‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 134 sur 224 · LIVRE SEPTIESME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIESME

'ensive et deffènsive entre le pape et le duc de Ferrare , par leg menées et entremises da cardinal €aralfé« oies, advertîsseniensetremonstrances du mareschal de Brissac au roy, tant parle sieur de B«niiM>uîUet itres.^-Prinse deVîgnal par le mareschal, nonobstant la fortification des ennemis, grand nombre dcsrut dcffaict en la prinse dUceluy. — Double intention du sieur de La Trinité au traicté quMl manioit avec eschal, pour prendre le party du roy. — Arrivée du mareschal de Brissac en France, oà il fût fort bien vea r et de toute la cour, mais très-mal recompensé des niemorables services qu'il avoit rendu en Piedmont. ses particulières pour lesquelles le roy, à la suscitation du pape, print les armes contre 1 empereur, avec )yens qui aidèrent à la rupture de la trefve. — ^Perfidie et cruauté insigne du marquis de Masseran , qnt prins , peu auparavant , le paity du roy. — Retour du mareschal de Brissac en Piedmont. — Nouveau se» envoyé par le roy en Piedmont.

iuictiesme janvier 1556 , le roy donna lU mareschal que rassemblée, n'aguezie de ses députés avec ceux de Tem- , n'estoit à autre intention que detraic- \ prisonniers prîns d*iui costé et d'auloy que le comte de Palain eust dict et au contraire; et que si le bridct qu'ils {;uiseroient passoit ceste borne , qu*il oit adjouster foy; et que s'il advenoit ( conférence s'estendist, comme elle )it faire, plus avant, qu'il eu seroit n adverty , et que cependant Sa Maie laissoit de se préparer à toute sorte ement et de fortune , comme aussi défaire de son costé.

*oy de mesme suitte se plaint que le chai est trop indulgent à Tcndroit des )is et des Suisses pour le faict des mons- |ue cela sera cause que les uns et les

deviendront insolens et maltraitables ; toit user en leur endroict de Tauctorité raine qu'il luy a donnée : ne considérant mtesfois, comme il devoit faire, que sévérité peut estre practiquée quand n main dequoy contenter au mesme inles uns et les autres de ce qui leur est et non pas quand tout défaut pour ce elqueTennemi est le plus fort en cam- . Pendant que le mareschal se rompoit te à rcmonstrer à Sa Majesté les défauts

hasards où Testât estoit reduict, on t entendre que les intelligences et les iqucs d'entre le pape et le roy comoient à se descouvrir, avec intention

d'en faire bientost sortir les esclats ; et que c' estoit à luy h penser de bonne heure comment il s'en demesleroit, pour autant que les plus clairs et les plus chers moyens de la France seroient destinés, non à maintenir Testât du roy , ains à soustenir sa Saincteté en Tusurpation qu'il avoit faicte des biens des Colonnois, comme pour entreprendre aussi sur le royaume de Naples ; et que M. de Guise et madame de Valentinois estoient tousjours les instigateurs et les médiateurs de ces nouveaux remuemens. Pendant qu'il discou** roit sur ce qui pouvoit advenir , il sceut asseurément :

Que le roy avoit desjà contracté ligue of^ fensive et défensive avec le pape, et que desjà on avoit commencé à faire levées de gens de guen*c à frais communs , en intention d'attaquer le duc de Florence, qui avoit assiégé Tune des places de Sienne nommée Sartiane ; et que Sa Majesté vouloit que doresna* vaut ledict sieur mareschal eust bonne intelligence avec le pape et ses ministres qui estoient en la Roniagne.

Que le duc de Ferrare s'estoit mis en la protection et service de Sa Majesté , et que par ce moyen les Impériaux auroicnt plus d'aflaires en Italie qu'ils n'avoient estimé, mesmes Sa Majesté estant résolue de tourner tous ses efforts de ce costé là.

Que le pape faict diligemment toutes sortes de préparatifs pour la guerre, à cause de la consignation qu'a faicte M. le cardinal de Lorraine , au nom de Sa Majesté , des deniers

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MÉMOIRES DE BOTfVIN DU VILLARS.

qu*ellc doit fournir pour sa cnnun{;ontc portion de la guerre.

Que Sa Majesté faict visiter aux mesmes fins la gendarmerie, cavalerie et fanterie, tant François , Suisses quAUemans.

Que Tartillerie et les munitions convenables seront fournies par Sa Sainctelé.

Que Tarmée que Sa Majesté faict dresser pour aller à Rome se joindre au pape passera par le Piedmont, et qu'en ce fiiisant elle pourra favoriser Texecution et dessein de La Trinité.

• Que les intelligences que le pape et Sa Majesté ont daus la Toscane et au royaume de Naples , sont si grandes et si asseurées , qu*elle s*en promet de grandes prospérités.

Qu*il y a grande espérance que la seigneurie de Venise et tous les autres potentats entreront en ceste ligue , contre ta tyrannie de Tempereur et de son fils.

Que Temporeur, n ignorant pas ces menées , ores qu'il n'en fist semblant , avoit envoyé le duc d'Alve à Gennes i)Our entendre avec eux à Tentreprinse de la Corse. Cependant Sa Majesté , pour ne courir perle ou inconvénient de ce costé , faict diligemment fortifier Sainct-Florent , Lajasse , Porievechio et Boniface , et munir aussi de tout ce qu'il faut pour attendre un siège , pendant que Tarmée turquesque se viendra joindre a la sienne , ^insi que le grand-seigneur a promis.

Après ceste conférence du duc d'Alve avec les Gcnnois, ledict duc se doit embarquer sur les galleres pour aller à Livorne et de là à Florence, ou se trouvera le cardinal de Rurgue , qui est ù Sienne , pour adviser par ensemble sur les moyens qu'il faudra tenir pour chasser le roy hoi*s du Siennois et de la Toscane. Cela faict , il doit passer à Napl«\s pour commencer le premier la guerre au pape , laissant au cardinal de Trcnle toute la charge du duché de Milan et de la Lombardie ec Piedmont : de manière qifil est à espérer que si ledict sieur mareschal a sceu matler domp Ferrand , Le Figuerol et le mesme duc d*Alve , il sçaura encor mieux rembarrer cestuy-cy , à l'advantagc du service de Sa Majesté, qui a plus d'espérance en la prudence et valeur dildict mareschal qu en sa propre force \ tant grande esft la crainte que l'en-

nonu a de son expérience et jugei que , par lettres iuterceplées , Sa M recogneu que les ennemis fondoient ture prospérité sur ce que Sa Majesté le mareschal du Piedmont.

Que toutes ces raisons estoient ce Tavoient fait résoudre à révoquer 1 qu'elle luy avoit précédemment don la venir trouver, ores qu'elle n'eust royaume prince ni seigneur qu'elle plus d'embrasser et clierir que luy, grandeur de ses mérites. Voîcy les mots que Sa Majesté escrivit de sa i mareschal : « L'occasion pourquoy va teur vers vous importe tant à mon i que je ne fais doute , qu'encoi^es qi ayez bonne envie de me voir, que Vi mettrez vostre venue jusqu'à une autrt qui sera plus à propos que ceste c asseurant qu'en quelque temps que ( que vous serez tousjours bien venu et traîcté. >'

Du quatriesme février , que l'eo avoit dilferé sa retraicte en Espagne , cause du mauvais temps qui avoit a couroit encores sur la mer, comm sonder de près , auparavant que partii veut prendroient tous ces couverts i mens.

Que le comte de Fiosque avoit coml pi'ins une hourquc dans laquelle il environ huict ou neuf cens Espagne avoient servy ù remplir les chiormes niée maritime de Sa JNIajesté.

Sur ces desseins et sur la facilité espérances , maUbaslies pour lors , C( se vérifia depuis, le roy, cliemiDanl mcsnie erreur de ses majeurs , qui i soient tousjours les nouveaux partis < estoient mis en avant , sans considère lu force du pape , dépendante du en rituel , il n'v a aucune asseurance ni contracter alliance avec luv , et sans aussi , par un jugement et un disco meurs , profonder les matières et les quences du futur , se laissa , comv voyez , embarquer en une ligue basi pas selon son humeur et utilité , ma celle du cardinal de Caraffe, nepveu d qui esperoit (et non sans fondement) <

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