LIVRE SEPTIÈME
lay pour lay en donner la mesme comcation , qu*il ne pouvoit croire qu*il n'eust , ayant accepté ToOre. Ces seigneurs le it trouver , auxquek , pour couvrir les ions des siens, il dict qu'il estoit bien qu*il avoit entendu qu on traictoit une > mais non pas qu'elle f ust accordée, ce ne pouvoit encores croire , tant il la oit desavantageuse et pour Fempereur ur tous ses allies , et que s'il estoit ainsi le fust foicte , qu'il ne pouvoit croire le fust pour longuement durer. Le sieur milles luy ayant offert de luy donner copu traicté , il leur dict en riant qu'il ne louviendroit que trop : lors les seigneurs ) Manuel de Luna et Alvaro de Saude tiit à part ledict Noailles , auquel ils ad- *ent qu'ils ne sçavoient que trop que la e estoit foicte , mais que pour tout cela \ quitteroient jamais les armes qu'ils sent nouveau commandement, et que Q*estoit si facile qui ne fust difficile à ' qui le faisoit envis. Cependant ils re- 3nt soubs belles paroles lesdicts de les et Tilladet , sans les vouloir laisser trplusoutre,à fin de donner loisiraucard'en délibérer, comme il fit , ordonnant I les laissast poursuivre leur voyage.
* la snitte de leurs affaires , il estoit aisé ognoistre que la fortification de Yigual, avoient précédemment entreprinse , ne it qu'à brider Casai , Montcalier et Veret de faict le marquis de Pescaire , ne int digérer ceste trefve , soudain que ^urs de Noailles , de Rambouillet et TUfurent deslogés, il assembla soudain des ; pour s'aller saisir de Gatinare , pour re un propugnacle conti*e Santia , Yvrée ;lany , ayant conceu ceste opinion , par our que M. le mareschal avoit soudain ;dmont contre la voilée qu'il avoit prinse X France ,que la trefve ne passeroitpas ivant , et que par ainsi ils ne pouvoient i faire que d'empiéter de tous costés sur Luy de sa part fist saisir trois cbasteaux irquis de Masseran, et La Trinité de ce- 3 Cervieres. Et pour autant que le mail avoit tousjours Fœil et le jugement s pour se couvrir des surprinses, il avoit i fort approcher ses forces des ennemis ,
qu'il estoit à croire que la partie ne se demesleroit jamais sans combat ; il en donna soudain advis au roy , suppliant Sa Majesté ne faire ce tort à sa réputation de rien céder ou rabattre de ce qui luy appartenoit par la trefve , de luy en donner nouveaux commande mens et asseurance, estant résolu, quant à luy , à ne jamais quitter les armes que les Impériaux n'ay eut faict réparation et restitution de tout ce qu'ils ont entreprins au préjudice des conditions de la trefve.
Du douziesme mars , le roy , satisfiiisant a Tesclaircissement que le mareschal desiroit , luy manda que le marquis ne pouvoit Ignorer la conclusion de la trefve , en tant qu'il en avoit esté adverty par courrier exprès , qui luy avoit deslors esté depesché.
Que, là où depuis le sixiesme du mois de mai*s ils auroient entreprins aucune chose au préjudice de la trefve , qu'il en tirast sa raison par amour ou par ÎForce ; que l'admirai de Chastillon et le comte de Palain ont accordé que tous prisonniers seront . indifféremment relaschés par eschange ou par rançon.
Par ceste depesché M. le connestable pria le mareschal de faire entendre au cardinal de Trente qu'à la faveur et considération de luy, il avoit fort coiurtoisement relasché un sien nepveu, sur sa parole, de laquelle il mesprisoit maintenant Tobservation ; qu'il ne pouvoit croire que un tel seigneur qu'il le tenoit , versé parmy toutes sortes d'affaires , voulust permettre qu'il y eust jamais aucune tache de perfidie qui maculast l'honneur d'une si illustre race qu'il tenoit la sienne. Le mareschal ayant depesché un trompette vers le reverendissime , la responce fut que là où son nepveu n'accompliroit fort courtoi* sèment sa parole , qu'il Tenvoyeroit pieds et mains liés à M. le connestable.
Du quinziesme mars, les armes que le mareschal avoit faict approcher du marquis de Pescaire le tindrent en telle crainte, qu'il pria le premier le mareschal que, sans rien entreprendre au préjudice de la trefve, chacun des partis se retireroit aux garnisons » avec mutuel serment et promesse d'inviolablement observer , Fun et Tautre ^ ce qui en seroii de^ terminé,
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
liSSI)
' Sera noté que ceste siisponsion et retraîctc fut ainsi accordée par lo inareschal pour deux raisons: la première, parce que le marquis avoît faicl joujj à la rechercher; la deuxiesme , pour autant que nos forces estoient lors de beaucoup inférieures aux siennes , et que par ainsi il y avoit du danger à vouloir cruement empescher les ravages de Tlmperial, lequel peut estre eust tout hasardé pour sortir du desadvantage de la trefve , qui ne foisoit lors que d'esclorre.
A ce propos sera aussi noté que dès le huictiesme du mois le mareschal avoit donné advis au roy que Ilierosme Sac , le comte de Hasin et le comte Pasles Tourinel avoient assemblé de quatre à cinq mil hommes de pied et cinq cens chevaux es environs de Verceil , et qu'ayant crainte qu ils se vinssent jetter dans le Biellois et jusqucs aux portes d'Yyvée , et que là où ils entreprendroient , qu'il estoit résolu de ne pas Tendurer. Or le mareschal, pour se couvrir de ccsl inconvénient , avoit faict partir de Chivas Carie Birague, auquel il donna quatre enseignes d*Allemans , six cens Italiens et deux cens chevaux, avec commandement d'aller trouver Ludovic son frère h Santia , auquel aussi au mesme instant il avoit ordonné d'assembler , de sa garnison et de celles d'Yvrée et de Gaglani autres douze cens hommes et trois cens chevaux, avec les deux compagnies d'hommes d'armes des sieurs du Ludde et de Burge qu'il luy cnvoyoit , et qu'avec ce petit camp voilant et deux pièces d'artillerie ils s'allassent loger le plus près de Tennemi qu'ils pourroient, et en lieu toutesfois si asseuré , que le combattre et la retraicte feussent en leur liberté ; et qu'ils s'efforçassent de reprendre (aide seur) tout ce dont l'en-
qu'ils aprindrent que les Imperiamt tovnoient leurs forces à la reprinse de GatiBire avec artillerie : là dessus ils battent m champs , résolus de secourir la place et à donner une petite attaque si ^l'ennemi s'obstinoit de son entreprinse. Ludovic s'alvança le premier avec quatre cens chenvi quatre cens arquebusiers et six cens AIlemans qu'il avoît choisis , commandant 1 Carie son frère de le suivre avec tout le gros de la fanterie et cavalerie, loosjoai prest à combattre , selon qu'il auroit rengnu de le pouvoir faire , ou de se retirer sans desordre.
Ludovic avec sa trouppe arriva sur le niif vers Gatinare , dans lequel il trouva que doM compagnies italiennes , quatre espagnoles tt autant de lansquenets , estoient desjà enfeA dans le bonrg avec un canon et deux eoib^ vrinespour battre le cliasteau, et lequel 1 avoit faict advenir de sa venue nu seoon Au mesme instant il manda à Carie sonfiroi de faire haster la fanterie, et luy enTOjïr cependant autres deux cens chevaux , eiàÉ résolu , comme il esloit , de combattre les et* nemis, lesquels, au mespris de luy, qki1|i sçavoient n'est]*e loing d'eux , commençoidt leur batterie. Et pource qu'il eut advis qA se renforçoient d'heure à autre de nouTeIfli forces venans de tous costés , il hasta de w veau Carie son frère , qui an*iva aussi tort. Lors il fit un gros de tous les Allemans , qA trouva fort animés au combat , et advanoer trois cens François , joints avec sept cens Htlions soustenus de deux cens chevaux : M cela donna si furieusement dans les ennesnii qu'ils les firent reculer jusques dans la pba de Boucy , où ils firent teste. Les Bmffta, ayant recognu qu'il y avoit de rcstonnemeiC
nemi se seroit emparé , et sur tout les chas- 1 parmi eux , firent advancer le bataillon des
teaux du marquis de Masseran ; et que pour le regard de celuy de Serraval , qui estoit au delà de la rivière de Sezia , qu'ils prinssent garde de près à ne s'engager que bien à
lansquenets , garni d'un corps des plus bnves corcelets, tous lesquels donnèrent si cofr rageusement , qu'ils ouvrirent les ennemis d les chassèrent à vau de route , tuans indiiH
poinct. Eux, qui cognoissoient de ! longue } ramment tout. Il en demeura de vingl-quatri
main les advantagcs du païs , s'allèrent loger à Salussola, lieu advantageux au pied de la montagne de la Serre , qui divise les Suisses et la Yal-d'Aouste d'Italie. Les sieurs de Bi-
rague n'eurent guieres séjourné en ce lieU; | une demie bataille, autant prudemuent'^
à vingt-cinq cens, Altemps, coronncl dA lansquenets , prins prisonnier , Hiorome Sk mort, avec plusieurs capitaines que rooiii que prisonniers, et l'artillerie gagnée. Ce ni