‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 125 sur 224 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

^ nouvelles que , dès le douziesme du passage de la Doire ne leur seroU débattu ,

les ennemis, au nombre de vingt cinq )nimes de pied et quatre mil chevdûx , ^ni venus présenter sur la rîvîéré de la Balte y menans après eux quarante caplusieurs petites pièces de campagne, i mil pionniers , avec une infinité d'aulunitions et équipages de guerre, sans comprendre les sept mil hommes et cens chevaux envoyés auxdicts sieurs Trinité et Sac , pour ravager tout en un le Piedmont, et divertir Tôpposition ]victuaillement de Vulpian.

niarescbal , voyant Farinée affligée de îes et de pauvreté , ne sceul faire autre que de jecler dans Ivrée, Masin, Gail- SuDtia, Casai etVerrue, tout ce qu il avoit rer de sain et de valeureux , et de dé- !e demeurant par les garnisons pour se ire et rafraischir en attendant le secours rgent et de gens de guerre que le roy envoyer il y avoit cinq mois ; quoy iant , il se pourroit lors approcher si le Tennemi , qu'il lecombattroit ou le feîcu!er avec sa honte ; et , pour toùsjours au pins seur, ri avoit, en se retirant à n , donné si bonâe provision à Verrol- ?t Cbivas, qui estoient sur Tadvenue des m , qu'il n'en pourroit advenir inconit; de mesme sùitte il avoit pourveu à la seuretc d'Albe , du Montdevis , de 9, Busqué, Saviglan, Carmagnolles, , Quiers, Moncallier, Villeneufve et roi , dans lesquelles il avoit aussi détoute la gendarmerie et cavalerie, andgnt aux uns et aux autres de ne se muser aux commodités des villes qu'ils trouvassent tous les jours prests à marm moindre conimanden^nt qu'il leur

il avoi! pareillement donné ordre que ; les autres places qui estoient plus re- », et qui ne craignoient les inopinées lions de Fennemi, fussent médiocrepourveues d'hommes , tant en gendarque fanterie , qui luy pourroient faire 1 sur la frontière. Il en tira aussi bonne : des garnisons dont elles se pouvoient ent passer , pour en secourir les autres. B les ennemis , ayant recogneu que le

avoient renvoyé danà Crescentin toute leur artillerie et munitions , et jecté les basteaux pour dresser leur pont sur la rivière pour Tavictuaillement de Vulpian , lequel achevé ils se vantoient d'aller assaillir Thurin , avec la faveur d'encores autres douze mil honunes qu'ils attendoient de renfort , tant d'Allemagne, d'Espagne, que d'Italie; avec toutes lesquelles forces ils faisoient leur compte d'hy vemer dans le centre du Piedmont , et avec tant et tant de ravage , que les François seroient contraiocts d'aller quérir du pain à Lyon , la picque au poing.

Fut aussi remonstré à Sa Majesté que si dès .le commencement elle eust voulu despendre , comme le mareschal l'en avoit suppliée, trois cens mil livres en un soudain renfort de sept ou huict inil hommes , il se fust lors faict fort de recogner les ennemis jusques dans les portes de Milan ; là où aujourd'huy, pour combattre les forces qu'on leur avoit donné loisir d'assembler , il ^loit faire estât de quinze ou dix-huict mil hommes de renfort et de douze cens mil livres de des* pence , lesquelles, mesnagées en saison convenable , seroient suffisantes à conquérir presque toute la duché de Milan et bonne part de la Lombardie ; et qu'aujourd'huy toutes choses se doivent nécessairement résoudre à ce seul poinct , ou de laisser honteusement et indignement perdre Testât , ou de le sauver par ceste mesme force qui avoit en temps plus calamiteux rembarré tout à coup l'empereur , TAnglois , les Suisses, le pape et les Vénitiens; et que si tout devoit aller bien par le seul hasard de sa vie , il ne l'espargneroit non plus que fit Horace contre les Sabins; qu'aux choses dangereuses il n'y avoit rien de plus pernicieux que la longueur des délibérations, en tant qu'elles renversoient tousjours la prudence des conseils et le courage au bien-faire.

En fin , que les provisions et munitions de la guerre ne doivent estre mesurées selon le conseil de ceux qui la font sur le papier , qui sont à leur aise et qui mesurent les commodités d'autruy selon celles qu'ils possèdent en repos , sans se soucier du reculement ou advancement de Testât, et qu'il n*estoit pla

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reschal que sur la fin d'aoust seulement il pourrait recouvrer environ trois cens mil livres , sur lesquelles il retiendroil les quarante cinq mil qui luy estoient deues ; de manière qu*estunt deu aux seuls Suisses environ deux cens mil livres, il n*en pourroit rester que soixante , qui ne pourroient suffire à donner des souliers et de la poudre au reste de Tarméc qu^il vouloit tirer en campa{pie , sur ia nouvelle qu'il eut que le duc d'Alve avoît mis le sicge à Sanlia ie septiesmc d'aoust lôoo. Santia estoit desfendu par Bonnivet , colonnel-generardes François^ et par Ludovic de Biraguc , aussi colonnel-general des Italiens , avec doux mil cinq cens François , six cens Allcmuns , cinq cens Italiens , et cenl chevaux albanois soubs la charge de Theode Dédaigne ; tous lesquels , par les victorieuses sorties et combats qu ils rendirent, firent assez rccognoistre qu'on ne prenoit point tels chats sans moufles , et qu'ils ne craignoicnt gueres les rodomontades du capitaine Cocodriilo , Espagnol, matador de grillos. El de faicl , cncores que le fossé n'eust en beaucoup d'endroicts que cinq et six pieds do profondeur, si est-ce que Tennemine le sceut jamais rocognoistre, quelque effort qu'il oust scou faire et de jour et de nuict, y ayant tousjours dedans trois capitaines choisis , avec trois cens des meil-

](;nrs solilab; . nui j^^nstniont . à l:i fnvpiir âo.fi

diane, il fit sortir sans bniict soixante c et huict cens hommes de pied, tous 1< d'un courage admirable dlerent force stani ce moulin , où il y avoit cent ho qui furent tous tués ; et, cela faict, doi dans le chemin de Verceil, où ils trot deux coulevrines attelées à vingt-cinq moulin, qu'ils enclouerent; prindren une douzaine de charrettes chargées d lets qu'ils emmenèrent à sauveté dans auparavant que l'armée fust venue en | secours. Sur le commencement de ce s marquis de Pescaire, gentil et val prince , fit demander par un trompetK pitaine Theode Bedaigne, albanois, si!

d' Ampville , son gênerai , estoit dans 1 parce que la grande opinion qu'il avoi valeur luy faisoit désirer de rompre urn avec luy en tel lieu qu'il voudroit. '. ponce fut qu'il estoit à Casai , et qi avoit faute de cavaliers dans Santia q cepteroient le party pour luy , s'il les tant honorer.

Le neufviosme jour du siège , dam] mond de Cardonne , grand maistre d tillerie de l'empereur, print resolul gaigner le fossé a la faveur de deux pièces et d'environ trois mil soldats i Les nostres, ayans rrcogneuque Te

s'arlvnncoit vers eux. s*ndvnnrArfînt m

Igixiesme, Tenoeiny s*estant préparé

I soir à foire deox grandes batteries, par

ii'uae platte-forme qa*il avoit foict dres-

M^endroit qui regarde le cliemin de

|4}ermain , aussi tost que le soleil seroit

R se leva au poinct du jour un si grand

hrs , qu*on ne se pouvoit quasi entre-

ii*il ne fust plus d*onze heures : et lors

IBrie fit grande diligence de battre le

$r, qui les voyait de tous costés, lequel,

enduré deux cens yollées, tomba à terre

offenser personne. Au mesme temps aussi

ittoient le bastion d^Âmpville et la cour*

acunement veue par ladicle plate- forme:

lis lesquels lieux furent ce jour là tirés

)n trois mil cinq cens coups , qui firent

Teffet dans ces fortifications de terre

enchaisnées et entrelassées de grandes

res. Par autres deux jours ensuivans ils

nt, par-cy par-là, encore douze ou

cens coups à diverses reprinses , qui

, comme les autres , si peu d^effect ,

I moins de rien tout se trouvoit diligem-

remparé. Sera noté que les courtines de

place estoient anciennes , hautes et es-

58 de soixante à quatre-vingts pieds en

>urs endroicts; de manière que ceux de

is tiroient incessamment , et avec tel

itage que nul ne s*osoit monslrer. En ce

s le duc d^Alve surprint un paquet de

ort tout en chifire qui s^addressoità Bon-

\ il renvoya à Florence , où tout fut dé-

i et sur iceluy une lettre dressée aussi

ifre au nom du mareschal , par laquelle

idoit à Bonnivet de se rendre ; mais la

e ayant esté preveue, advis en fut donné

DÎvet, à ce qu'il se tint plus résolument

is gardes que jamais , car il seroit se-

' le midy du douziesme , il advint un cas le ; c'est qu'un asne qui paissoit le long ^mparts se vint de luy-mesme parquer oict des batteries , où il commença à I si haut que dedans la ville et au dehors i fit une grande huée : plus de sept voe canon luy furent tirées sans qu'il fust ( touché , de manière que les François encerent à crier : « Qui veut l'asne si nce. « Mais avant que passer plus outre ty que y là où il se traicte de batailles

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