‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 123 sur 224 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

es maistres , qui ont , comme un cha- Bs particulières opinions, veulent et :>so tout au contraire do ce que leurs ?s pensent Jesdicts ministres sont bien >nnables et mal considerans de s*en ï à ceux qui sont auprès de leurs dits s, auxquels Ton doit référer toutes cho* tis fiça?ez que Je tous ay esté ordinaienilcr et parfaict amy y comme vous uveret tousjours en tout ce que je f , pourveu que fous ne me donniez les us du eootroire ; priant Dieu , monsieur îscluil , qo*il TOUS ait en sa saincte et ;arde. Escript à Sainct Germain en ;e dernier j<iQr de juin 4555. »

^nsieur , j*ay receu la lettre qu'il vous m'escrire de Sainct-Germain-en-Laye, 'nier jour de Juin dernier passé , par e vous me dites avoir notté que je ' nne du vingtiesme , que j'ay envoyée ' par le secrétaire de M. d'Ampvilte , sivc à aucuns poincts dont on m'avoit peadoot qu'estiez encores près dudict ivant la charge dos affaires , qui est que >c a penser et à juger à Sa Majesté qui rfUeurme^fia^fer) oncelnyqni conseille ver neuf on dix mi) livres sur les mons- ;ans avoir esgard au grand dommage pourroiteasuiTrO) ou bien cehiy qui ile aedid flieur ce ^i est eflectuellentendaat à ta seple conservation de tout at, et ipie là dcMOs VMS voudriez sça^ i estre esclaircy de moy si en cela j'ay In parler de voua. Je voua diray donc, ignenr , que je n'vy jamais eu si mau- )pîraon de voos , et ne vous ai cognen si -aiic des choses de la guerre , ne si peu snnc serviteur do roy, que vous luy z voulu donner no tel conseil et encores luy faire trouver flKiavais ce qu*escrit I vous a tousjours esté tant affectionné r y et mesmement d'une chose (pjA ne i(iit faire sans ancttre en ruine évidente de Sar Majeslé en ce pays, ie sçay eignear , ipur le rof et M. te con* m*ont escrit pins d'une fois de cest , et que c'est au maistre à commander, f serviteurs à obeyr; mais j*estime Sa si sage et si raisonnable , qu'encores n*ait esté obeye en plusieurs autres

choses qu'elle a commandées expressément ,^ et neanlmoins quand on luy a rcmonstrc les raisons pour lesquelles il ne Tesioit , il s'est contenté , comme la raison le veut , et commd j'espère qu'il fera encores de ceste-cy ^ pour les raisons que je luy ay mandées : et voyant que beaucoup de sortes de gens sont escoutées quelquefois , qui ne valent guieres sinon à mal faire , comme par exemple a esté , ces jours passés , cest honneste homme du Bourg , au rapport duquel me fut faicte une autre depesche aprochante du stile de celle dont est maintenant question , il ne faut pas , monseigneur , que vous trouviez estrange si je responds librement quand Ton me picque ; car les moindres créatures qui soient en ce monde le font bien. Parquoy je vous supplie trèshumblement pour cecy ne diminuer de l'amitié qu'il vous a tousjours pieu me porter ; car je ne l'ay , ny le veux avoir dict pour vous ,' pour les raisons que dessus. »

Et pour autant , revenu à ce dont j'estois party , que le duc d'Alve estoit sur le poinct de se jetter en campagne , le mareschal eut crainte que le roy ne se reodisl pins refroidy à Tadvancement du secours , par une opinion qu'ayant secouru Vulpianil prendroit la routte de Naples , à cause que l'armée turquesque s^approchoit de ce costé là , laissant seulement au Piedmont qnelques médiocres forces, sous la charge du Figuero! et de Jean Baptiste Gastalde, et le marquis de Marignan au Sieânois^ pour achever de le conquérir tout , comme ils avoient n a guieres faict Port-Hercule. Il fit entendre au roy qae leur resolution estoit , tout aussitost qu'ils anroicnt aciievé cest advictuaillement , de s'en retourner par Isi plaine du Piedmont , gaster ei ruiner la moisson présente , et brusîcr tous les villages pro ches des places françoises , et s'en retourner par le Montferrat et Astisane , pour y faire le semblable , à la mine de Qnîcfs , \ illeneufvel Saincl>*Damian , Albe , Cevc et Courlemille , cependant que La Trinité et Jerouirae Sa^ s'éffbrceroient d'en faire autant vers CarmargnoTles , Savigtan , Busqué , Belnes , Cental et fe Montdevis *. quiseroit un inconvénient duquel seul dependoit , non la perte d'une ou deux places , mais de tout ce que Sa Majestié J avoit conquis par l'espace de quarante ans eh

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

Italie , pour les raisons cy devant discourues en ces Mémoires ; et que pour y remédier il ne se faloit pas amuser sur Tenvoy du renfort , ains le faire marcher en toute extrême diligence ; asseurant Sa Majesté que s*il estoit si fort que , les places pourveues , il peust entreprendre un combat gênerai , luy et tous

les chefs de Tannée estoient unanimement re- < autres en un endroict oà la rivière f^

solus de le donneravec tant de courage , soubs la bonne fortune de Sa Majesté, quelesimperiaux ne rapporteroient de leur audace que la mesme ruine et deshonneur qu'ils receurent à la bataille de Gerizolles , par une armée inférieure en nombre, mais supérieure en courage ; et eux cest honneur et ce contentement que de vaincre ceux qui les bravoient trop audacieusement , ou mourir glorieusement , cas que la fortune leur fust contraire , estimans plus ceste gloire que toutes les autres choses du monde.

Que si le renfort ne peut apporter ces ad- Tantages , on ne lairra de le faire fructifier à la honte et ruyne de Tennemy , et à la seurté et advancement des affaires de Sa Majesté ; mais que si bien-tost Targent n*arrive aussi pour secourir et Tarmée et les garnisons reduictes à une extrême pauvreté et misère , il n*est pas seulement à craindre , mais à croire qu*il en adviendra tant et tant de malheurs que le repentir en sera tardif, inutile et misérable tout ensemble ; et dont dès-maintenant, comme pour lors, le mareschal et tous les autres seigneurs de Tarmée protestoient à leur commune descharge.

V Le vingtiesme juillet , ayant nouvelles que Tennemy commençoit à sortir en campagne , il depescha Bonnivet pour s'aller jecter dans Santia avec hnict compagnies françoises et deux de lansquenets de renfort^ le tout scorté par M. de Gonnort, frère du mareschal, avec une grosse tronppe de cavalerie; laissa aussi dans Casai six compagnies françoises et une des Suisses , et de là, prenant son chemin par Pont-de-Sture et Verrue, se vint rendre tout le long du Pau à Chivas , avec cinq cens chevaux, la plus-part des Suisses et lansquenets , et ce qui lui estoit demeuré de reste des François, dont il en jetta encores quatre cens dans Verrue ; le tout en attendant qu'on peust recognoistre le train que Tennemy prendroit.

Les choses ainsi ordonnées, le mtuk alla luy mcsme voir et recogooistre toos u passages de la Doire, qu'il faloit pser r tirer à Vulpian, pour selon cela ad>iser< dommage il pourroit apporter à VeoKa> trouva que la rivière avoit trois mmà passages , le premier à Rivenmte, eited,

demie lune , propre à flancqner on po^ tous les rivages si hauts du costé de Y qu'il pouvoit battre à cavalier toot ce tp pourroit opposer à luy au passage de l Neantmoins le mareschal estoit resolo ii se fust trouvé inférieur que de qost^ hommes seulement au lieu de douze œil, le combattre à ce passage à forces de^o^ et avec intention d'attacher la peao do r^ à celle du lyon pour les empescberdm^

Et pour-autant qu'il craignoit que 1 ne fist expressément contenance de tj tirer à Vulpian pour nous amuser à œ forcer Santia, Yvrée et Casai, et qœ soudain il n'y tournas! teste, il ordoon sieur de Gonnort , son frère , de salier dedans , pendant qu'il le pouvoit bire hasard , avec quatre compagnies fmpi outre les six autres, une de Suisses i autre d'Italiens ; avec commandaB»

l'ennemy prenoit autre routte, dVi avec ces forces , er les jecter çà et b$el« nécessité qu'il remarqneroit , sans pm hasarder à aucun combat , pour qu'il veist.

Le vingt-uniesme juillet , le roy eai mareschal qu'il faisoit haster uo rtér cinq mil Suisses et de deux mil Fhs^ie quelque argent pour contenter les ras k autres. Mais , se doutant bien qo il y de la longueiv, et que cependant h m^ des affaires l'accableroit , il print on«^ par l'advis de tous les seigneurs du cjh de taxer l'église , la noblesse et le n^ à l'entretenement de cinq mille payn \ mois pour le soulagement de rannée,;/?

prenant luy<mesme et tous les sesgneœi:^ la cour de parlement . chambre des ct^ et tous autres officiers. En laquelle iiv galité fut si sainctement gardée , et â^e*: modération et médiocrité, qu^eUefoirsM damment accordée pour deux mois.l^'

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