyonnois et Bourgongne , pences intollerables.
 cecy s'adjousta un autre desordri l'un ne vient jamais sans Tautre : c'« gendarmerie , ennuyée et travaillée service qu'elle avoit rendu au Piedm mança à sonner la retraicte , quclqi reux commandement qui courust au c dont s'estant le mareschal attaqué à le ils respondirent tous d'une voix ()u il autre moyen pour lesarrester que de ger tous les si\ mois, à sçavoir reii France , le terme de service expiré, auroient servi en Picdmout , et , au li en faire revenir d'autres tous frais. E quand les mesmes hommes d'arin< prins, arreslés et ramenés devant 1 clial, ils luy res|>ondireut flori frai qu ils aimoient mieux tout perdre q meurer trois ou quatre ans consecu chés, ronimc esclaves, au service»
mont; (|u*ils avoient femmes, enfaos amis et affaires , et que , comme hoi ciahles et non siiuvages , ils desiroii les voir et de penser à leur advancei là il e.Nloit aisé à recueillir que le n n'estoit |)as si fort de gendarmeri* Majesté estimoit , et que la perte à