‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 143 sur 224 · LIVRE SEPtIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPtIÈME

toute Tarmée qui n*cn looast infiniement rescbal , et auquel cela ne servist d*efr- I à tousjoors mieux faire et mieux obéir, nnemi envoya loçer vingl-cînq compa-

italiennes au Canavois , proclies de Ghi-

Caselles ; dont estant le mareschal ad- , il print resolution de partir de Garmas, où il estoit^ pour les aller desloger burrler ; mais ayant au mesme instant lies que vin{ft-<;inq enseignes de lans* is et six d'Espagnols marchoient vers an , il tint bride en main , ayant opinion *estoit nne amorce dressée par Tennemi aller surprendre Garmngnoles pendant )rendroit la roule du Ganavois.

ce mesme temps, Tun de nos capitaines ts, nommé Midiel, de Savonne, sur* dans les Langues nne bourgade assez

située à deux lieues de la mer, à deux îugne et autant de Savonne ; mais pour t que le mareschal ne luy peust ensecours , Tennemi tenant la campagne, it reprinse un mois après, is avez cy devant veu que , environ le cinquiesme janvier, le secrétaire Dcrstoit revenu en Piedmont pour Tadvanit de la practique dudict sieur de La è , qui monstroit beaucoup de disposi-

la parfaire; mais au mesme instant ivoit prins jour de traicter avec le vide Gourdon , qui en estort Tentremeil advint que domp Jouan de Guevare ^rand trésorier de Tarmée espagnole , nt à Gairas, Fossan et Gony, porter payes aux garnisons, et que pour ce I faloit que le sieur de La Trinité les pagnast tant au venir qu'au retour ; de *e qu'il ne peust conférer avec ledict e de Gourdon comme ils avoient re- «c dîxiesme jour d'après il retourna , et nda qu'il ne faloit plus diflerer Taffaire , 1 se trouveroit avec luy la nuict ensui- Or est à noter que ledict secrétaire f avoit apporté un pouvoir particulier *cscbal pour luy promettre, au nom du :inqoante hommes d*armes , avec la f place et seigneurie de Fossan, dois au roy Gony et Gairas avec leurs mens , et encores quelques autres plae je n'ay mis icy pour n'estre de trop

grande importance. Il luy donnoit encor cinquante mil esctts , payables en deux termes , et quatre mil escus de pension ordinaire.

Davantage , Sa Majesté mesme escrivit une lettre audict sieur de La Trinité , luy confirmant tout ce que le mareschal luy promettoit^ contenant ce qui s'ensuit : « Monsieur de La Trim'té , mon cousin le mareschal de Bi*îssac m'a averti de la bonne volonté que vous avez d'entrer en mon service , et de ce qu'en ce faisant vous promettez faire pour moy ; chose que j'ay grandement agréable , et dont je vous remercie bien fort , vous priant vouloir bien persévérer en ladicte aiOTection , et mettre vostre promesse à exécution , comme j'esperc que vous ferez ; et je vous promets et asseure par la présente , signée de ma main , que je ne faudray de vous tenir et accomplir tout ce que mondict cousin vous a pour ce faire promis et accordé , et d'advantage de vous faire tout le meilleur et le plofi favorable traictement que je pourray ; de façon que vous n'aurez jamais regret de ce que vous aurez iaict, mais plustost juste occasion de vous en louer et contenter , ainsi que les effects vous le feront cognoistre, comme mondict cousin le vous fera entendre de ma part, et dont je vous prie comme vous feriez à ma propre personne , et à Dieu , i^onsieur de La Trinité , qu^il vous aye en sa saihcte' garde. De Veruon, le 16 novembre IS^fi. »

Geste lettre et la coppie dudict pouvoir fu* rent envoyés audict vicomte de Gourdon ,' pour !es monstrer audict sieur de La Trinité et le mieux disposer. Le mareschal , qui de longue main avoit mauvaise opinion de La Trinité, marchoit fort reienuement en cest afluire , craignant que ce ne fust , comme on vit depuis , une amorce pour nous enfoncer en quelque malheur ; et en ce doute il tenoit toutes les places sur leur garde, de peur de* tomber en inconvénient, comme il advient souvent parmi tels traictés à ceux qui les ejnbrassent trop inconsidérément; qu'il a bien noté que le roy et le connestuble luy cscrivirent n'agueres de ne plus si souvent presser ny requérir Sa Majesté pour tant de personnes qui l'en pressoient a toutes heures; qu'il ne desiroit pas moins qu^eux de s*en] abstenir , ores que la loy ne luy sembloit'

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MÉMOIRES DE BOYYIN DU VILLARS

que trop sevcre , mesme en telle saison que ceste cy ; car qu'est ce qu*il ne doit pas faire en éesi endroit quand il est question de quelque seigneur, de quelque capitaine , ou autre qui a bien et généreusement servi Sa Majesté? s*il les en refuse il les perdra, et Sa Majesté les grands services qu'il en pourroit tirer ; que la beneficence et Thonneur estans les propres et uniques salaires de la vertu que les princes concèdent à leurs bons serviteurs, que c'estoit le moins qu'il pouvoit faire , les moyens de la recompense luy defaillans , que les recommander au prince , duquel les gens de bien la doivent attendre , et non du serviteur , tel qu'il est.

Le roy s'estoit tellement persuadé que le duc d'Atve s'en iroit à Naples avec tout le corps de Tarmée , que par toutes ses dcpesches il ne chantoit autre leçon au maresclial que de casser et retrancher toutes les forces qui estoient en Piedmont; et toutesfois de tous les payemens qu'il esUmoit csire arrivés pour ce faire dès le vingtiesme décembre 1555, il n'estoit encore comparu que vingt-cinq mil escus au lieu de deux cens mil ; de manière qu'il fut contrainct de mander au roy qu'il ne pouvoit obéyr à Sa Majesté si les moyens sur lesquels ceste obéissance devoit prendre pied n'arrivoient au temps convenable et promis ; qu'il venoit de recevoir lettres de Gennes d'un serviteur de Sa Majesté , qui luy mandoit qu'il estoit arrivé à Gennes un navire chargé d'Espagnols, et qui avoit laissé autres onze navires qui estoient au combat avec les galères de Sa Majesté ; qu'à ces nouvelles , quinze galères des ennemis estoient parties de Gennes pour aller au secoui*s des autres , en toutes lesquelles il y avoit six mil hommes qui dévoient aller hiverner dans les Langues; et que ce renfort devoit faire croire à Sa Majesté qu'il estoit plustost convenable de s'armer que de se desarmer , comme elle vouloit toutesfois qu'on fist , ne remarquant pas qu'autant de temps que par ce moyen elle donnoit à son ennemi , autant en perdoit-clle pour elle-mesme , et que le traicté dudict sieur de La Trinité estoit matière propre au remuement, non de la paix , mais des armes, et duquel traicté il ne se pouvoit promettre rien de bon, veu les dilayemeas incertains

par où ledict de La Trinité conduis(M faires. En ce temps Grosset et Monc derent estre perdus par la practiq médecin siennois , nommé André Bar fut descouvert et pendu.

L^ dernier janvier , le mareschai e velles du vicomte de Gourdon que de La Trinité estoit si irrésolu et in en ses demandes, qu'il ne sçavoit q ger. Cela est fort commun aux liomi foy ny repos, comme estoit cesta; mesmes estant entré en cest hume vouloit avoir la comté de Beines , qu tient à son frère , remettant néant s'en résoudre le lendemain , qu'il s'a roit avec le mareschai, lequel, an instant qu'il se preparoit pour partir un buUetm dudict vicomte de Gourd lequel il luy mandoit que la partie e mise à huict jours de là. Toutes le choses ledict mareschai fit soudain sç roy , suppliant Sa Majesté ne se pro comme elle faisoit , que la chose fust ble ; mesmes s'oubliant jusqu'à là qw mander que le roy despouillast son frère , qui a bien et fidellemcnt sen'iî jesté , pour s'en accommoder, luy qui jours faict le contraire. Ceux qui joai tours parmi chose si sacrée qu'est un frère, feroient bien pis à d'autres trouvoient la commodité.

Après plusieurs assemblées et traicté avec ledict sieur de La Trinité par \e\ de Gourdon , il ne trouva bon de c< avec le mareschai, pour le danger et le çons , disoit-il , qui en courroient <!

costés, pour secrettcment que la cli fist; mais bien le prioit- il de luy e deux personnages foit confidens , at quels il pcust traicter et finalement rei Le mareschai députa le colonnel Boni le président Birague , tous deux fort sei{[ncurs. En traictanl depuis avec le La Trinité , et le sondant de fort | tous costés , ils s'apperccurent qu'il n en son faict que piperie et trahison , c' estoit une menée expressément et m semcni dressée pour s'en advantager, il fit , envers l'Espagnol ; de manière i| s'en alla en fumée comme le mares)^

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