‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 139 sur 224 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

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i se trouva depnis de si dure digestion , a France en 'cuida estre renversée de )oinc(s , comme la suite de ces Mémoires Fera recognoistre pied à pied. En aflaifesiat mal mesnagés, comme forent cv. la nécessité nous presse quelquefois près , qu'elle nous contrainct de pour- ; ce que nous avons inconsidérément icDcé , puisqu'il n'y a aucun moyen ny deui entre la gloire et Tinfomie, ou le plus prisé ou le plus desprisé. Et autant que Texecution de tous ces desestoit remise en Tannée 1556, nous ne Ds, en poursuivant ce qui advint en fe 1555, de vous représenter les choses j'ai jugées les plus mémorables, soit en faire vostre profit , ou les apparier à te des autres subséquentes années , ne DS faillir» auparavant que passer plus , de toucher un traict de la finesse de lereur sur le traicté de la trefve , qu*il oit infiniement. U envoya , sous colorés xtes, M. de Savoye en Italie, à fin que Bsence et les instances de luy, le plus 3SSC de tous , ne peussent apporter emlemcnt à la conclusion d'icelle. Et puis , princes et seigneurs , qui vous embarsans biscuit , mettez en vos thresors ce rous y avez gaigné , ou , pour mieux dire, nez bieu ces chasses pour vous garder illir une autre fois , et bien vous sera. ' la suite de ce qui succéda depuis , il lise à recognoistre ce que fut une trefve trefve, et que, quoy qu'acbordée et liée , chacun demeura sur les armes et OQveiles practiques , et qu'en racontant loses je suis quelquefois contraint, 'pour lonner plus de Inmiere , d'en faire re~ m \ c'est un sucre qui ne gastera point ist des viandes que je présente, ces entrefaii^s , le roy depescha [vers ireschal Derdoy, secrétaire du connes- , pour luy donner communication des laux desseins et intelligences pour renn guerre. Surquoy furent faietes diveremonstrances par le mareschal audict laire Derdoy, avec charge de très-humîDt supplier Sa Majesté de sonder plus fois autant les intentions que les affai- )our n'en rapporter les malheurs qu'il

prevoyoit en devoir advenir en s^àrrestant sur les forces spirituelles , foibles et fort dou* teUaes ; et mesmes les moyens et les finances de Sa Majesté estans si fort affoiblies , qu'elles ne pouvoient aujourd'huy fournir au soustenement de Testât : dont il tiroit ceste conséquence , que tant plus aurait elle de difiiculté et d'impossibilité à y satisfaire , et à tant d'armées qu'il faudroit qu'elle eust en France , Pledmont et en Romagne.

Peu auparavant l'arrivée dudict Derdoy, le roy avoit de pesché M. de Rambouillet en Piedmont pour luy rapporter Testât des affaires , et Tasseurer qu'aussi tost qu'il seroit retourné vers Sa Majesté , qu*elle pourvoiroit si avant aux nécessités , que le mareschal auroit dequoy fournir à toutes choses , à la gloire de Sadicte Majesté et à Thonneur de luy. Mais, ayant assez souvent remarqué que , quoy il eust mandé au roy sur la dimi* nution et aifoiblissement de Tannée , et les moyens d'y remédier , que Sa Majesté n'en avoit toutesfois tenu compte , ains qu'au con« traire elle ne faisoit que continuer à prescher la casserie et le mesnagement , et qu'il estoit par dessous main tacitement accusé d'avoir esté indulgent aux capitaines , et aussi que Tennemi estoit sur le poinct de se remettre en campagne , il manda à Sa Majesté qu'il la sup^ plioit croire qu'il n'avoit pas les yeux si troubles, qu'il ne recognust assez qu'on avoit envie de luy donner tant et tant d'attaintes , qu'il fùstdeluy mesme contrainct de quitter son gou* vernement ; qu'il n'auroit jamais , quant à luy, regret à le faire que pour deux considérations seules : la première, pour le mal qu^il prevoyoit qui en adviendroit au préjudice du service de Sa Majesté ; la deuxiesme , parce que , se trouvantengagé et pour la prinse de Yerceil et pour celle de Casai , et pour le secours de l'armée, à plus de cent cinquante mil livres , il faudroit qu'il s'en retournast avec une demy douzaine de chevaux pour aller vendre son bien et payer ceux à qui il s'estoit obligé ; ne voulant, parmy les maladies du corps et de Tesprit , adjouster une charge de conscience et un des-honneur si infâme que de manquer à ceux qui Tavoient accommodé de leurs facultés , Testimans homme de parole ^ comme il seroit tousjours au prix de son sang ; et

MÉMOIRES DE BOTYIN DU YILLARS.

toutesfbis'qii'n te lairroit , en attendant ponce de Sa Majesté telle quUl luyplairoitde faire , de se préparer pour partir au premier commandement, et s*en aller, non pas pour se justifier , car il n^avoit jamais foilly , mais bien pour faire recognoistre à Sa Majesté et à toute la France qne ses actions avoient mérité tout autre honneur et traictementqueceluy qu'il avoit presque tousjours receu , et duquel il ne s'estoit toutesfois jamais voulu plaindre y pour Tesperance qu'il avoit d'une meilleure moisson que celle que on luy prescntoit aujourd'huy, laquelle serviroit de peu honnorable exemple à tous ceux de sa portée : cependant il ne craindroit jamais de dire fort franchement , sous la correction tontesfois de Sa Majesté , qu'en tout temps et en toutes sortes d'affaires , on l'avoit tousjours repeu d'espérances fort foibles et d'un secours si malade , qu'il ne s'estoit jamais sceu lever du lict; et toutesfois que , s'il ne eust bien sceu tempérer et mesnager avec dévotion et jugement les forces et les propres commandemens qu'elle luy avoit diversement faicts, ses affaires seroient pieça recullés à cent pas plus loin qu'ils n'estoient pas; que ce luy estoit plustost grandement louable que condamnable, lequel , prévoyant les malheurs qui pouvoient accabler le prince , Testât et la patrie , y sçavoit opportunément remédier, ores que ce f ust contre l'ordonnance du maistre ; que les choses bonnes d*elles-mesmes, comme estoient toutes ses actions , n'avoient que faire de langage ny de paroles fardées , sçachant pieça qu'il n'y avoit rien de si incertain que l'amitié et la félicité; et que de là il avoit aprins à estre tousjours'constamment préparé à toutes sortes de disgrâces telles qu'estoient les siennes, malgré lesquelles il auroit tousjours pour sépulture ceste glorieuse mémoire qui couronne la vie et qui honnore la postérité; que ceux qui comme luyaimoient l'honneur et la gloire combatoient tousjours plus courageusement les choses difficiles que les aisées , leur ame estant tousjours et à toute heure plus disposée à mourir honorablement parmy la gloire et la louange , que de vivre parmy les ruynes et les înfelicités serviles de la commune patrie , pour toutes lesquelles raisoas il s'estoit résolu & n entendre desor-

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mais qu'à purger et polir son ame poor h rendre agréable à Dieu , ainsi qu'il avoit prii M. de Rambouillet, s'en retoumanl ven Si' Majesté, luy remonstrer, le chargeant à m fins d'un mémoire de ceste substance :

^«Fera le sieur Rambouillet recognoislni Sa Majesté que le maresdial ne peut, qioy qu'elle ait commandé, casser les doues Imdes françoises ny les Italiens , l'ennemi sur le poinct de se rejecter en campagne, et la ville de Montcalvé , qu'elle a voulu qi'm fortifiast, n'estant encores aussi en estât é deffence ; et que moins encores pourroit-if en ce faisant , apporter le contrepoi et h fr veur que Sa Majesté entendoit 4ioner m affaires du pape : que toutes ces ôontrarielii^ si importantes chacune à part soy , ne p» voient subsister en un raesme snbject, caam le roy vouloit qu'elles fissent ; qu'il n'y a qê Dieu seul qui tienne en sa main l'advaDceaaii et le final démeslement des aflaires; qoeb jugement humain les pouvoit bien consÛenr et manier comme faisoit le mareschal , Mil non pas y apporter des advantages et des i^ positions qui n'appartiennent qu'i la toM; puissance divine ; et que quand tout odi seroit, ceste gloire et ceste réputation, jm laquelle les princes généreux , tels qae Si Majesté , mettent bien souvent tout sur k H* blier, requeroit le contraire de cela qu'elle commande ; et en fin que les quences de Testât ne se manioient pas tovjours par mesmes mouvemens et ressorts; ains le plus souvent par des voyes à deaf mcertaines , ou qui semblent fort extraordn naires et impertinentes à ceux qui jonisial de Taise et qui veulent neantmoins cemorei et absolument juger d'autruy , ores qu'il idl certain et nécessaire aussi que ceux qui deiberent] des plus importans aflEiires de Tesbt voyent plus loing et plus profondément qa les autres, puisque c'est à eux à rendre nison de ce qui en succède, et que la propi expérience nous aprenoit que les plus lovA jugemens et les plus couards sont ceux qa se dispensent plusavantàjugeretàmalptrfar d'autruy,et, à la vérité , il n'y*a vertu nypc^ fcction sur laquelle Taudacede telles geMM trouve à redire ; et de faict nous voyou m^

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