LIVRE SEPTIÈME
ment qn*on ii*a pas tant de peine à se
nir homme de bien comme à se défit des envieux , par lesquels sa vertu et Uleles services estoyent continuellement
.emonstrera ledict sieur de Rambouillet
s raisons et ces fondemens seront ceux,
t aucun interest particulier, qui tiendront ceance les commandemens de Sa Maf avec resolution toulesfois , lors qu^elle tara bien digérés , d'en passer par après 3Ù elle jugera convenable ; ce qui ne roit estre si tost ne si heureusement déé qu*il est nécessaire , si premièrement Sa sté ne considère combien*de forteresses a à garder deçà les monts , combien de elle y doit entretenir, et de main en main ;ootrecarrer à ce qu*il faut avoir à la )agne pour entreprendre 9n se deffendre ; pour relever Sa Majesté de ceste peine , ireschal en a baillé un estât au vray ausieur de Rambouillet. Sa Majesté , Tayant et considéré , adjoustera ou diminuera ril luy plaira , et le renvoyera signé de ain , afin qu*il serve d'instruction d'une à ce qui sera à faire, et d*aulre de des- ;e sur ce qui en pourroit cy-aprës ad-
héra Sa Majesté très-humblement suppliée
souvenance , à ce propos , que depuis
mmencement de ces guerres elle a donné
eurs commandemens audict mareschal ,
Lecntton desquels s'il n'eust practiqué le
18 jugement et discrétion qu'il apporte
!cy mesme , il s'en fust ensuivy beau-
de choses contraires à l'intention de Sa
ité et à celle de luy-mesme , lequel ne
rien en cest endroict par opiniastreté ,
ir mescognoissance qui soit en luy de
leur , de Tobéissance et de la révérence
st deue à son bienfaicteur et souverain
3ur » et surquoy il prent toujours le con*
nent et l'advis des principaux seigneurs
rmée , tous lesquels, aussi bien que luy,
nt indignes de tenir les charges mili-
dont Sa Majesté les honnore , s'ils ne les
ient mesnager à la gloire et à l'utilité de
îrvice. Et , à la vérité , le mareschal a
mrs jugé plus proffitable de craindre les
iTS que de les mespriser : le premier
nous tient toujours sur'nos'gardes, et nous invite à soigneusement cultiver la prévention ; et l'autre par le contraire nous enveloppe en des inconveniens qui ne sont pas aisés à di* gérer.
• Et pour-autant qu'il y a des princes qui veulent estre obéis , à quelque prix que ce soit , en ce qu'ils commandent , ledict sieur mareschal desireroit qu'il pleust à Sa Majesté, en semblables affaires, escrire par paroles expresses qu'elle le veut ainsi , quoy qu'il eu puisse advenir, soit bien, soit mal ; et si lors elle n'est obéie , ce sera k elle à corriger ceux qui auront mesprisé l'obéissance.
M Quant à l'opinion que Sa Majesté a conceue que ceste casserie de douze enseignes ne s'estendoit qu'aux capitaines, lieutenans et enseignes seulement, et les soldats demeu* reroient pour remplir les autres, c'est, soubz correction , se tromper h escient ; car il n'y a capitaine si misérable ou chetif qui en ce cas n'estime trouver meilleure fortune ailleurs , et lequel en ceste opinion n'emmeine avec luy tous les officiers et tous les meilleurs soldats de sa trouppe, et lesquels aujourd'buy ne deman** dent pas mieux que sortir de Piedmont, tant ils ont esté mal payés , mal nourris , mal ves* tus , et incessamment travaillés.
» Quand on admeltroit que les soldats ne s'en iroient pas , c'est toujours un bruict de la diminution de douze enseignes françoises, qui soulèvera le courage de l'ennemi , et qui amoindrira le nostre. Gela courra aussi jusqu'à Rome et desgoutera le pape des espérances et des dessains qu'il bastit au préjudice de l'Espagnol.
» S'il plaist donc au roy s'en remettre, comme il a de sa grâce souvent faict , au ju* gement du mareschal , il le supplie très-humblement superceder ceste casserie jusqu'à tant que les douze compagnies qu'il doit envoyer au lieu de celles-cy soyent arrivées; protestant, neantmoins, dès maintenant que si entre cy et là l'ennemi ne jette point d'armée en campagne, défaire soudain ceste casserie , sans autre commandement de Sa Majesté, et de réduire toutes les forces à cela seulement qui sera nécessaire pour la garde des places , et mesmes d'en faire démanteler au-
MÉMOIRE? DE BOYYIN DU VILLARS
cunes, desquelles, aujourd'huy que la frontière est estendue , on se peut passer.
. » Fera aussi enlendre à Sa Majesté que la nécessité où les ficns de guerre sont reduicls conduisit dernicremcnl Valérie d'Aterny, soldat italien , à machiner avec domp Francisque de Mcndozzc la reddition de Thurin, dont il auroil esté cliaslié par le dernier supplice : il est à craindre que le semblable n advienne en beaucoup d'autres lieux , la nécessité rendant toutes choses Formidables et suspectes ; c'est enfin une langueur quasi p!us misérable que la mort mesme.
» Suppliera aussi Sa Majesté de faire si exprès commandement au grand maislre de Tartiilerie , que les poudres ou boulets despendus aux sièges et batteries soycnt remplacés pour en regarnir les places, mesmes maintenant que renncmi se prépare poiu* sortir en campagne. »
' Peu après le parlement dudict sieur de Rambouillet , le mareschal donna advis au roy que Valfeniei*es estoit reduittc à telle nécessité , que le marquis de Pescairc avoit esté contrainct de partir d'Asl avec deux cens chevaux portans chacun un sac de farine devant eux , et que , cela deschargé , il estoit retourné tout court, veu que ce peu qu'il avoit porté oe pouvoit servir pour un mois.
Que Cairas estoit aussi reduict à telle nécessité , qu'on pourroit en deux mois emporter l'un et l'autre en faisant deux forts , assavoir un à VillcA*anclie , quicouppele chemin d'Ast à Valfenieres, dans lequel il faudroit au moins douze cens hommes , et en outre tenir grosses garnisons à Villeneufve et à Sainct* Damian , au milieu desquels Valfenieres estoit situé \ et un autre à Bra pour le regard de Cairas, avec six cens honunes, et en départir autres cinq cens à Polens , Sainct-Alban et Sainctc-Victoire.
Que là où le duc d'Alve seroit pour s'en aller à Naples , comme on tenoit asseuré, les casseries pourroieul lors eslre faictes, et toutes autres despences aussi reduictes au petit pied, conformément à rintenlion de Sa Majesté ; et toutesfois le maresclial ne vouloit laisser de luy ranientcvoir que c*estoit , en ce faisant , Jfu coupper les aisles si couricS) (\u'ild<^aicur
reroit sans forces et sans nooyeos pov < cuter plusieurs notables entreprÎDM i avoit en main, et lesquelles succedavà recompenseroient à large-main la àetf d'un petit camp volant de trois à qnam hommes : qu'à son advis , Sa Majesté m voit préparer à toute sorte de fortoie quelle parmy de petites forces meai avec jugement produit souvent de grai fects.
Qu'il ne se pouvoit garder, à ce propo ramentcvoir que Sa Majesté tenoit ea I mont trente places fortes et environ qm chasteaux , en toutes lesquelles plaça faloit pas moins de vingt mil hommes les garder, et que ceux qui disaient q nécessités on pouvoit tousjours tirer place pour advantager l'autre , avoient < que c'est préparer à l'ennemi le jeu qo sire , et sur lequel , s'il est sage , Û tousjours pour se jeter tout à coup sorla despourveue, et réduire par ce rooy€ adversaire ou à la laisser perdre ou à i der un combat pour la secourir; etd hasard dépend la totale masse de Testa pourra valoir un jour de trois à quatn mil escus de rente , lesquels , au parsos putalion , valent bien la peine d'estre et soigneusement conservés. Lors qu'oi couvrira de quel costé tourneront les fl dont l'ennemi nous menace, Tonaon et la délibération prompts , soit pour 8 rir ce qu'il assiégera , ou entreprendre de ses places pour faire diversion, oui ment pour luy donner la bataille si la i silo venoit à surmonter la raison.
Le mareschal , se trouvant menreill ment allligé de la persévérance des cou démens du roy , eucor venus puis le | ment du sieur de Rambouillet sur le fai casseries des douze bandes françoises < tant d'italiennes , et que Sa Majesté av( soluement commandé que cela fust m^ culé, quelque apparent prétexte qu'il apporter au contraire , je le vis sur le de jouer à quicte et au double ; tout raficctionet la prudence surmontant so despit , il mit à la balance la qualité do et des affaires ; et ayant trouvé qu'i montoient de toutes parts TelTect des